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Guide touristique aux pays des CHO, à  l'usage des managers


par Emilie GAUTIER
EM Lyon - Master Management des unités opérationnelles 2018
  

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2. La France : un contexte particulier

Ce n'est que depuis trois ans que les articles sur les CHO fleurissent partout en France. Mais malgré les études, notre pays reste en marge. La culture française y est pour beaucoup.

Marie-Pierre Feuvrier s'est intéressée aux freins du développement du bonheur au travail. Dans son article9, elle énumère ces facteurs et appuie sa démonstration par des vérifications expérimentales.

· La religion chrétienne dont hérite la France associe plaisir pulsionnel et mal. Adam en cédant à la tentation de l'arbre de la connaissance est punipour toujours : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain. »18, remplacé courammentpar « tu travailleras à la sueur de ton front. » Travail rime donc avec pénibilité. En effet, l'enseignement du catéchisme se fait dès notre plus jeune âge dans les écoles primaires privées. Jusque dans les années 90, le nombre d'élèves inscrits en école privée était supérieur au public. Les anciennes générations ont donc été éduquées ainsi.

· L'éducation scolaire joue donc un rôle prédominant dans notre rapport au travail. « L'école avait pour fonction principale et officielle de préparer les jeunes à leur avenir et à l'obtention d'un métier » (Snyders, 1986). Mais elle ne se préoccupait pas de faire de nous des hommes réfléchis, conscients et à l'écoute de nos émotions. Elle ne nous formait pas sur notre introspection. Comment savoir comment être heureux si l'on ne nous a jamais posé la question ? L'école en France ne nous apprenait pas suffisamment que « l'erreur a un statut positif ». L'apprentissage, le travail n'a pas de réelle connotation positive.

« Quand on aura compris dans ce pays qu'on apprend en se trompant, on reconstruira l'écoledifféremment »Jacques Attali, Le Monde Éducation, 10 novembre 2010

· La formation professionnelle qui dans sa continuité forme au savoir-faire et oublie savoir-être (Ségal, 2006). Or aujourd'hui, les recruteurs dont je fais partie cherchent plus des personnes dotées de qualités relationnelles que de compétences professionnelles. Il est facile d'apprendre et de transmettre une technique mais délicat et très complexe de travailler sur des facteurs aussi interpersonnels que sont les savoirs-être. C'est bien là que le bât blesse.

Sans oublier que la France conserve son titre de Championne du Monde de pessimisme (Gallup, 2012). En temps de crise, les français ont tendance à prescrire le rationnement et non le développement : les budgets sont resserrés et les investissements liés au projet « bonheur des salariés » sont gelés.

18- Génèse 3, 19, bible

De plus, notre culture professionnelle française nous pousse à travailler plus. Dans certains pays comme chez nos voisins anglais, plus le salarié reste tard au travail et plus il est considéré comme désorganisé. En France, nous faisons pour faire et non par besoin, mission ou envie. Il est nécessaire de faire pour être « bien vu », « bon professionnel », pour mériter notre dû, notre salaire, notre reconnaissance, notre confiance.

Les conséquences sur notre vie personnelle, notre stress et le peu de temps que nous accordons à notre propre personne et notre famille, sont nombreuses. Cela rend difficile l'épanouissement au travail.

En sortie de guerre, les français ont eu peur de manquer. Travailler, travailler toujours plus était donc la nouvelle devise. Quitte à grappiller des heures sur notre vie privée : nos enfants auront ce que nous n'avons pas pu avoir ! Il est donc difficilement concevable de changer les mentalités en France du jour au lendemain.

« J'ai observé lecomportement des générations et on s'aperçoit queles jeunes de ladernière génération Z, voire

de la Y, s`ils n'ont pas des conditions de travail favorables à leur épanouissement, ne sont pas motivés et ne s'investissent pas. Avant, tu allais au travail parce que tu avais besoin d'un salaire, que tu sois manutentionnaire ou responsable, tu en avais besoin d'un travail pour nourrirta famille, c'était pécuniaire ; plus aujourd'hui.

Depuis les années 2000, la retraite des baby-boomers s'allonge et les jeunes poussent au portillon. Cette cohabitation ancienne-nouvelle génération est à prendre en considération dans la dynamique du bien-être au travail.

Les générations Y et Z sont plus à l'écoute de leurs besoins : plaisir, transparence, écoute, relations, etc. Elles sont très sensibles à l'équilibre vie privée - vie professionnelle. La guerre des talents est lancée pour pallier aux départs des anciens qui sont plus nombreux que le nombre des jeunes arrivant sur le marché. Le CHO peut être une réponse afin d'attirer les nouvelles générations.

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