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L'UDC de C. Blocher: l'extrême droite au coeur de la concordance helvétique?

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par Julien Vlassenbroek
Université Libre de Bruxelles - Licence en sciences politiques 2004
  

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2. 2. Le cadre théorique développé par Paul Taggart

A l'instar d'Ignazi, Paul Taggart opère, au sein de l'extrême droite, une distinction entre deux grands courants. L'auteur divise l'extrême droite contemporaine entre le néo-fascisme ou la «`conventional' extreme right»68(*), clairement fasciste ou raciste69(*), et le «New Populism». Ces deux courants diffèreraient sur plusieurs points mais «the most concrete difference [...] is related to historical continuity : neo-fascist parties tend to have some direct link to the fascist parties of the previous era while New Populist parties appear to lack such a historical link»70(*).

Taggart propose une définition de l'idéologie de la tendance néo-populiste sur base de critères idéologiques stricto sensu, organisationnels ainsi que des caractéristiques sociologiques de la base électorale de ce courant. Il justifie ce choix par le fait que «the ideological position of party is articulated not only through platforms, manifestos, speeches ad policy positions, but also through party organisation and political style»71(*). Seuls les critères idéologiques s.s. retenus par le politologue feront l'objet d'une étude approfondie dans le présent travail. Néanmoins, on reviendra brièvement au moment de la conclusion sur les autres aspects de ce cadre théorique, tout en justifiant le fait qu'on ne les ait pas abordés spécifiquement.

Dans «New Populist Parties in Western Europe»72(*), les caractéristiques idéologiques du Nouveau Populisme sont décrites comme suit : «in ideological terms, the New Populism is on the right, against the system, and yet defines itself as in the `'mainstream'' [en italique dans le texte]. It is right-wing, anti-system and populist. It is of the people but not of the system. [...]. It is opposed to the system and to those that run the system. And it frequently invokes a notion of the `'the people'' that is characterised more by whom it excludes than by whom it includes. Central to this impetus is a politics of the `'heartland''. Implicit and integral to populism is a vision of the heartland : a sense of what is `'normal'' and, consequently, comfortable. [...] populism frequently resorts to attacking those that appear to be threatening to notions of the heartland. [...].

High on the list of the excluded for the New Populists are politicians, immigrants, bureaucrats, intellectuals and welfare recipients»73(*).

Taggart ajoute que la posture anti-système inhérente à ce courant peut se manifester dans une idéologie anti-parti74(*).

Au niveau des conceptions économiques, Taggart décrit le Nouveau Populisme comme «markedly neo-liberal»75(*). Selon lui, ce courant développe une conception de la vie économique dans laquelle «the market is the legitimate and effective site for conflict resolution. The state is viewed as largely illegitimate, over-extended and ineffective. Liberty is, consequently, a key concept for the New Populism. This liberty is defined in negative and individual terms. For the New Populists, freedom consists largely of the absence of state restraints on individual action. [...]. [...] they should emphasise the importance of the individual as an ethical norm. They are unmistakably parties of the right in this sense»76(*).

Du point de vue organisationnel, les partis du Nouveau Populisme sont dépeints comme fortement centralisés, avec une personnalisation du parti par un leader charismatique. Ces partis seraient caractérisés par un électorat disproportionnellement masculin, travaillant dans le secteur privé, jeune et issu d'horizons politiques très divers77(*). Ces formations représentent la force montante de l'extrême droite, électoralement beaucoup plus efficace que la tendance traditionnelle, car elles seraient plus aptes que les partis néo-fascistes à proposer des solutions attrayantes aux défis de la société contemporaine. Dans cet état des choses, Taggart considère que ces formations constituent le pendant droitier des partis Verts, la réponse de l'extrême droite aux problématiques et aux nouveaux défis inhérents à la société post-matérialiste, rejoignant ici en partie le postulat ignazien de partis nés des clivages post-industriels.

* 68 P. TAGGART, «New Populist Parties in Western Europe», op. cit., p. 35.

* 69 Id., p. 48.

* 70 Id., p. 39.

* 71 Id., p. 36.

* 72 P. TAGGART, «New Populist Parties in Western Europe», West European Politics, London, vol. 18, n° 1, janvier 1995, pp. 34-51.

* 73 Id., pp. 36-37.

* 74 Id., p. 39.

* 75 Id., p. 38.

* 76 Ibid.

* 77 Id., p. 44.

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