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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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2. Relations de proximité, le rapport aux voisins.

a. Relations entre voisins.

« Les règles du système à maison codifient et organisent les relations entre les maisons et leurs résidents au sein du tissu social villageois. Ainsi les voisins situés géographiquement de façon contiguë à une maison de référence sont en position de relations d'entraides et d'échanges privilégiés et obligatoires avec cette maison287(*) ». Les voisins sont les membres des familles habitants les maisons à proximité immédiate, l'habitat Lorrain étant ramassé, les maisons pour la plupart sont mitoyennes, ce qui rend les familles géographiquement proches les unes des autres. Rolande Bonnain voit dans les relations de voisinage, trois principes fondamentaux qui sont ; l'entraide, la proximité physique, et la sociabilité288(*). La relation au voisin est cependant ambivalente, il est tantôt un aide précieux sur lequel les familles s'appuient, tantôt un individu détesté. Deux maisons en froid l'une avec l'autre sont capables de se quereller pendant des années289(*).

b. Relations cordiales.

« Le voisin c'est celui qui intervient dans l'urgence, lorsqu'il faut éteindre un incendie, rattraper un voleur ou interrompre une querelle domestique. C'est aussi celui avec lequel on se rend au chef-lieu ou à la foire, et qui vous raccompagne à la nuit venue, quand il devient dangereux de cheminer seul290(*) ». Le voisin apparaît dans l'idéal comme un individu avec lequel un habitant et sa famille sont liés, l'hiver ils se réunissent à tour de rôle l'un chez l'autre pour économiser le combustible et se retrouver avec d'autres villageois.

Lors des conflits, les voisins sont toujours d'une aide précieuse en portant secours aux violentés. On se souvient ainsi de Marie Anne Mignet une femme alcoolique battant son mari. Celle-ci est interrompue durant le passage à tabac par un riverain, « un voisin le sieur Joigny s'était déjà approché et s'était introduit de force dans la maison ayant entendu des cris lugubres291(*) ». De même, à Liffol-le-Grand292(*), Quivin Léger est assailli durant la nuit par une bande de jeunes éméchés. Les délinquants lancent des pierres sur la façade du domicile de la personne âgée. Quivin tente de protéger sa maison en sortant sur le pas de la porte et en menaçant de les dénoncer à la police, en vain, le vieillard est même atteint par les projectiles. Après avoir crié à l'aide, les voisins accourent et ont finalement réussi à faire déguerpir les rôdeurs.

Avoir de « bons voisins » est une aide utile qui permet de se prêter mutuellement des ustensiles agricoles et des objets courants. Marguerite Lambert à Neufchâteau se fait ainsi prêter « une corde avec laquelle elle avait tiré son eau et qu'elle avait emprunté au nommé Jean Cuny son voisin qui lui avait recommandé expressément de ne la prêter à personne293(*) ».

Le prêt n'est pas un geste anodin, prêteur et requérant entrent dans une relation déséquilibrée qui nécessite en retour une contre-prestation ou une aide physique lors des travaux agricoles, voir un faux témoignage294(*). Lorsque que les conditions de l'échange sont respectées les deux voisins liés par le prêt en retirent tous deux autant d'avantages, mais il peut arriver que cet échange soit source de conflits si l'un des deux individus tarde à rendre son bien au prêteur.

* 287 MERCIER, C « Ethnographie des archives officielles de l'État civil : une société en filigrane », Ateliers, 32, L'ethnologue aux prises avec les archives, 2008, [En ligne].

Consulté le 26/23/2009.URL :  http://ateliers.revues.org/document2832.html.

* 288 BONNAIN, R, Une économie de la sociabilité : entraide, échange et relations de voisinage dans un village Pyrénéen, in GOY, J, (dir.), Les Baronnies des Pyrénées, Paris, EHESS, 1981, p 169.

* 289 Cf : Annexes d'illustration, Annexe XVII. Carte des plaignants et des accusés de Grand selon leur emplacement au sein du village). p 202.

* 290 PLOUX, F, op, cit., p 61.

* 291 AD Vosges, 22u42, Punerot, 1810.

* 292 AD Vosges, 22u43, Liffol-le-Grand

* 293 AD Vosges, 22u44, Neufchâteau, 1810.

* 294 PLOUX, F, op, cit., p 65.

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