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L'UDC de C. Blocher: l'extrême droite au coeur de la concordance helvétique?

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par Julien Vlassenbroek
Université Libre de Bruxelles - Licence en sciences politiques 2004
  

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4.1.3.5. L'antisystémisme dans le cadre théorique développé par Herbert Kitschelt

Comme on l'a vu, Herbert Kitschelt a développé trois modèles idéaux-typiques des partis d'extrême droite contemporains, principalement déterminés selon leurs choix idéologico-stratégiques.

L'un de ces idéaux-types est le modèle dit du populisme anti-étatique («populist antistatist strategy») dont la caractéristique principale est de baser sa stratégie sur une opposition farouche à la «classe politique»: «in other words, populist antistatist appeals are primarily directed against `'big government'' and the `'political class'' that dominates a country's politics through the conventional parties»227(*). De telles pratiques sont courantes dans la littérature udécéenne, comme l'illustrent les passages suivants : le «Conseil fédéral dilapide la fortune du peuple. [...], le Conseil fédéral se moque totalement du droit de participation du peuple»228(*) ; «la coalition composée du PS, du PRD et du PDC se prépare à la campagne électorale en tentant de définir des positions et de proposer des solutions. Ces programmes électoraux et autres activités électorales, qui se veulent parfois drôles, ont un point commun : leurs auteurs tentent de faire oublier aux citoyennes et aux citoyens que les problèmes, auxquels ils proposent des solutions, sont la conséquence de leur propre politique»229(*), les autres partis sont donc décrits comme une coalition indifférenciée, directement responsable des maux de la Suisse ; ou encore, «ce qui compte, pour lui [ = le parti socialiste], ce n'est pas le citoyen, mais uniquement l'Etat. [...]. Le PRD et le PDC n'ont plus de programme politique digne de ce nom. [...].»230(*).

Sous l'angle de la dimension anti-système (puisque le terme «antistatist» tel que décrit ici ne vise clairement pas une remise en cause de l'institution étatique en tant que telle, mais bien un rejet de la classe politique et de l'establishment), on pourrait rapprocher du modèle idéal-typique d'«antistatist populist party», tel qu'il est construit par Kitschelt, l'UDC, dont on vient de constater, dans la stratégie discursive, l'importance des attaques dirigées contre la classe politique en général, le Conseil fédéral et les partis politiques en particulier.

Mais la confrontation d'un cas empirique à un idéal-type ne s'effectue jamais sans bémol, et on verra dans la suite de ce travail que ce seul modèle du populisme antiétatique n'est pas totalement satisfaisant pour saisir la nature théorique exacte de l'UDC blochérienne.

* 227 H. KITSCHELT (en coll. avec A. J. McGann), «The Radical Right in Western Europe: a Comparative Analysis», University of Michigan Press, Ann Arbor, 1995, p. 21.

* 228 «Le Conseil fédéral dilapide la fortune du peuple», communiqué de l'UDC - Suisse du 7 mars 2003, Berne, consulté sur www.udc.ch, url : www.udc.ch/index.html?page_id=270&l=3

* 229 G. A. RUTZ, «Solutions aux problèmes que l'on a soi-même provoqués», éditorial du service de presse n°15 du 14 avril 2003 de l'UDC - Suisse, consulté sur www.udc.ch, url : www.udc.ch/index.html?page_id=380&l=3

* 230 G. A. RUTZ, «Il serait temps de redevenir sérieux», éditorial du service de presse n°9 du 3 mars 2003 de l'UDC - Suisse, consulté sur www.udc.ch, url : www.udc.ch/index.html?page_id=262&l=3

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