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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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c. Mauvaises entente entre riverains.

Dans quelques situations extrêmes, les relations entres familiers dégénèrent suite à ces prêts, à Neufchâteau en 1812, deux mères de famille habitant une maison en commun en viennent aux mains. L'une des deux femmes réclame à l'autre « une boîte en sapin et une pelle qu'elle lui avait prêté, et lui a donné un soufflet295(*) », en l'insultant de voleuse. Pour François Ploux, les relations de voisinages reposent sur un aspect social et sur un aspect économique incarnés par les multiples prêts et contre-prestations. « La persistance d'une relation de ce type traduit une bonne entente entre les maisons concernées ; son interruption prélude en général un conflit296(*) ».

La promiscuité est également la source de nombreuses altercations, les deux néocastriennes habitent l'une au dessus de l'autre. Marie Françoise Géliot vit à l'étage et semble assez bruyante ce qui exaspère sa voisine du rez-de-chaussée, « lassée d'entendre chanter la dite Géliot qui habite une chambre au-dessus de son poêle297(*) ». La voisine de plain-pied « s'introduit chez Marie Françoise » où les deux femmes se battent, Marie Géliot reçoit alors un coup de pelle à feu.

La proximité contrevient au besoin d'indépendance de certains individus, bon nombre de conflits ont ainsi pour origine la mitoyenneté des jardins. Les « conflits de potagers » sont nombreux, toutes les familles ont un jardin à l'arrière de leur maison. La culture de légumes est répandue et permet de palier les carences alimentaires et les disettes. Ces cultures sont vitales et sont précieusement gardées, surtout contre les animaux du voisin qui ne ratent jamais une occasion de venir picorer dans les plates-bandes d'à côté. Le jeune Pierre Husson de Martigny-les-Lamarche dans son jardin « gardait du blé contre l'accès des poules298(*) », celles-ci se montrant particulièrement attirées par les grains, le jeune garçon vise les poules avec des pierres qui tombent dans le jardin des voisins. Thérèse Pierrot ayant remarqué les cailloux de son jardinet « se jette sur lui et lui donne des coups, puis va chercher des ciseaux et lui coupe le derrière des oreilles jusqu'à effusion de sang299(*) ».

La défense de sa propriété s'accompagne couramment de ces violences extrêmes, on se souvient de Joseph Petitjean d'Happoncourt qui avait mortellement blessé son voisin Hubert Ory lors d'une dispute à propos de la divagation de poules son jardin.

Sur le graphique représentant les plaignants et les accusés selon leur position géographique au sein du village, on observe que les violences entre voisins sont peu nombreuses300(*). Seuls deux problèmes de voisinages transparaissent en cinquante années. Le 8 mars 1817 par exemple, Libaire Maugras, fille marchande de clous vole une miche de pain dans le four de Jean Gahon, son voisin301(*).

Les relations entre riverains sont majoritairement saines, hormis les deux vols en période de disette, qui illustrent surtout la désorganisation des rapports sociaux en période de crise aigüe. Les rapports de voisinage sont essentiels, aucun individu ne prendrait le risque de briser ce lien privilégié pour des raisons futiles. Le voisinage est le deuxième niveau de sociabilité de la commune, ensuite les familles peuvent se trouver de nombreux intérêts communs jusqu'à former des coteries voir des clans pour les familles les plus influentes.

* 295 AD Vosges, 22u44, Neufchâteau, 1811.

* 296 PLOUX, F, op, cit., p 66.

* 297 Ibid.

* 298 AD Vosges, 22u43, Martigny-les-Lamarche, 1810.

* 299 Ibid.

* 300 (Cf : Annexes d'illustration, Annexe XVII. Carte des plaignants et des accusés de Grand, selon leur emplacement au sein du village. p197).

* 301 AD Vosges, 22u52, Grand, 1817.

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