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A propos d'une analyse objective de la voix de 40 sujets présentant des troubles musculo-squelettiques

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par Marion VIENNOT
UHP Nancy - Certificat de Capacité d'Orthophonie 2010
  

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V.2.3.5 Voies ascendantes vs voies descendantes159

L'étude de Monzani et coll., citée précédemment, porte sur 54 patients (40 femmes, 14 hommes) avec dysphonie dysfonctionnelle simple sur base hypercinétique. L'examen stabilométrique a été réalisé yeux fermés en position de Romberg dans 3 conditions différentes: en phonation, avec des rouleaux-inter-dentaires pour éliminer les interférences occluso-posturales, et enfin avec la tête rétrofléchie pour repérer les anomalies rachidiennes.

Les résultats nous intéressant ici se situent dans les différences entre les sujets ayant des anomalies posturales ascendantes et descendantes. Une pathologie posturale de type ascendante correspond à une défaillance prédominante sur le capteur podal. A l'inverse, une pathologie posturale de type descendant fait référence à une défaillance du système stomatognatique ou visuel.

En phonation, chez les sujets ayant des anomalies posturales de type descendant, les troubles proprioceptifs du secteur stomatognatique ont eu pour conséquences:

-une diminution de la fréquence fondamentale de la voix -une augmentation du spectre de fréquences

-une diminution globale des oscillations.

Au contraire, les sujets ayant des anomalies posturales ascendantes voyaient: -leur fréquence fondamentale augmenter

-le spectre de fréquences s'amoindrir

-les oscillations augmenter sensiblement.

En somme, il est possible de distinguer deux groupes de patients dysphoniques, selon que leurs troubles posturaux sont de types descendants ou ascendants.

159 D. Monzani, G. Bergamini, M.P. Luppi, G. Guidetti, in LACOUR M., Op. cit. p90.

V.2.3.6 Dysphonies dysfonctionnelles compliquées160

Une étude de Sougne-Nguyen et coll. cherchait à mettre en lien un trouble postural en présence de lésions cordales asymétriques sur 8 sujets (dont 6 porteurs de nodules). Les résultats se sont révélés négatifs pour la ligne de gravité, la localisation du centre de gravité, l'équilibre de la colonne dans le sens latéral, l'horizontalité des segments, la disponibilité des chaînes antéro-postérieures, le mouvement d'ouverturefermeture buccale et pour les mouvements parasites accompagnant le mouvement mandibulaire. Ces résultats apparaissent donc partiellement contradictoires avec les résultats des études précédemment citées.

Concernant le tonus postural, il semblerait que la répartition des asymétries et des symétries posturales, de même que la disponibilité des chaînes musculaires latérales soient en relation avec l'asymétrie lésionnelle. Ainsi, le trouble postural serait prépondérant du côté opposé à la lésion cordale.

V.2.3.7 Proprioception du schéma corporel 161

Nous avons vu que la présence d'une hypertonie de la musculature extrinsèque du larynx et que les tensions des muscles responsables de la position de la tête sont prédictifs d'une dysphonie sévère. Ces tensions engendrent par ailleurs des stratégies posturales peu efficientes pendant la phonation. L'étude de Bruno et coll. compare les stratégies posturales de sujets dysphoniques (avant et après traitement162) et de sujets témoins.

Les données stabilométriques obtenues pour les sujets dysphoniques se sont presque toutes révélées pathologiques. Toutefois, les chercheurs ont particulièrement porté leur attention sur l'écart-type de la variance de la vitesse de déplacement du centre de gravité. Cette mesure indique la qualité de la proprioception corporelle. Chez les dysphoniques, même en parfaite santé, la proprioception du schéma corporel est altérée. Cette altération expliquerait les troubles de la coordination

160Sougne-Nguyen A., Marino-Randoux G., Piron A., Jamar E. (2001), « Objectivation du tonus postural par le test de Fukuda Essai de corrélations avec les lésions vocales », Rev. Laryngol. Otol. Rhinol., 122,5; 319-321.

161Bruno E., De Padova A., Napolitano B., Marroni P.,Batelli R., Ottaviani F., Alessandrini M., Op. cit. p90.

162Le traitement de la dysphonie a consisté en des exercices pneumophoniques, de relaxation / détente générale du corps, de respiration dynamique et d'exercices spécifiques sur les sterno cléïdo mastoïdiens et sur la ceinture scapulaire.

pneumophonique, présents chez les dysphoniques, ainsi que l'augmentation de l'activité musculaire et donc la diminution des performances posturales des dysphoniques durant la phonation.

La prise en charge de la dysphonie, en amenant le patient à porter son attention sur certaines parties de son corps et sur une détente corporelle, a pour effet d'améliorer la proprioception du schéma corporel. En effet, après traitement, les résultats stabilométriques des sujets dysphoniques sont améliorés. Les efforts nécessaires aux sujets pour la phonation sont amoindris, révélant de meilleures stratégies posturales. De plus, la diminution de la surface du statokinésigramme semble prédictive du succès de la prise en charge.

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