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L'UDC de C. Blocher: l'extrême droite au coeur de la concordance helvétique?

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par Julien Vlassenbroek
Université Libre de Bruxelles - Licence en sciences politiques 2004
  

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3. 2. Le leadership indiscutable de la section zurichoise

Les constats selon lesquels, d'une part, au «cours des années 90, l'aile radicale de M. Blocher a marginalisé les forces modérées à l'intérieur du parti»136(*) et, d'autre part, le leader incontestable de la formation est aujourd'hui Blocher (et non plus son membre modéré la représentant au Conseil fédéral137(*)) sont présents dans l'ensemble des publications qui abordent le sujet. Ce qui pourrait dans une certaine mesure faire débat n'est alors que l'ampleur de la domination de la section zurichoise et du leadership de Blocher sur l'ensemble du parti.

Les deux phénomènes, étroitement liés, semblent avoir pris des proportions assez importantes, à en juger par exemple par les propos de Hans Uhlmann, président de l'UDC Suisse au moment du succès sans précédent du parti aux élections au Conseil national de 1999 (où l'UDC obtient 22,5 % des suffrages - cf. infra, points 4.1. et 4.2. - ), et qui considérait alors que cette victoire au niveau national était avant tout une victoire de l'UDC zurichoise, «sans qui le parti serait encore le partenaire le plus faible de la coalition gouvernementale»138(*). Parmi les observateurs extérieurs, on note également une tendance à considérer que l' «essentiel de la récente percée UDC tient aux capacités de Blocher de se présenter en fédérateur de toutes ces mouvances [les sections cantonales de l'UDC et les petits mouvements suisses d'extrême droite]»139(*). On peut également présumer l'accentuation du processus de `'blochérisation'' de l'ensemble des structures du parti à la lueur de la stratégie récente de l'UDC qui vise, selon l'actuel président du parti, Ueli Maurer, à écarter «les anciens [...] et à les remplacer par des `'forces et des personnes nouvelles'' sur la même ligne que l'UDC zurichoise»140(*).

Un politologue suisse spécialisé dans l'étude du national-populisme helvétique émet l'hypothèse d'un moment charnière dans ce processus. Pour ce dernier, la «campagne de votation sur l'EEE [ndla :1992] offrira à l'UDC du canton de Zurich l'occasion propice pour porter sa stratégie sur le plan national, et pour s'imposer peu à peu, avec son style et ses mots d'ordre, vis-à-vis de la plupart des autres (nouvelles) sections cantonales de l'UDC et, finalement, de la direction du parti national»141(*).

Cette logique permet sans doute en partie d'expliquer pourquoi la contradiction semble de moins en moins tolérée désormais au sein du parti comme l'illustre le cas de Lisbeth Fehr qui, après avoir dû prendre position contre Cristoph Blocher dans le cadre d'un mandat au Conseil de l'Europe, semble n'être définitivement plus en odeur de sainteté au sein de sa formation. D'autres mandataires comme Adolf Ogi, Samuel Schmid, aujourd'hui rentrés dans le rang, ou Ursulla Haller, qui s'est opposée à son leader sur la question de l'assurance maternité (cf. infra, point 4.3.2.), ont également fait les frais de prises de leurs positions divergentes par rapport à la ligne blochérienne142(*).

Enfin, notons que Blocher lui-même semble assumer le leadership qu'il exerce au sein de son parti, voire la quasi personnification de celui-ci par celui-là, lorsqu'il déclare, en parlant des attaques dont l'UDC ferait l'objet dans les médias, qu'«il est logique que ces attaques visent surtout le président de l'UDC zurichoise [ndla : Cristoph Blocher, lui-même] : il faut couper la tête au parti, parce que même un parti ne peut vivre sans tête [en gras dans le texte]»143(*). Le leader zurichois est donc bien conscient d'être la « tête » du parti, bien qu'il n'en soit pas le président national mais bien le président de la section zurichoise, ce qui est un nouvel indice de la domination de cette section cantonale sur l'ensemble de l'appareil partisan. En outre, il estime que sans cette tête, et donc sans lui, le «parti ne peut pas vivre».

 

* 136 P. NIGGLI, «La droite radicale perce en Suisse», Le Monde Diplomatique, décembre 1999, p. 11.

* 137 Y. PAPADOPOULOS, «National-populism in Western Europe : an ambivalent phenomenon», Institut d'Etudes Politiques et Internationales de l'Université de Lausanne, Lausanne, p. 15, consulté sur www.unil.ch, url : www2.unil.ch/iepi/pdfs/papadopoulos1.pdf ; Constat d'autant plus pertinent depuis que Blocher est lui-même entré au Conseil fédéral.

* 138 P. NIGGLI et J. FRISCHKNECHT, «Rechte Seilschaften. Wie die `'unheimlichenPatrioten'' den Zusammenbruch des Kommunismus meisterten», WoZ im Rotpunktverlag, Zurich, 1998, p. 507, in M. GIROD, «L' Union Démocratique du Centre. Trois raisons d'un succès», mémoire de DEA, sous la direction de Jean Batou, Université de Lausanne, 2001, p. 27 de la version diffusée sur internet, url : www-ssp.unil.ch/IHES/pdf/udc.1.pdf (première partie) et www-ssp.unil.ch/IHES/pdf/udc.2.pdf (2ème partie) 

* 139 J. CHATAIN, «Blocher ou le repli helvétique», L'Humanité du 19 février 2000, consulté sur www.humanité.fr, url : ww.humanite.presse.fr/popup_print.php3 ?id_article=220405

* 140 cf. L'Hebdo du 1er juillet 1999, p. 6 in M. GIROD, «L' Union Démocratique du Centre. Trois raisons d'un succès», op. cit., p. 27.

* 141 O. MAZZOLENI, «Nationalisme et populisme en Suisse. La radicalisation de la `'nouvelle'' UDC», Presses polytechniques et universitaires romandes, Le savoir suisse, Lausanne, 2003, p. 33.

* 142 M. GUILLAUME, «Blocher, Janus de la politique», L'Hebdo, n°50, 11 décembre 2003, P. 18.

* 143 «Les sept secrets de l'UDC (strictement confidentiel). Discours de l'Albisgüetli 2000. Une analyse de la situation politique à l'occasion de la 12ème Assemblée de l'Union Démocratique du Centre du canton de Zurich à l'Albisgüetli par le conseiller national Christoph Blocher, Président de l'UDC du canton de Zurich», publication de l'UDC - Genève, Genève, 2000, p. 5, consulté sur www.udc-geneve.ch, url : www.udc-geneve.ch/Les7secretsUDC.htm

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