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Léon Harmel et l'usine chrétienne,ancêtre des comités d'entreprises


par YVES LAURENT KOUAME
POITIERS - MASTER II HISTOIRE DU DROIT 2016
  

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B. Les sociétés de préservation de la morale pour préserver le Val d'influences délétères

Après avoir obtenu un regain de la pratique religieuse, Harmel désire éloigner le personnel du Val des fêtes du village qui sont considérés comme source d'immoralité et de destruction de la famille. Il met en place donc au Val des institutions qui remplacent « les influences délétères », « les passions dangereuses » par des « récréations honnêtes ». Tout est mis place pour développer des recréations collectives et des fêtes (y compris des fêtes religieuses) devant servir à briser la monotonie du travail160(*).

On trouve ainsi la société de la bonne presse qui doit servir à participer à développer la culture des ouvriers et aussi à les divertir. Toutefois comme son nom l'indique, elle évite soigneusement les mauvais journaux, les mauvais libres. À quoi reconnait-on les « bons » ou les « mauvais » journaux ou livres au Val ? À la définition qu'en donnait le patron. On peut imaginer à l'analyse de ses opinions qu'il s'agit des livres ou journaux qui défendent les idées socialistes ou des idées anticléricales. À contrario seraient considérés comme des oeuvres « bonnes » celles qui défendent les doctrines de l'Église ou qui luttent contre les idées socialistes. C'est pourquoi il n'hésita pas à faire organiser par le comité de la corporation un service de presse à la fois, à l'intérieur de l'usine qu'à l'extérieur pour soutenir la campagne de Mac Mahon qui est proche des idées royalistes et partisan d'« un ordre moral ». Huit ouvriers et employés du Val se chargent de distribuer quotidiennement les 85 exemplaires du journal Le Patriote au sein de l'usine.

Par ailleurs au sein de l'usine, il existait des bibliothèques populaires, des sociétés de jeux, de gymnastique, de chants, de tir, de musique. Le choix des moyens de divertissement est très large et toutes ces sociétés offrent aux ouvriers les distractions nécessaires et permises. À travers ces initiatives, elles participent à arracher « à la Franc-maçonnerie, ses précieux instruments ». Étant donné que selon le patron du Val, la Franc-maçonnerie use du terme liberté pour introduire le libertinage au sein du peuple. Or selon Harmel « la liberté n'est pas la liberté de mal faire » mais elle consiste à choisir le bien161(*).

Cette définition de la liberté révèle que l'industriel était attaché à la liberté de ces travailleurs. C'est cet attachement à la liberté et la dignité du travailleur qui le fait mettre en place des institutions participatives au Val, institutions inconnues du paternalisme classique.

* 160 Ibid., p. 38.

* 161 HARMEL (L.), Catéchisme du Patron, p. 94.

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