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L'UDC de C. Blocher: l'extrême droite au coeur de la concordance helvétique?

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par Julien Vlassenbroek
Université Libre de Bruxelles - Licence en sciences politiques 2004
  

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5.2.5. L'UDC dans le cadre théorique de Herbert Kitschelt

On a vu que pour Kitschelt, l'idéal-type de la NRR, l'«authoritarian and capitalist appeal», «the `'master case'' for the contemporary extreme Right»638(*), est associé à un refus catégorique d'une hausse des taxes et impôts ainsi qu'à une opposition aux immigrés non-occidentaux, qu'il se positionne «for an exclusionary, particularist definition of citizenship rights confined to a culturally homogeneous group of residents»639(*) et qu'il rejetterait le pluralisme et le compromis, au profit de «strong authoritarian-paternalist procedures»640(*). En matières économiques et sociales, ces partis revendiquent «the spontaneous allocation of resources»641(*) par le truchement des lois du marché, soutenant un schéma économique rigoureusement ultra-libéral642(*). Pour ces formations, «The state should be strong and authoritarian, but small»643(*), autrement dit l'Etat doit se limiter à ses fonctions régaliennes et les assumer de façon autoritaire.

La deuxième catégorie typologique, celle du populisme antisystème développerait une stratégie «primarly directed against `'big government'' and `'the political class'' that dominates a country's politics through the conventional parties, but to a much lesser extent against the libertarian themes of multiculturalism, environmentalism, gender liberation, and direct political participation»644(*). Elle serait donc moins `'ferme'' que la première catégorie de partis sur ces derniers sujets645(*).

Les formations combinant le «racist authoritarianism» et le chauvinisme du welfare, se distancient des théories ultralibérales646(*). Elles prôneraient plutôt une certaine redistribution des revenus et la défense du petit peuple face aux grandes entreprises. Mais les bénéfices de la redistribution et des allocations inhérentes à cette protection sociale seraient exclusivement réservés à ceux qui appartiennent à la communauté nationale, clairement définie sur des bases ethniques. Ces partis stigmatiseraient les immigrés, considérés comme des parasites qui ne contribuent pas au fonctionnement de la société et qui visent à s'en accaparer les bénéfices647(*).

L'opposition radicale aux revendications féministes et écologistes seraient des points cruciaux de leur stratégie, tout comme le fait de mettre l'accent sur tout ce qui touche aux symboles nationaux et aux mythes historiques fondateurs de la nation.648(*)

Si les points 4.1.1., 4.1.2. et 4.1.3.5. avaient permis d'établir un lien entre la dimension antisystème de l'UDC et celle qu'exige la deuxième catégorie typologique de Kitschelt, les éléments idéologiques constatés aux points 4.2.2. et 4.2.3.5. semblaient par contre rapprocher cette formation des modèles autoritaires-capitalistes et racistes-autoritaires.

La conception d'un Etat réduit, limité à ses fonctions régaliennes, qu'il est supposé remplir de manière autoritaire, constatée au sein de l'UDC au point 4.3.1., constitue elle aussi, un élément central des modèles racistes-autoritaires et autoritaires-capitalistes, comme on l'a analysé au point 4.3.3.5., tandis qu'elle n'occupe qu'une place plus accessoire en ce qui concerne la stratégie du populisme antisystème.

Enfin, on a pu mettre en lumière aux points 4.4.2., 4.4.3. et 4.4.4.5., que les conceptions économiques des partis autoritaires-capitalistes, défendant notamment des thèses néolibérales où «the spontaneous allocation of resources through market institutions but rejects redistributive schemes of planned allocation regardless of wether they are guided by a central bureaucracy or democratic collective decision making»649(*) se retrouvaient bel et bien dans les positions défendues par l'UDC, au contraire du welfare chauvinism que sont supposés prôner les partis dits racistes-autoritaires.

Des cinq dimensions idéologiques udécéennes explorées, on peut donc dire que l'antisystémisme rapprocherait le parti du modèle populist antistatist ; le nationalisme serait plutôt une dimension propre aux modèles autoritaire-capitaliste et raciste-autoritaire ; la dimension conservatrice serait également de nature à rapprocher l'UDC de ces deux modèles, et dans une bien moindre mesure seulement, de celui du populisme antisystème ; la dimension sécuritaire est, elle, encore beaucoup plus nettement associée à la première et à la troisième catégorie typologique ; enfin l'ultralibéralisme affiché par l'UDC constituerait une caractéristique spécifique de l' «authoritarian and capitalist appeal of the NRR»650(*), dont cet aspect est un élément clef de la `'winning formula''.

Le modèle idéal-typique le plus proche de l'Union démocratique semble donc être celui de l'authoritarian capitalist appeal, autrement dit « the `'master case'' for the contemporary extreme right », mais les trois catégories typologiques s'avèrent utiles pour cerner la nature théorique exacte de l'UDC. Une situation qui n'est en rien problématique puisque ces trois modèles «are only ideal-typical examples of a continuum of positions»651(*) au sein desquels se répartissent les partis de l'extrême droite contemporaine.

On peut donc conclure que le cadre théorique d'Herbert Kitschelt permet d'affirmer que l'idéologie de l'UDC est bien une idéologie d'extrême droite contemporaine, plus fréquemment appelée New Radical Right par cet auteur, et dont les différents aspects ne permettent pas de l'associer strictement à une sous-catégorie de cette mouvance.

* 638 H. KITSCHELT, «The Radical Right in Western Europe. A Comparative Analysis», op. cit. 20.

* 639 Id., pp. 19-20.

* 640 Id., p. 20.

* 641 Ibid.

* 642 Ibid.

* 643 Ibid.

* 644 Id., p. 21.

* 645 Ibid.

* 646 Id., p. 22

* 647 Ibid.

* 648 Ibid.

* 649 Id., p. 20.

* 650 Id., p. 19.

* 651 Ibid.

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