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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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c. Composition, origine et rôle des solidarités.

Les membres de ces clans sont majoritairement des individus au sommet de l'échelle sociale du village. Lors d'une séance d'adjudication publique on apprend que François Cottenot, Jean Gérard Lainé, Nicolas Régnier Lainé, Joseph Hubert Poinsot, Dominique Poinsot, Alexandre Durand, sont tous propriétaires. Le groupe numéro deux est donc uniquement composé de propriétaires, tandis que le numéro un est composé du maire, de l'appariteur et également de propriétaires.

Ces solidarités seraient donc établies sur une origine sociale similaire, c'est-à-dire la petite et la moyenne propriété. Dans un pays de parcellisation extrême même les petits propriétaires peuvent apparaître comme nantis. Les propriétaires témoignent spontanément pour défendre l'un des leurs. Etre propriétaire sous-entend devoir protéger ses terres contre les menaces extérieures, incarnées par les bestiaux en vaine pâture, les grappilleurs de récoltes, et les petits laboureurs.

Cette homogénéité sociale n'est cependant pas la règle, puisque le groupe numéro trois est composé essentiellement de petits artisans. François Cottenot est propriétaire terrien, les frères Tabouret sont cloutiers, tout comme Vincent Durand. Etienne Durand est sans doute lui aussi cloutier à moins qu'il ne soit colporteur comme sont quatrième frère. Enfin, Etienne Chevillot l'homme pour qui tout ce groupe se mobilise est l'instituteur du village. Cette entente temporaire est principalement composée d'artisans, on peut sans doute y voir une trace de corporatisme, en effet « la clouterie exerce un grand nombre de bras dans le département ; nulle part ailleurs elles ne fabriquent sur une plus vaste échelle que dans le village de Grand. Elle y occupe constamment 170 hommes et 80 enfants, en tous 350 ouvriers306(*) ». Le soutien que portent ces artisans à Chevillot paraît donc étonnant.

Une autre explication à ces réseaux de solidarité pourrait être politique, le maire apparaissant comme un monarque local. Adjoints, membres du conseil, gardes champêtres et appariteurs forment sa cour. Le maire Grojean en 1840, en conflit contre Chevilllot, peut ainsi compter sur trois de ses conseillers pour témoigner en sa faveur. En 1826, le garde du village se fait ravager son jardin par le futur appariteur Jean-Baptiste Bertrand, ce dernier qui n'est par encore établi se révèle turbulent, le garde Collot lui confisque son arme et pour se venger Jean Baptiste Bertrand lui arrache « cent têtes de choux307(*) ». Lors du jugement du jeune homme, le maire témoigne en faveur de son garde champêtre. Les adjoints agissent de la même manière en défendant systématiquement le maire. En 1837, Jean Baptiste Rollet témoigne ainsi en faveur de son maire plaignant dans une affaire d'outrage contre Etienne Chevillot.

Les réseaux de solidarité les plus solides dans les villages du canton sont constitués des élites économiques et politiques. Les coteries du canton sont capables de placer des candidats à la mairie. La famille du maire de Grand est visiblement puissante, Etienne Chevillot y fait allusion en disant au maire « que sans sa famille il n'aurait pas la place qu'il occupe308(*) ». Le clientélisme s'il existe, se limite à l'influence du maire sur son réseau de solidarité, et des membres de la coterie sur leurs ouvriers agricoles, voir sur des paysans pauvres du village dépendants économiquement.

* 306 LEPAGE, H, CHARTON, Ch, op. cit., p 1008.

* 307 AD Vosges , 22u43, Grand, 1810.

* 308 AD Vosges, 22u81, Grand, 1840.

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