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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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c. Mises en gardes et menaces.

L'insulte représente souvent une étape vers la violence physique, elle constitue alors une forme de provocation qui va en suite plus loin à force de menaces et autres affronts. Aurore Véron distingue deux types de menace, les plus anciennes sont d'avantages tournées vers la propriété, tandis que les menaces les moins inscrites dans le temps sont essentiellement tournées vers les personnes348(*).

Parmi ces mises-en garde anciennes les menaces d'incendie sont importantes. A Mont-près-Ische, le 9 mai 1811 Antoine Régnier Lejeune est condamné « pour avoir répandu l'alarme dans cette commune en menaçant de l'incendier349(*) ».

Les menaces qu'Aurore Véron qualifie de récente sont les plus nombreuses.

Celles-ci sont parfois le fruit de la colère. Ainsi, Dominique Colardé de Sérécourt fait pâturer ses bestiaux en 1810, « quand (Claude) Bourgeois étant venu l'y trouver la frappé sans aucune provocation de plusieurs coups de poings si violents qui l'ont renversés à terre350(*) ». Dominique Colardé se relève tant bien que mal et invective son agresseur qui prend la fuite, « en le menaçant qu'il payerait que quand il le trouverait il lui casserait les os351(*) ». La mise en garde révèle surtout une frustration, vexée de s'être fait rosser, la victime cherche surtout à sauver ce qui peut l'être.

Les menaces sont souvent plus directes, à Grand, le fameux Jean Baptiste Biez dont nous avions précédemment étudié le comportement violent est en froid avec son frère depuis de nombreuses années. Un jour Jean Baptiste Biez menace son frère qui rentre des champs, et l'  « a mis en joue avec menace lui disant que s'il osait dépasser une certaine limite qu'il lui a fixée en lui jetant son bonnet il lui aurait infailliblement tiré un coup de fusil352(*) ».

Le règlement d'un différent par la violence répond à des codes tacites. Les violences verbales multiformes sont destinées à ridiculiser l'adversaire. Lorsque l'opposant ne réplique pas, l'agresseur tient sa victoire. Dans le cas contraire, les insultes font place à une opposition physique.

* 348 VERON, A, op. cit., p 88-89.

* 349 AD Vosges, 22u43, Mont-près-Ische, 1811.

* 350 AD Vosges, 22u45, Sérécourt, 1811.

* 351 Ibid.

* 352 AD Vosges, 22u46, Grand, 1811.

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