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A propos d'une analyse objective de la voix de 40 sujets présentant des troubles musculo-squelettiques

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par Marion VIENNOT
UHP Nancy - Certificat de Capacité d'Orthophonie 2010
  

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II Les dysphonies dysfonctionnelles

simples

Quand parle-t-on de voix << pathologique >? Pour répondre à cette interrogation, il faut d'abord s'interroger sur ce qu'est une << bonne > voix ou une << belle > voix. Une bonne voix est une voix qui fonctionne << librement et durablement >34. Quand on écoute une voix et que l'on tente de la qualifier, d'estimer si c'est une bonne voix ou non, on fait appel à un << système de valeurs qui constitue un cadre de référence >35. On parle donc de pathologie quand il y a une déviation par rapport à une norme. On pourrait parler de dysphonie, c'est-à-dire littéralement de déviation du son, lorsque les caractéristiques acoustiques d'une voix ne rentrent pas dans les normes établies par les performances moyennes d'une population tout venant.

Tarneau est le premier à avoir employé le terme de << dysphonie dysfonctionnelle > en 1936. C'est une altération du timbre de la voix consécutive à une perturbation de la fonction vocale << due à l'incorrecte utilisation des organes phonateurs >36.

Cependant, il existe des voix altérées d'un point de vue acoustique mais non pathologiques, ainsi que des voix dont l'altération acoustique est minime en comparaison des difficultés vocales du sujet. Ainsi une voix peut-être belle, répondant à des critères subjectifs de << goût personnel, culturel, de genre, d'époque >37, tout en étant altérée acoustiquement parlant. Le Huche propose donc la définition suivante : << la dysphonie est un trouble momentané ou durable de la fonction vocale ressenti comme tel par le sujet lui-même ou son entourage >38.

Précisons ici qu'on ne peut parler de dysphonie dysfonctionnelle << simple > qu'en l'absence de lésions glottiques et de troubles neurologiques.

34 Estienne Fr. (1998), Voix parlée, voix chantée, Examen et thérapie, Paris: Masson, p7.

35 Ibid., p6.

36 Brun F., Courrier C., Lederlé E., Masy V. (2004), Dictionnaire d'orthophonie, Isbergues: Orthoédition, p84.

37 Estienne Fr. (1998), p7, Op. cit. p30.

38 Le Huche F., Allali A. (2001), Tome 2, 2ème édition, La voix: Pathologie vocale d'origine fonctionnelle, Paris: Masson, p51.

II.1 Le forçage vocal

Il arrive parfois que, pour diverses raisons explicitées par la suite, une personne soit obligée de forcer momentanément sur sa voix pour garder la même efficacité vocale que d'ordinaire. Ce forçage implique une dépense d'énergie accrue pour un rendement phonatoire identique, voire moindre. Cela pousse généralement le sujet, tout du moins à une modération vocale, si ce n'est à un repos vocal temporaire. Mais si ce repos vocal n'a pas lieu, le sujet peut continuer à accroître son effort, et ce sur la durée. Moins la voix est efficace, plus il force; plus il force, plus il fatigue, moins sa voix est efficace; moins sa voix est efficace, plus il force, et ainsi de suite. En d'autres termes, le mécanisme normal est remplacé petit à petit par le mécanisme utilisé pour la voix de détresse. C'est le cercle vicieux du forçage vocal.

La voix de détresse, ou voix d'insistance, a un caractère d'urgence. L'intentionnalité (intention d'agir sur autrui) y est très forte. Cependant, le locuteur n'est pas sûr de l'impact de son action vocale sur autrui. Cette incertitude le pousse à augmenter sa dépense d'énergie. Nous pouvons noter qu'il y a alors flexion de la partie haute de la colonne vertébrale. L'utilisation à bon escient de la voix de détresse, à savoir quand il y a un caractère d'urgence, est tout à fait normale. Au contraire, son emploi chronique et non justifié marque l'entrée dans le cercle vicieux du forçage vocal.

Les caractéristiques du forçage vocal consistent en:

-une modification de l'attitude générale du corps (crispations et perte de la verticalité)

-l'usage d'attaques en coup de glotte répétées

-l'apparition de sensations subjectives particulières (impression de manque d'efficacité de la voix, de fatigue et d'oppression respiratoire lors de la phonation, inconscience de l'effort fourni, paresthésies pharyngo-laryngées et douleurs)

-des altérations laryngées et péri-laryngées

-et en une difficulté à varier son comportement vocal.

Ces caractéristiques conduisent à une altération vocale plus ou moins conséquente.

En somme, la dysphonie résulte d'un mauvais usage, ou « dysfonctionnement » de l'appareil vocal, dysfonctionnement au départ passager, mais qui, pathologiquement, perdure dans le temps. En premier lieu, les mécanismes phonatoires sont supposés normaux, puis un événement vient perturber la phonation, poussant alors le sujet à adopter différents moyens compensatoires.

Nous exposons ici les modes d'entrée dans le cercle vicieux du forçage vocal, tout en sachant qu'ils s'agit de modes d'entrée théoriques. Car la dysphonie dysfonctionnelle simple n'est pas un phénomène linéaire dont l'origine pourrait être clairement déterminée.39

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