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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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C. Aux marges et à l'extérieur de la commune.

Une commune comprend le village où vivent ses habitants, mais également des terres attenantes et des forêts plus ou moins fournies selon les localités. L'expression des délits est liée à des endroits particuliers au sein de la commune.

Dans le village certains lieux sont particulièrement exposés au délit. En dehors du bâti s'étendent les champs et la forêt, théâtres d'infractions particulières, majoritairement tournées vers la nature. La surveillance n'y est pas aussi importante qu'au village, ce qui peu influer sur l'intensité des pratiques «illégalistes«.

1. Les délits commis au village.

a. Les lieux d'expression privilégiés du délit au sein de la paroisse.

Figure 22, répartition géographique des délits.

Le premier graphique ci-dessus nous montre, que 47,45 % des délits se commettent dans le village lui-même. C'est en effet le lieu de vie par excellence, c'est le lieu ou se trouve le plus de richesse attirant le vol. Les villageois y sont d'avantage concentrés que dans les autres parties de la commune ce qui accroit les risques de violences verbales ou physiques. La proximité y est à son comble et influe nettement sur le nombre de délits.

Figure 23, répartition géographique des délits commis dans le village.

Au sein du village, la répartition géographique des délits de la figure ci-dessus révèle que de nombreux délits ont pour théâtre les maisons. Celle-ci sont des lieux ouverts, lors des veillées de nombreux villageois sont invités, les visites sont nombreuses mais pas toujours heureuses comme en témoignent les 79 délits commis dans les maisons. Les vols et les dégradations gonflent les chiffres et constituent la majeure partie de ces délits.

Les débits de boissons sont également des hauts lieux de la délinquance367(*). Il s'agit, contrairement aux maisons, essentiellement de violence. Au début du XIXème siècle le rapport à l'alcool n'en est cependant qu'à ses balbutiements, « entre 1830 et 1900 la consommation moyenne de l'adulte se hausse de quinze litres d'équivalent alcool pur l'an à trente-cinq litres368(*) ». Les cabarets font souvent office de bal, où se massent les jeunes gens du village. En 1816, lors d'un bal à Autigny-la-Tour, Sébastien Noël après s'être passablement enivré « se courrouce sur la personne du garde Adam lui provoquant coups et blessures369(*) ». Arlette Farge souligne que « le cabaret est évidemment un catalyseur d'agressivité et d'échauffourées sanglantes370(*) », l'effet désinhibant de l'alcool exacerbe les susceptibilités, et met les buveurs dans des états seconds. Ainsi, à Grand en 1811, Jean Baptiste Bertrand épris de vin sort du cabaret et outrage le garde Collot. Lors de son interrogatoire le prévenu ne se souvient absolument de rien371(*).

De nombreux délits ont pour théâtre la rue372(*). Il s'agit là encore essentiellement de violence. La rue est un lieu de rencontre important, ce qui accroît le risque de tension. A Rollainville, en 1811, Anne Reynauld se fait ainsi poursuivre dans la rue par deux matrones du village qui lui jettent des cailloux avant de la battre373(*).

Les maisons ont toutes pignon sur rue, les habitants gardent toujours un oeil sur la rue et n'hésitent pas à agresser les passants avec lesquels ils sont en mauvais terme. A Coussey le 20 octobre 1823, Catherine Hierlé voit passer Thérèse Ariet dans la rue, Catherine « est sortie de sa maison et la assailli et lui a donné beaucoup de coups d'un bâton qu'elle avait dans sa main374(*) ».

* 367 (Cf : Annexes d'illustration, Annexe XVIII. Photographie. Midrevaux, café « Fleury », 1920. Au centre, joueurs de belotte, à droite le garde champêtre. p 203).

* 368 BERNARD, H, « Alcoolisme et antialcoolisme en France au XIXe siècle : autour de Magnus Huss, Histoire, économie et société, [En ligne].1984, n° 4, p 610. Consulté le 02/04/2009. URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_1984_num_3_4_1380.

* 369 AD Vosges, 22u52, Autigny-la-Tour, 1816.

* 370 FARGE, A, et ZYSBERG, A, « Les théâtres de la violence à Paris au XVIIIe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, [En ligne]. 1979, n° 5, pp, 1000, consulté le 22/04/2009. URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1979_num_34_5_294104

* 371 AD Vosges, 22u43, Grand, 1810.

* 372 (Cf : Annexes d'illustration, Annexe XIX. Photographie. Midrevaux, rue Neuve. p 202).

* 373 AD Vosges, 22u43, Rollainville, 1811.

* 374 AD Vosges, 22u65, Coussey, 1823.

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