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Troubles de la conduction auriculoventriculaire, à propos de 64 cas au service de cardiologie de l'Hôpital Aristide Le Dantec de Dakar

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par Alassane Mbaye
Université Cheikh Anta Diop - Doctorat d'Etat en Médecine 2005
  

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ASPECTS CLINIQUES

I - Type de description : Le Bloc AV complet permanent dégénératif ou

« pouls lent permanent »

A - Circonstances de découverte

Le bloc AV est souvent asymptomatique et est découvert à l'occasion d'un examen clinique mettant en évidence une bradycardie ou lors d'un ECG systématique.

Dans les autres cas, l'attention est attirée par des manifestations fonctionnelles souvent caractéristiques que nous allons décrire.

1 - Accidents d' Adams Stockes

L'accident typique est la syncope brève, à l'emporte pièce, à début brutal, avec chute, résolution musculaire complète, révulsion des globes oculaires, pâleur, absence de pouls. La reprise de la conscience se fait intégralement après reprise d'une activité ventriculaire, avec une rapidité qui dépend de la durée de l'arrêt circulatoire. Le plus souvent, la fin est rapide en 10 à 15 secondes ; dans quelques cas, la syncope dépasse 20 secondes et s'accompagne alors de troubles respiratoires, de mouvements convulsifs (accès pseudo comitiaux), d'incontinence sphinctérienne et de mydriase.

Exceptionnellement, lorsque l'anoxie cérébrale est longue, un coma plus ou moins profond est observé, soit après une crise unique et longue, soit dans l'intervalle d'un état de mal syncopal avec une grande bradycardie inter-critique.

Les équivalents mineurs de l'anoxie cérébrale sont représentés par le faux vertige, l'état lipothymique ou l'obnubilation transitoire.

2 - Autres manifestations cliniques

2-1- Manifestations d'insuffisance cardiaque gauche ou globale

Elles surviennent surtout chez les patients porteurs d'une cardiopathie organique. Elles sont fréquentes dans les blocs AV chroniques avec bradycardie permanente, mais l'on peut également les rencontrer dans les blocs AV du premier degré avec un intervalle PR très long plaçant l'onde P à la fin du QRS précédent.

2 - 2 - Manifestations d'effort

Certains blocs AV « fréquence-dépendants », habituellement de siège tronculaire ou infrahissien, sont absents au repos et se démasquent préférentiellement à l'effort par une dyspnée, des lipothymies, des douleurs angineuses ou le plus souvent une « blockpnée ». L'ECG d'effort est alors très utile pour le diagnostic qui peut être également apporté par l'injection d'atropine ou la stimulation auriculaire à fréquence croissante.

2 - 3 - Manifestations d'insuffisance circulatoire cérébrale

Fréquentes chez le sujet âgé, elles se traduisent par une altération des fonctions intellectuelles, des troubles psychiques à type de confusion, et de désorientation et dans certains cas par des états lacunaires chez des sujets devenus progressivement grabataires. Ces manifestations sont en réalité moins liées à la bradycardie qu'à un état encéphalique très détérioré et s'observent principalement en cas

d'athérosclérose cérébrale importante. Avant d'envisager l'implantation d'un stimulateur cardiaque définitif, il est utile de soumettre ces patients à une stimulation provisoire pour s'assurer des possibilités d'amélioration.

2 - 4 - Mort subite

Le risque d'arrêt circulatoire irréversible fait planer sur tout malade non appareillé par un stimulateur cardiaque le spectre de la mort subite.

Elle peut compliquer une asystolie ventriculaire longue ou survenir à la suite d'un trouble du rythme majeur (dégradation d'une torsade de pointe en fibrillation ventriculaire).

B - Examen physique

Les BAV de troisième degré ont comme expression clinique un pouls lent permanent. Une fréquence cardiaque inférieure à 40 /min, non influencée par l'effort, les émotions ou la fièvre, témoigne d'un rythme de substitution ventriculaire bas situé.

A l'auscultation cardiaque les contractions auriculaires dissociées des contractions ventriculaires peuvent déterminer des bruis sourds perçus lors des diastoles longues (systoles en écho) ou un renforcement intermittent du premier bruit lorsque la systole auriculaire coïncide avec la fermeture des valves auriculo-ventriculaire (bruit de «canon »). Un souffle systolique, éjectionnel peut être perçu au foyer mitral de même qu'un élargissent de la différentielle. On constate parfois une dissociation entre les battements jugulaires, reflet des contractions auriculaires à fréquence normale, et les impulsions radiales rythmées par la bradycardie. Des signes d'insuffisance cardiaque congestive peuvent être observés en cas de cardiopathie sous-jacente ou non.

C - Électrocardiogramme

Le BAV du troisième degré est caractérisé par une absence totale de conduction d'ondes P aux ventricules. Il existe alors une dissociation complète entre l'activité électrique des oreillettes et des ventricules. (voir deuxième chapitre)

II - Formes cliniques

A - Le bloc AV paroxystique

Il s'agit d'un problème diagnostique difficile à résoudre, se posant chez un patient qui présente une symptomatologie le plus souvent à type de syncope ou de lipothymie.

1 - Aspects cliniques

La perte de connaissance revêt une grande valeur diagnostique. Elle est très évocatrice lorsqu'il s'agit d'une syncope à l'emporte-pièce (syncope d'Adams stokes). Son début et sa fin sont brusques. Elle n'est ni précédée de prodromes, ni suivie de signes post-critiques. L'absence habituelle de signes annonciateurs explique la fréquence des traumatismes liés à la chute.

Selon certains auteurs la syncope typique du BAV paroxystique est spécifique dans 75% des cas, pour d'autres auteurs elle n'a pas de caractère typique et qu'il faut évoquer son diagnostic devant toute perte de connaissance inexpliquée.

Les troubles de conduction au niveau du tronc ou à l'étage infra- hissien sont latents.

2 - Aspects électrocardiographiques

L'électrocardiogramme est le plus souvent normal en dehors des malaises. Les seules anomalies possédant une valeur diagnostique formelle sont les suivantes :

Ø Un bibloc alternant : un bloc de branche droite alternant avec un bloc de branche

gauche.

Ø Un vrai bloc tri fasciculé : bloc de branche droit alternant avec un hémibloc antérieur et un hémibloc postérieur.

Ø L'association d'un bloc de branche droit et d'un hémibloc postérieur.

Ø L'association d'un PR long à un bloc de branche prend de la valeur lorsque le

bloc intéresse la branche gauche ou quand il y a une association d'un bloc de branche droit et d'un hémibloc postérieur.

Enfin il faut signaler l'intérêt de l'évolutivité des troubles conductifs dans le temps.

3 - L'enregistrement Holter

La sensibilité du Holter est faible pour le diagnostic de BAV paroxystique à l'étage soushissien. L'enregistrement d'un BAV exclusivement en période nocturne, à la faveur d'une hypertonie vagale est considérée comme physiologique.

Dans tous les cas, l'électrocardiogramme endocavitaire est nécessaire montrant un trouble conductif significatif.

4 - L'exploration électrophysiologique endocavitaire ( EE )

Le recours à l'EE est indispensable lorsque chez un patient symptomatique les éléments cliniques et électrocardiographiques sont insuffisants. Elle permet d'étudier la qualité de la conduction au niveau de chaque composante de la jonction auriculo-ventriculaire. Le diagnostic de BAV paroxystique reposera notamment sur :

Ø l'existence à l'état basal d'un allongement significatif de l'intervalle HV  70 ms

(distance entre les potentiels hissien et ventriculaire);

Ø un potentiel hissien déformé et élargi ( 30 ms) ou plus typiquement dédoublé;

Ø l'obtention d'un bloc du deuxième degré infra-nodal pour des fréquences de

stimulation relativement basses (150/min).

Le risque de manifestation paroxystique est lié au degré du bloc auriculo-ventriculaire et à l'existence d'anomalies de conduction intra-ventriculaires associées. Des épreuves de stimulation à l'ajmaline permettent d'estimer ce risque.

B - Formes selon le degré du bloc AV

1 - Blocs AV du premier degré

Ils sont le plus souvent asymptomatiques sauf lorsque l'espace PR est supérieur à 300 ms. Dans ce cas la contraction atriale se fait sur des valves auriculo-ventriculaires partiellement fermées et sera responsable de signes d'insuffisance cardiaque droite. On peut percevoir à l'auscultation un galop de sommation.

2 - Blocs AV du deuxième degré

Ils peuvent être découverts à l'occasion de dyspnée d'effort, d'asthénie ou de lipothymies. Cependant ils n'entraînent des signes fonctionnels qu'en cas de bradycardie importante ( BAV de haut degré, bradycardie sinusale ) ou de cardiopathie sous-jacente.

Les blocs AV de type I ou II sont responsables d'intermittences ventriculaires qui se différencient des extrasystoles prématurées par la constatation de « trous » perçus simultanément à l'auscultation cardiaque et la prise du pouls.

3 - Blocs AV du troisième degré

Ils sont rarement asymptomatiques. Même en l'absence de signes fonctionnels, ils se traduisent par une sémiologie clinique qui permet de suspecter le diagnostic avant la réalisation de l'électrocardiogramme. Le pouls est lent en permanence, non influencé par les manoeuvres vagales ou l'effort.

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