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L'utilité des peines de prison pour les criminels

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par Paul-Roger GONTARD
Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse - Maitrise de droit privé, option Carrières Judiciaires 2007
  

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§ 2 La réalité du travail pénitentiaire, un moins pour l'efficacité de nos prisons

La prison peut donc être une opportunité à saisir pour le détenu qui saura se projeter dans l'avenir. Encore faut-il que les moyens lui permettent de poursuivre son ambition. D'une part les moyens accordés à la professionnalisation des détenus sont à la hauteur de ceux accordés à leur instruction (A/), d'autre part, le détenu au travail n'est pas un salarié à part entière ; le droit du travail s'est désintéressé de lui (B/).

A/ Travailleurs sans moyens

Dans un éditorial du 10 avril 2005, le Monde dénonçait le « Chômage en prison ». En effet, avec un taux d'activité rémunérée qui avoisine les 30% de la population carcérale - le plus bas en 30 ans - il n'est pas surprenant que le travail remplisse mal sa mission de réinsertion. Mais le problème du sous-emploi se pose surtout en maisons d'arrêt où, en raison des courts séjours, les possibilités de réinsertion par le travail sont réduites. Dans les établissements pour peine, le taux moyen d'activité rémunérée est proche de 50%86(*). Ce taux, selon l'administration, serait presque suffisant pour satisfaire la demande, compte tenu du fait que ce ne sont pas toutes les personnes détenues qui peuvent ou veulent travailler. Associé à ces chiffres voici le tableau qui résume le mieux le travail en prison 87(*) :

Avec les éléments que nous avons vu précédemment, il est particulièrement gênant de se satisfaire d'une population de criminels qui ne veulent ou ne peuvent travailler qu'a 50%.

Alors certes les entreprises, qui autrefois faisaient fabriquer leurs produits en prison, délocalisent leurs productions vers les pays de l'Est où le prix du travail est plus compétitif que celui de la main d'oeuvre pénitentiaire. Ou alors, ces entreprises s'automatisent, et le travail qui était fait par des petites mains se fait aujourd'hui par des machines. Par exemple, Il y a cinq ans, la main-d'oeuvre pénitentiaire insérait des échantillons de divers produits dans des revues. Aujourd'hui ce travail est complètement automatisé et les sociétés concessionnaires ou sous-traitantes n'ont plus besoin de cette main-d'oeuvre. Les emplois pénitentiaires offrent encore un certain intérêt pour des entreprises avec des volumes de production non automatisables mais elles ne peuvent pas compenser le nombre d'emplois perdus.

De plus, les locaux et les règles pénitentiaires sont parfois inadaptés à une activité professionnelle en prison. Les moyens de production sont géographiquement mal positionnés dans la ville lorsque l'on a à faire à de vieux établissements pénitentiaires. Les difficultés d'accès participent souvent au découragement de potentiels acteurs économiques.

Quant au salaire, ou plutôt à la rémunération perçue par les détenus (voir tableau ci-dessus), il est loin de permettre de remplir les objectifs économiques et sociaux que l'on a évoqué précédemment. Selon les calculs du sénateur LORIDANT (2002, 34), un détenu a besoin d'un minimum de 40 à 50 € par semaine pour couvrir ses besoins personnels en détention88(*). Comment pourrait-il « mettre de côté » en vu de sa libération ? Comment pourrait-il assurer sa part de la charge familiale s'il ne se suffit même pas à lui-même ?

* 86 LES CHIFFRES CLEFS DE L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE 2006 ; Ministère de la Justice ; 01 janvier 2006

* 87 idem, p°10

* 88 Cité in Cité in Marc BAADER et Evelyne SHEA, « Le travail pénitentiaire, un outil efficace de lutte contre la récidive ? », Champ pénal / Penal Field, [En ligne], mis en ligne le 31 mai 2007. URL : http://champpenal.revues.org/document684.html.

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