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Quelles perceptions des contenus sur smartphone dans les visites culturelles à  paris?


par Céline Cauderlier
Groupe EAC - MBA management de projets dans les industries créatives 2012
  

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SYNTHESE

Avec la banalisation d'internet dans les foyers138, le consommateur a pu accéder facilement aux offres de services qui se sont multipliées au fil des années. Ainsi nous constatons un développement accru de nouveaux réseaux de communication basés sur une technologie moderne. Que ce soit la 3G, les bornes Wi-Fi ou le GPS, ces nouvelles technologies permettent d'ouvrir de nouveaux services qui s'adaptent à la demande du public. Leurs utilisateurs appartiennent à une société plus mobile et plus autonome, qui réclame des informations personnalisées, accessibles partout et à tout moment. Depuis la fin des années 1990139, nous avons pu constater un essor fulgurant de l'utilisation des NTIC dans tous les secteurs professionnels et auprès des consommateurs. Le domaine de la culture ne déroge pas à la règle. Les sites internet faisant la promotion d'un établissement culturel ou d'un territoire se généralisent, et commencent à entrer dans les usages du public. Les relations avec le public n'étant plus les même, les entreprises et les institutions se voit obligées de s'adapter à cette rapide évolution. Apparaît une nouvelle génération, les « digital natives » ou génération Y140 qui est considérée comme naturellement plus à l'aise que les précédentes avec les technologies de l'information, et Internet en particulier. Elle l'utilise l'ensemble des technologies et applications que l'on nomme aujourd'hui le Web 2.0 et le Web 3.0, cette génération vit principalement dans l'instantané, dans le relationnel et dans une implication toujours plus grandissante avec la culture. C'est également une nouvelle génération de touristes qui a de nouvelles attentes envers le tourisme en général et le tourisme culturel en particulier. Les territoires et les institutions culturelles s'adaptent donc pour répondre aux besoins de cette nouvelle génération d'actif et proposent des outils numériques qui leur correspondent. Le tourisme et les nouvelles technologies de l'information et de la communication s'allient pour créer des supports et des contenus adaptés pour les tablettes numériques et les Smartphones. Autant de clients potentiels à satisfaire, à travers notamment une palette très complète d'applications téléchargeables. Aujourd'hui, le Smartphone le plus répandu sur le marché est l'IPhone, qui propose maintenant plus de 50 000 applications destinées au voyage et à la culture, gratuites ou payantes. Cet outil est devenu un véritable enjeu économique, et rentre donc dans les stratégies de promotion touristique des territoires et des établissements

138 Un peu plus de 64 % des ménages déclarent avoir un accès à Internet à leur domicile en 2010, INSEE

139 Voir Annexe p.1 Graphique 1

140 Cf. « Génération Y : les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion », Monique Dagnaud , édition Nouveaux Débats.

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culturels. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) sont passées dans les usages quotidiens avec l'apparition de la génération Y en tant que public à prendre en compte pour l'avenir du tourisme culturel. Ceci est d'autant plus important pour les territoires qui ont besoin d'augmenter le nombre de visiteurs. Si nous laissons la culture se dématérialiser complètement le risque est que le visiteur ne se déplace plus et reste derrière son ordinateur pour visiter un lieu. C'est déjà le cas avec Google Art Project qui permet de visiter de nombreux musées dans le monde en restant chez soi. Il faut donc participer à cette dématérialisation de façon à augmenter la fréquentation des lieux. Les NTIC doivent accompagner le visiteur dans sa visite et non pas la remplacer complètement. Elles devraient même augmenter le nombre de visiteurs. Dès ses origines le tourisme a su évolué en s'adaptant aux changements d'époques, de publics et de comportements. Les nouvelles technologies ne sont en définitive qu'une étape supplémentaire dans cette évolution. Il suffit de regarder aujourd'hui la place prépondérante d'internet dans l'achat de billet d'avion et au travers des agences de voyage complètement virtuelles telles qu'Opodo. Pour l'instant la culture a plus ou moins suivie son propre chemin sans considérer toutes les possibilités que pourraient offrir les NTIC, que ce soit pour des raisons économiques ou de réticences culturelles. Contrairement aux idées reçues les NTIC ne détournent pas les consommateurs habituels de la culture, mais cherche à enrichir l'expérience même de la visite avec ce défi permanent qui est d'intégrer des connaissances dans les limites d'un média. Mais au-delà de ce public traditionnel qui alimentera toujours les sites culturels, il est important de viser ce qui représentera le public majoritaire de demain. Cette nouvelle génération de technophiles représente une infime part de la population mais ne cessera de croitre dans l'avenir lorsque ses outils de communications seront banalisés. La perception de la connaissance sera influencée par ces nouveaux médias et la culture devra s'y adaptée si elle souhaite contrôler le contenu. Il faudra que le secteur de la culture puisse proposer des offres diversifiées au public futur. Celui-ci représentera à la fois des lecteurs ou des spectateurs, des personnes avides de connaissances et d'autres recherchant le divertissement. Ce sera au milieu culturel d'utiliser toutes les nouvelles voies technologiques qui sont à sa disposition pour toucher toute ces catégories de personnes. Plus que suivre la tendance, la culture devra même encourager le public et leur donner goût aux nouvelles technologies afin de revenir à l'avant -garde plutôt que de suivre simplement la tendance actuelle. D'autre part, il lui faudra également faire connaitre ses innovations via les réseaux traditionnelles que sont les offices de tourisme et les réseaux sociaux que sont Facebook par exemple. Innovation et communication doivent être désormais inscrites dans la stratégie des institutions culturelles. Car une culture sans partage

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n'a aucun avenir. Afin d'y parvenir le plus économiquement et le plus rapidement possible, les Smartphones nous ont semblés être les supports les plus adaptés. En effet, les Smartphones correspondent à plusieurs critères incontournables de la société actuelle. Tout d'abord, dans une société du mouvement, le Smartphone permet à l'utilisateur d'avoir accès à l'information sans perdre sa mobilité. Via le GPS intégré, et la géolocalisation dans les applications, il facilite aussi la recherche d'information en corrélation avec la localisation et les besoin.

En somme, les Smartphones apportent un gain de temps, une autonomie et une liberté à l'utilisateur, confort et sécurité. Dans le cadre culturel, la finalité du Smartphone serait, selon les personnes consultées lors de notre étude, un élément indispensable dans la visite des musées et des sites historique. Que ce soit des reconstitutions historiques (vidéo, photos ou des supports explicatifs audio), le Smartphone répond techniquement à tout type de besoins.

Cependant le potentiel d'un tel outil ne signifie pas qu'il sera adopté naturellement par le grand public. Que ce soit pour des raisons de coût élevé ou de refus de la technologie, les freins au changement sont effectivement nombreux. Comme dans toutes innovations, il y a toujours une infime part de la population qui tentera l'aventure avant que la grande majorité se résolve à son utilisation. Il s'agit maintenant de bien identifié cette population motrice et les leviers qui l'amèneront à utiliser des applications culturelles.

Cette population est jeune et diplômé et est rompue à l'usage des nouvelles technologies ne serais ce dans le domaine professionnel. En termes de levier il y a plusieurs moyens de convaincre cette population. Tout d'abord l'appui d'un prescripteur officiel comme une institution reconnue peut donner un gage de sérieux et de qualité à cette application. Il faut ensuite travailler en collaboration avec les instituts et les organismes déjà présents pour faire changer les mentalités du métier dans ce sens. Ainsi il sera plus facile de diffuser l'application, de la rendre accessible aux potentiels utilisateurs. Le fond et la forme seront aussi à prendre en compte. L'interface devrait par exemple être aussi simple qu'attractive et pertinente dans l'usage qu'en recherche l'utilisateur. La difficulté est bien là de fournir dans les plus brefs délais à la fois une information générale pour ne pas faire d'impers sur le contenu culturel mais aussi de la personnaliser afin d'accrocher le visiteur. Pour trouver ce difficile équilibre l'usage de différents supports tel que la vidéo, la photo et le texte, peuvent satisfaire le plus grand nombre. N'oublions pas que notre société actuelle est touchée par le « Google Effect » selon lequel une information doit être accessible immédiatement. c'est en cela que la culture se trouve confronté à une problématique compliqué. En effet, elle doit à la

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fois se rendre attractive auprès de cette population sensible au « Google Effect » mais ne pas non plus dénaturer son message au nom de la facilité et du divertissement. La culture ne peut être assimilée que s'il y a un effort préalable. Ainsi, les nouvelles technologies ne doivent pas appauvrir la culture mais la soutenir. Nécessairement, avec l'arrivée d'un nouveau média le message change et se limite à son support. En fin de compte ces supports doivent donner envie d'aller plus loin plutôt que de se satisfaire d'un contenu prémâché. L'application VisitParis pourrait être une piste dans ce sens. En effet, celle-ci fait d'un endroit banal, un lieu culturel. En proposant des supports vidéo, photos et des textes selon la géolocalisation de l'utilisateur. Dans ce cas-là il y a bien un enregistrement de la connaissance. Il existe donc déjà des solutions possibles dans le secteur privé. Aux institutions culturelles de s'en inspiré et de développer leur propre applications.

Enfin, aussi efficaces soient-elles, l'innovation ne peut fonctionner si aucun plan de déploiement n'est mise en place. Le réseau des offices de tourisme, des musées, et les réseaux sociaux sur internet sont par exemple des moyens aisés et très efficaces pour faire connaitre à la fois un lieu culturel et les applications qu'ils proposent. Aussi l'élément de gratuité sera à prendre en considération, chez une génération habituée aux téléchargements illégaux et refusant de monnayer son accès à la culture.

Innovation, accessibilité et partage, voilà les conditions nécessaires pour la culture de demain.

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