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L'UDC de C. Blocher: l'extrême droite au coeur de la concordance helvétique?

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par Julien Vlassenbroek
Université Libre de Bruxelles - Licence en sciences politiques 2004
  

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3. Déterminer l'identité idéologique de l'UDC

3. 1. Les difficultés inhérentes au système politique suisse

Dans sa monographie consacrée au système politique suisse, Hanspeter Kriesi rapporte que «la cohérence à l'intérieur des différents partis» doit être comprise comme un élément qui participe à la fragmentation du système partisan, déjà apparente au niveau du nombre de partis existants128(*). Le politologue constate en effet que «le fédéralisme suisse [en italique dans le texte] a fortement marqué de son sceau la politique des partis qui, en fait, s'est enraciné [sic] dans la politique cantonale»129(*). Un constat qu'avait déjà amorcé Richard Katz dans son étude des dimensions du conflit partisan dans les cantons suisses130(*).

Peut-on dès lors estimer possible de déterminer l'idéologie d'un parti suisse ou doit-on en étudier séparément les différentes composantes cantonales ? La réponse se doit d'être nuancée, mais la première option formulée paraît pouvoir s'avérer acceptable, et ce d'autant plus au vu des évolutions du système partisan suisse, et de l'UDC en particulier, au cours des dernières années. Il semble, en effet, qu'il soit désormais possible de dégager le tissu idéologique d'un parti suisse en en étudiant la section nationale, tout en n'omettant pas d'apporter ponctuellement les nuances inhérentes aux positions particularistes issues de sections cantonales.

Cette hypothèse se base notamment sur une analyse des votations entre 1970 et 1987, qui permet d'atténuer la conception de grands partis suisses fragmentés entre sections cantonales et manquant d'une cohérence nationale. Cette analyse montre en effet une tendance nette à une discipline plus marquée des sections cantonales à l'égard des mots d'ordres des sections fédérales de leur formation131(*). Au sein des partis gouvernementaux, les sections cantonales contestant ces mots d'ordres feraient désormais figures d'exceptions.132(*) «Il semble donc que les partis en Suisse jouissent d'une plus grande cohérence qu'autrefois»133(*).

Sans se prononcer sur l'ensemble du système partisan helvétique, on peut toutefois avancer que ces dernières années ont vu un renforcement de cette logique de consolidation de la cohérence programmatique et idéologique interne au sein de l'UDC. Ainsi, on note que pour cette formation, la «différence entre sections est plus dans le comportement face à la démocratie de concordance et à la `'classe politique'' que dans les programmes»134(*). L'opposition apparente au sein du parti entre la section bernoise, plus modérée et consensuelle, et le courant blochérien zurichois, plus radical, n'altèrerait donc pas la cohérence programmatique de l'UDC - Suisse. Il s'agirait «moins de frères ennemis que d'experts en art du double jeu»135(*), l'aile pragmatique bernoise permettant une participation constructive au Conseil fédéral, tout en laissant la latitude à l'aile blochérienne d'adopter des postures résolument antiestablishment (cf. infra, point 4.1.).

A partir de ces constats, on peut s'estimer en droit de considérer qu'en identifiant le dispositif idéologique de la section nationale de l'UDC, on dégagera celle qui prévaut pour l'ensemble des organes du parti. Il reste donc à déterminer la section qui imprime l'idéologie du parti au niveau national. Là, la tâche semble plus aisée tant il apparaît clairement que la section zurichoise, sous l'impulsion de son charismatique président Cristoph Blocher, est parvenue à s'imposer comme moteur de l'attitude et de la construction programmatique du parti au niveau fédéral.

* 128 H. KRIESI, «Le système politique suisse», op. cit., p. 145.

* 129 Ibid.

* 130 R. KATZ, «Dimension of Partisan Conflict in Swiss Canton», Comparative Political Studies, vol. 16, n°4, 1984, pp. 505-527.

* 131 S. HUG, «La cohésion des partis fédéraux dans la phase référendaire» in Y. PAPADOPOULOS (ed.), «Elites politiques suisses et peuple en Suisse. Analyse des votations fédérales, 1970-1987», Réalités sociales, Lausanne, 1994, pp. 85-112.

* 132 H. KRIESI, «Le système politique suisse», op. cit., p. 146.

* 133 Id., p. 147.

* 134 O. MAZZOLENI, «Unité et diversité des `'national-populismes'' suisses : l'Union Démocratique du Centre et la Lega dei Ticinesi» in O. IHL, J. CHENE, E. VIAL et G. WATERLOT (ed.), « La tentation populiste au coeur de l'Europe », La Découverte, Paris, 2003, p. 187.

* 135 J. CHATAIN, «Blocher ou le repli helvétique», L'Humanité, 19 février 2000, consulté sur www.humanite.fr, url : www.humanite.presse.fr/popup_print.php3?id_article=220405

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