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A propos d'une analyse objective de la voix de 40 sujets présentant des troubles musculo-squelettiques

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par Marion VIENNOT
UHP Nancy - Certificat de Capacité d'Orthophonie 2010
  

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V.2.3.2 Variance de la vitesse de déplacement du centre de gravité

Nous avons déjà évoqué le fait que la dysphonie était liée à une perte de la verticalité. Or, il a été mis en évidence que cette perte de verticalité est corrélée à une augmentation de la variance de la vitesse de déplacements du centre de gravité 155. Des chercheurs du C.H.U. de la Timone à Marseille, ont montré que cette augmentation de la variance de la vitesse de déplacements du centre de gravité était liée à une augmentation du travail des muscles posturaux (soléaire et jambier antérieur). Ils en ont déduit que la perte de verticalité des sujets dysphoniques, en plus des modifications posturales de la tête et du tronc qu'elle sous-tend, était parfaitement corrélée à une augmentation du travail des muscles posturaux156.

V.2.3.3 Relation temporelle entre mouvement et phonation

La même étude a montré que, lorsqu'une perturbation de l'équilibre est prévisible, le sujet anticipe le mouvement en raidissant ses articulations afin de réduire l'amplitude des perturbations. C'est ce qui semble se passer lors du forçage vocal puisque, en phase pré-phonatoire, le sujet dysphonique raidit ses membres inférieurs préparant ainsi la projection de son tronc supérieur vers l'avant. Tout se passe comme si le sujet dysphonique avait acquis inconsciemment un schéma moteur, préphonatoire, qui lui permettrait de compenser la perte de verticalité phonatoire, bien que

154Bruno E., De Padova A., Napolitano B., Marroni P.,Batelli R., Ottaviani F., Alessandrini M. (2009), << Voice Disorders and Posturography: Variables to Define the Success of Rehabilitative Treatment », Journal of Voice, 23,1; 71-75.

155Grini-Grandval M.-N., Ouaknine M., Giovanni A. (1998), << Modifications posturales et segmentaires contemporaines du forçage vocal », Rev. Laryngol. Otol. Rhinol., 119; 253-257.

156Grini-Grandval M.-N., Ouaknine M., Giovanni A., Op. cit. p86.

ce schéma moteur ait pour conséquence un accroissement de la dépense d'énergie. Il manquerait cependant une étude comparative entre sujets sains et sujets dysphoniques pour déterminer dans quelle proportion le schéma moteur pré-phonatoire du dysphonique serait pathologique.

V.2.3.4 Déplacements antéro-postérieurs du centre de gravité

Toutes les études s'accordent sur l'existence d'un déplacement dans le sens antéro-postérieur de la projection du centre de gravité chez le dysphonique. Ainsi, un traitement orthophonique de la dysphonie a un impact sur les déplacements antéropostérieurs du sujet mais pas sur ses déplacements latéraux157. Néanmoins, certains chercheurs ont observé une postériorisation du centre de gravité, et d'autres une antériorisation.

Ainsi, l'étude de Monzani et coll., montre un recul du centre de pression en statique et en phonation des patients ayant une dysphonie hypercinétique, recul dû vraisemblablement à « un raidissement de l'axe rachidien avec hyperextension de la tête en arrière »158. Ces résultats contredisent ceux obtenus dans les études sur la voix projetée. Pourrait alors se poser la question de la pertinence de l'étude de la voix projetée pour en extrapoler les résultats à la phonation pathologique. Malgré tout, des études de Grini et coll. ont mis en évidence une décentration vers l'avant des sujets dysphoniques.

Les déplacements antéro-postérieurs observés sur plate-forme stabilométrique lors d'une dysphonie apparaissent donc comme significatifs bien que leur direction exacte, c'est-à-dire vers l'avant ou vers l'arrière, ne soit pas précisément déterminée.

157Bruno E., De Padova A., Napolitano B., Marroni P.,Batelli R., Ottaviani F., Alessandrini M., Op. cit. p90.

158 Monzani D., Bergamini G., Luppi M.P., Guidetti G., « La recherche stabilométrique dans les rapports entre dysphonie et posture », in Lacour M. (1999), Posture et équilibre, entrées sensorielles, méthodes d'exploration et applications, Montpellier: Sauramps médical, pp127-140.

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