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La lutte contre le traffic illicite des biens culturels

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par Hassan ZAKRITI
Université Mohammed V - Faculté de Droit - Maitrise en Droit Privé 2006
  

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VI. LES INSTRUMENTS INSTITUTIONNELS

La convention de 1970 dans son Préambule précise que les musées, les bibliothèques et les archives, en tant qu'institution culturelles, doivent veiller à ce que la

constitution de leurs collections soit fondée sur des principes moraux universellement reconnus, et que, pour être efficace, la protection du patrimoine culturel doit être organisée tant sur le plan national qu'international et exige une étroite collaboration entre les Etats.

C'est dans cet esprit que les pays soucieux de leur patrimoine culturel, se doivent doter leur cadre institutionnel de structures ayant la compétence de veiller à la sauvegarder et la promotion de leurs biens culturels convoités, à la répression du trafic illicite ainsi qu'a leur retour éventuel. Des structures dont la compétence pouvant aller de la simple prévention et la répression, jusqu'à la coopération internationale en matière de coordination policière, douanière et professionnelle.

4.1. Les oranges gouvernementaux :

La nature des organes et leurs attributions dépend de la capacité des pays à s'engager dans le processus, à mobiliser les ressources humaines, financières et logistiques. Généralement, il existe trois types d'oranges dont l'action s'inscrit dans cette dynamique : les services chargés du patrimoine culturel, la police et la douane.

Si l'action des premiers s'inscrit dans une démarche purement préventive à l'image des musées, les deux autres agissent une fois le processus du trafic devient réel : leur action est répressive.

La gestion des musées dans le monde tend vers une mise à niveau en termes de méthodes de conservation et d'acquisition. Dans la plupart des pays qui souffrent du phénomène du trafic illicite, les organes chargés du patrimoine culturel ne disposent pas de pouvoir de police. Le plus souvent, l'inventaire de ces biens leur fait défaut, ce qui fausse l'appréciation de l'impact du phénomène car ces biens échappent à leur contrôle et c'est alors aux services de police qu'incombe la tâche de répression au niveau interne. Malheureusement, ces services sont incompétents quant à la détermination de la qualité patrimoniale de ces biens et leur compétence est limitée aux frontières nationales. D'où le recours aux services de Douane qui sont souvent les plus aptes à agir dans ce sens, d'autant plus qu'une mise à niveau au niveau international commerce à s'instaurer quant à leurs méthodes de travail.

En effet, On considère généralement le contrôle douanier comme le principal moyen de détecter le trafic de biens culturels et de faire respecter la législation visant à l'interdire. Il faut organiser les programmes spéciaux de formation afin de faire prendre davantage conscience aux fonctionnaires de la police et aux agents des douanes de la gravité de ce type de trafic.

Pour faire échec à ce trafic, policiers et douaniers doivent avoir de solides connaissances et être en fait capables de reconnaître les objets protégés. Il faudrait donc faire en sorte que des archéologues et des conservateurs de musées puissent communiquer de l'information détaillée aux agents susceptible d'être confrontés à ce problème.

Une autre possibilité consisterait à renforcer la collaboration entre les services de douane et les services culturels, par exemple, en affectant un archéologue ou un historien de l'art aux services de douane.

4.2. Les organismes intergouvernementaux :

Les organes de prévention et de répression du trafic illicite des biens culturels se voient pour différentes raisons mener des actions en réseaux, et ce à tous les niveaux. Ainsi, quatre organes à vocation internationale agissent contre la prolifération du commerce illicite des biens culturels dans le monde :

4.2.1 Le Comité intergouvernemental de l'UNESCO pour la promotion du retour de

biens culturels à leur pays d'origine ou de leur restitution en cas d'appropriation illégale 9:

Tous les pays n'ont pas adhéré à la Convention de l'UNESCO de 1970, de sorte que les règles qu'elle énonce pour le retour ou la restitution de biens culturels ne s'appliquent pas en tous lieux. Même entre Etat partie, il arrive que la Convention ne s'applique pas, parce que l'objet en litige a été exporté avant son entrée en vigueur.

Nombreux, donc sont les cas ou deux pays se disputent la propriété d'un bien culturel. Très souvent, le différend oppose d'anciennes colonies à d'anciennes puissances coloniales. Pour promouvoir l'instauration d'un dialogue plus constructif dans ce type de cas, la Conférence générale de l'UNESCO a créé, en 1978, le Comité intergouvernemental pour la Promotion du retour de biens culturels à leur pays d'origine ou de leur restitution en cas d'appropriation illégale. Il s'agit d'un orange subsidiaire de la Conférence générale de l'UNESCO. Ses membres représentent 22 Etats et sont renouvelés par moitié lors d'élections

9 Pernille Adkerud & Etienne Clément,op.cit,p.53

qui ont lieu tous les deux ans pendant la session de la Convention générale. Le comité remplit une fonction consultative et offre un cadre de discussion et de négociation. Avant de lui soumettre un cas, l'Etat demandeur doit engager des négociations bilatérales avec l'Etat entre les mains duquel se trouve l'objet réclamé. Le Comité ne peut être saisi qu'en cas d'échec ou de suspension de ces négociations. La procédure est exposée dans les statuts du Comité, qui définissent également la composition de ce dernier, ses objectifs et ses compétences.

Cependant, le pays demandeur peut toujours consulter le Secrétariat de l'UNESCO qui le conseillera sur la démarche à suivre.

A sa deuxième session (1981), le Comité a élaboré un formulaire type pour les demandes de retour ou de restitution. Pour saisir le Comité, les deux parties concernées doivent remplir le formulaire en coopération. Cette procédure permet d'obtenir une description objective du bien et un historique susceptible de servir de base aux négociations.

4.2.2 L'INTERPOL 10

L'Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC)- mieux connue sous le nom d'Interpol est une organisation intergouvernementale dont le but principal est de faciliter la coopération entre les forces de police de par le monde. A cette fin, chacun de ses 178 pays membres s'est doté d'un bureau, le BCN d'Interpol (Bureau central national d'Interpol), dont les agents sont formés par l'Interpol.

L'Interpol se consacre à la lutte contre la criminalité internationale. Face à la multiplication des délits relevant du trafic illicite de biens culturels, l'Interpol a adopté un programme spécialement consacré à ce problème.

Parmi les grands moyens utilisés par l'Interpol pour lutter contre le trafic illicite de biens culturels volés, figurent les notices internationales de recherche d'objets volés que le secrétariat général produit et diffuse régulièrement. Quand un vol est découvert, le Bureau compétent d'Interpol adresse au siége de l'Interpol les renseignements concernant la date et le lieu du vol, la description des objets volés et des photographies des objets disparus, ainsi qu'une demande de publication de notice. Il utilise pour cela un formulaire type (CRIGEN/ART) spécialement conçu par l'Interpol à cette fin. L'information ainsi fournie est ensuite introduite dans la base de données de l'Interpol et sert à établir une notice, rédigée en

10 Pernille Adkerud & Etienne Clément,op.cit,p.54

anglais et en français. Les notices sont adressées à tous les Etats membres de l'Interpol afin qu'ils les distribuent aux services de police et de douane, aux musées, aux salles des ventes, aux antiquaires et aux prêteurs sur gages. Plus la diffusion est large, plus efficace est la recherche, L'effet potentiel de ces notices est considérable dans la mesure où leur publication peut rendre impossible la vente de certains objets. Malheureusement, les vols commis sont loin d'être déclarés en assez grand nombre à l'Interpol.

Outre la coopération internationale entre services de police, l'Interpol estime qu'il est très important d'encourager des contacts plus larges entre services de douane, professionnels des musées et organisations internationales. C'est pourquoi elle joue maintenant un rôle actif dans les conférences et les ateliers de formation organisés par l'UNESCO et l'ICOM.

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