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L'utilité des peines de prison pour les criminels

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par Paul-Roger GONTARD
Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse - Maitrise de droit privé, option Carrières Judiciaires 2007
  

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§ 2 Ce qu'il faut développer

La future réforme de modernisation des prisons passera donc par l'application de toutes ces expériences qui ont pu faire leurs preuves. Par la correction de ce qui peut devenir dangereux, et par l'innovation vers de nouveaux modes de détentions.

Bien sûr l'expérience de Casabianda n'est pas applicable à tous les détenus, mais il est important de trouver un modèle de prison qui puisse répondre à chaque population. A l'image de Casabianda, parmi les solutions qui peuvent apparaître, il y a la répartition des détenus par crime et non plus par peine. Une répartition assortie de mesures spécifiques en fonction du profil psychologique général de chaque catégorie. Une telle structuration devrait s'accompagner d'une formation spécifique d'une partie de l'administration pénitentiaire, ce qui optimiserait leur intervention auprès des populations dont elle a la garde. Avoir créé une prison pour les « pointeurs », la catégorie de criminel la plus méprisée parmi les détenus est un geste vers une prise de conscience que tous les criminels ne sont pas faits pour être rassemblés dans une même enceinte. Mais un tel regroupement ne doit pas favoriser le phénomène « d'école du crime » qui peut apparaître parfois en prison, ce qui n'intervient que pour certaines catégories de détenus (proxénètes, braqueurs, trafiquants, etc.). Les meurtriers passionnels et les criminels d'occasion en général pourraient bénéficier de traitement ressemblant à celui de Casabianda.

Mais il ne faut pas, pour autant, faire preuve d'angélisme. Certaines catégories de détenus sont particulièrement sensibles, et leur isolement des autres détenus apparaît de plus en plus nécessaire. Les membres du grand banditisme, d'organisations terroristes idéologiques ou religieuses, ou les détenus psychiatriquement dangereux devraient faire l'objet de mesures de sécurités adaptées. La création de prisons (ou d'une prison) de très haute sécurité au régime pénitentiaire quasi-auburnien106(*) pourrait répondre à cette nécessité. Pour les criminels psychiatriques il est temps de développer à plus grande échelle les Unités Psychiatriques de Santé Mentale107(*).

Concernant la réinsertion des détenus, il y a là aussi des efforts architecturaux à accomplir. Les prisons ne peuvent plus se passer de vrais projets d'insertion économique. La conception et l'organisation de ces projets doivent se faire avec les intervenants traditionnels de la réinsertion des détenus, mais aussi avec le contact et le soutien des chambres consulaires et des organisations représentatives des entreprises. La réinsertion des détenus ne pourra se faire efficacement et durablement que par une véritable intégration des prisons au tissu socio-économique environnant. Pour que ces programmes soient couronnés de succès, la prison va devoir faire des efforts d'organisation. Ne pas hésiter à investir dans du matériel industriel, même si cela doit être le synonyme d'une adaptation des règles de sécurité. Il est évident qu'un détenu qui a une machine-outil à sa disposition est potentiellement plus dangereux qu'un détenu qui doit faire du rempaillage108(*). Les centrales nucléaires ont des systèmes de détection des risques à la sortie de toutes les salles. Il pourrait être utile de placer des portiques de détection des métaux à l'intérieur de ces ateliers pour se prémunir contre toutes tentatives d'un détournement d'outils pouvant être utilisés comme une arme. Les surfaces de travail doivent être considérablement agrandies et pourquoi pas même extériorisées hors des murs de la prison. Avec les nouveaux moyens d'assistance à la surveillance (bracelet électronique) il est tout à fait envisageable de développer des expériences, déjà existantes, de travaux d'intérêts collectifs (débroussaillage des zones à haut risque d'incendie ; entretien des espaces publics ; etc.).

Pour ce qui est de l'aménagement architectural des prisons, il ne faut pas hésiter à reproduire les expériences bénéfiques étrangères. Faire entrer un peu plus de lumière naturelle dans les prisons, et cacher les angles saillants ou le béton des murs peuvent être un facteur de diminution des tensions carcérales. Il faut favoriser les cellules doubles pour réduire le risque de suicide, mais offrir des occupations utiles pour chaque détenu afin de les extraire d'une routine quotidienne à regarder la télévision ou à écouter la radio.

Bien sûr ces pistes ne sont pas exhaustives, mais elles ont pour but de montrer que la prison doit se réinventer, y compris dans ses murs.

* 106 Voir le §1 les différent type de prison.

* 107 Pour plus de précision sur ces unités spécialisées, voir le centre de PLOEMEUR :

http://www.ch-charcot56.fr/intrsect/upsm.htm

* 108 Encore que cela puisse être considéré comme relatif.

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