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L'insertion et le maintien des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail

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par Sandie GRESSE
Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Lille 2 - Master 2 professionnel de droit social 2004
  

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CHAPITRE II

LES SOLUTIONS DE MAINTIEN DANS L'EMPLOI

L'accès à l'emploi des travailleurs handicapés soulève des difficultés particulières d'ordre tant économique que culturel. L'embauche ou le maintien dans l'emploi d'une personne handicapée induit souvent des surcoûts transitoires ou pérennes pour la personne handicapée elle-même (frais engendrés par les trajets domicile-travail, diminution ou suspension de certaines allocations...) ainsi que pour l'entreprise qui l'emploie. Du point de vue de cette dernière, ces coûts supplémentaires peuvent être liés à un rendement inférieur à celui d'un travailleur valide, à la nécessité d'aménager le poste de travail et son environnement, ou encore à l'exigence d'un accompagnement renforcé par l'encadrement. A ces difficultés économiques s'ajoutent les préjugés fréquemment défavorables des employeurs non seulement sur la capacité du travailleur handicapé à s'intégrer mais aussi sur celle de l'entreprise à l'accueillir.

En milieu ordinaire, le travailleur handicapé relève, comme tous les autres salariés, du Code du travail et de la convention collective qui s'applique à l'entreprise avec cependant trois particularités :

La possibilité d'abattement de salaire, compensée pour l'intéressé dans le cadre de la garantie de ressources des travailleurs handicapés ; l'allongement de la durée du préavis en cas de licenciement d'un salarié comptant pour plus d'une unité bénéficiaire ; l'existence d'emplois protégés (si besoin à mi-temps) pour lesquels est prévue une période d'adaptation pouvant atteindre 6 mois.

Face à cette situation, les pouvoirs publics et leurs partenaires ont mis en place un certain nombre d'outils spécifiques, les aides financières d'une part (I) et les actions menées d'autre part (II), pour inciter les entreprises à recruter ou à conserver des travailleurs handicapés. Ces dispositifs, qui s'adressent tantôt aux personnes handicapées tantôt aux employeurs, voire aux organismes de placement et de formation, conjuguent obligations légales, incitations financières, et actions de sensibilisation, d'insertion et de formation.

I. Les aides financières spécifiques

A. Les aides à la personne

q L'allocation compensatrice pour frais professionnels

Cette prestation, financée et attribuée sous condition de ressources par le Conseil général sur la base de l'appréciation fournie par la COTOREP des frais spécifiques engendrés par l'activité professionnelle du travailleur handicapé, vise à compenser les coûts supplémentaires imputables au handicap (transport, acquisition de matériel, aménagement du véhicule). Les personnes handicapées présentant un taux d'incapacité d'au moins 80% (selon les critères d'évaluation appliqués pour l'ouverture des droits au titre de l'AAH81) et exerçant une activité professionnelle à temps plein ou à temps partiel, en établissements protégés comme en milieu ordinaire peuvent prétendre en bénéficier. Son montant, arrêté après avis de la COTOREP est variable et sa durée d'attribution est le plus souvent modulée en fonction de la durée d'amortissement des équipements achetés ou des délais de paiement accordés.

q La rémunération des stagiaires de la formation professionnelle

Les demandeurs d'emploi ayant la qualité de travailleur handicapé peuvent bénéficier d'une rémunération spécifique s'ils suivent une formation agréée. Cette rémunération, versée est financée par l'Etat ou par la région selon l'autorité qui par voie de convention a accordé son agrément à la formation suivie. L'admission en stage est prononcée par le centre de formation sur le fondement de l'orientation décidée par la COTOREP (lorsque la formation est dispensée par un centre de rééducation professionnel) ou par l'ANPE (dans le cas des actions financées par le FNE). La rémunération, imposable, varie en fonction de la situation des bénéficiaires au regard de l'emploi avant leur entrée en stage.

81 Allocation adulte handicapé attribuée aux personnes dont le taux d'incapacité est au moins égal à 80 % ou aux personnes dont le taux d'incapacité est inférieur à ce taux et au moins égal à 50 % et qui sont, compte tenu de leur handicap, dans l'impossibilité reconnue par la COTOREP de se procurer un emploi. La COTOREP apprécie cette incapacité sur la base d'un guide barème pour l'évaluation des déficiences et incapacités de personnes handicapées. En plus des conditions médicales, l'AAH est soumise à des conditions administratives examinées par les CAF ou les CMSA, à savoir : âge, nationalité, résidence et ressources.

1:1 Les aides techniques et humaines

Cette aide, mise en place et versée par l'AGEFIPH, a pour objet d'aider les personnes handicapées en situation de recherche, d'accès ou de maintien dans l'emploi à définir et à concrétiser des solutions individualisées de compensation de leur handicap.

Elle représente une participation au financement de l'acquisition de matériels dans la limite d'un plafond de 9 150 € ; de la prise en charge de la formation à l'utilisation de ce matériel dans la limite d'un plafond de 385€ par jour ; de prestations dans le domaine de la communication (interprétariat en langue des signes...) dans la limite de 9 150€ / an; De l'accompagnement par des auxiliaires professionnels dans la limite de 9 150€ / an.

Dans le cadre de la lutte contre les obstacles à l'insertion professionnelle, les principales aides humaines sont les auxiliaires professionnels, les aides humaines à la communication : Interprètes LSF (langue des signes française), codeurs LPC (langage parlé complété), preneurs de notes et transcripteurs; Ainsi que les aides humaines à l'accompagnement spécifique : Interfaces de communication, soutiens pédagogiques, tuteurs et médiateurs.

L'aide technique82 permet de développer l'autonomie, d'augmenter la sécurité ou le confort. Elle a aussi un rôle de prévention et facilite la vie de la personne handicapée comme celle de son entourage professionnel. Il s'agit de « tout produit, instrument, équipement ou système technique utilisé par une personne handicapée, fabriqué spécialement ou existant sur le marché, destiné à prévenir, compenser, soulager ou neutraliser la déficience, l'incapacité ou le handicap »83. L'aide technique est par essence individuelle.

Dans la vie professionnelle, l'autonomie commence par la capacité à se rendre sur le lieu de travail. L'achat d'un véhicule et son aménagement sont souvent indispensables. Un appareil auditif, un fauteuil roulant, une canne blanche ou un chien guide sont des aides techniques sans lesquelles certaines personnes handicapées ne pourraient aller travailler. Sur le lieu de travail, un siège ergonomique, un éclairage particulier, un ordinateur avec un clavier Braille ou un logiciel spécifique constituent des aides techniques fréquemment demandées et indispensables.

82 Cf. Supra, Partie I, Chapitre II, Paragraphe I

83 Norme ISO 9999

L'insertion et le maintien des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail 1:1 La prime à la création d'activité"

Cette prime vise à favoriser les initiatives des personnes handicapées qui souhaitent créer leur propre emploi en s'engageant dans une activité indépendante. D'un montant maximum de 10 675€, cette subvention à la création d'activité doit être impérativement utilisée au financement du démarrage de l'activité et est subordonnée à un apport personnel minimal de 1 525€. L'AGEFIPH peut par ailleurs contribuer au financement d'une formation à la gestion dans la limite de 250 heures.

Le créateur ou le repreneur de l'entreprise doit diriger la société et détenir au moins 50% de son capital. A l'appui de sa demande, il doit présenter un dossier comprenant notamment l'étude de marché, le plan de financement et les comptes d'exploitation prévisionnels. En cas de cession de l'entreprise ou de cessation de ses activités durant les trois premières années, le remboursement de la subvention sera exigé.

L'AGEFIPH apporte en outre des financements à des réseaux, généralement spécialisés, d'accueil et d'accompagnement des créateurs ayant la qualité de travailleur handicapé. Les organismes d'insertion et de placement intervenant sous le label CAP EMPLOI peuvent également aider ces candidats à la création ou à la reprise à monter leur dossier de demande de subvention.

1:1 La subvention d'installation

Cette aide, définie par les articles R. 323-73 et D. 323-17 du code du travail, est financée et attribuée par l'Etat (préfet et DDTEFP). Elle est destinée à accompagner l'installation des travailleurs handicapés dans une profession libérale ou indépendante. Il s'agit d'un apport en fonds propres devant être obligatoirement affecté à l'acquisition ou à l'installation des équipements nécessaires au démarrage de l'activité. La demande est instruite par la COTOREP qui propose un avis au représentant de l'Etat.

Pour être admis au bénéfice de cette aide, les travailleurs handicapés doivent avoir été reconnus aptes par les COTOREP à l'exercice d'une activité indépendante en milieu ordinaire. Ils doivent en outre avoir effectué un stage de rééducation professionnelle ou de formation professionnelle ou bien être diplômé de l'université.

Le montant maximum de cette subvention, fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l'emploi et du budget, est de 2 300€. Son versement donne lieu à l'établissement d'une convention précisant en particulier l'objet de son utilisation.

84 Cf. Annexe 3

q

La prime à la rééducation professionnelle

La prime de fin de rééducation professionnelle s'adresse aux travailleurs qui ont suivi une formation aux fins de reprendre leur activité après un accident de travail ou à la suite d'une maladie professionnelle. Mise en oeuvre par la Sécurité sociale (CPAM et régimes agricoles), elle vise à aider le travailleur à faire face aux frais occasionnés par ce retour à l'activité. Son montant est fixé par le conseil d'administration de la caisse territorialement compétente, à l'intérieur d'une fourchette allant de trois à huit fois le plafond du salaire servant de base au calcul de l'indemnité journalière.

1:1 Le prêt d'honneur

Il s'agit d'un prêt à taux bonifié d'une durée maximale de 20 ans distribué par les caisses d'assurance maladie en vue de faciliter, à l'issue d'un stage de rééducation professionnelle, le reclassement des travailleurs accidentés du travail ou victimes de maladie professionnelle.

D'un montant maximum égal à 180 fois le plafond du salaire de base de l'indemnité journalière, il doit être obligatoirement utilisé au financement du démarrage d'une entreprise -- y compris une exploitation agricole -- que l'intéressé s'engage à exploiter personnellement. Ce prêt peut être cumulé avec la subvention d'installation.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius