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Réflexions sur la Société Commerciale Unipersonnelle dans le Droit OHADA

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par Christian Hervé MOBIO
Université catholique de l'Afrique de l'Ouest - Diplôme d'études approfondies en droit privé fondamental 2007
  

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CONCLUSION

On peut sans sourciller dire que l'année 1998 a été une date importante dans le monde des affaires en Afrique. En effet, l'entrée en vigueur de l'acte uniforme portant droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique institue une innovation dans le droit des sociétés commerciales africain. Désormais, la société à responsabilité limitée et la société anonyme peuvent être crées par un associé unique. Le législateur communautaire africain a institué cette innovation, dans le but de faire disparaître les sociétés commerciales fictives. En effet, sous l'ancienne législation, étant donné que la société commerciale unipersonnelle n'était pas permise, une personne s'associait avec d'autres mais en réalité il était le seul associé et les autres étaient des associés fictifs Aussi, dans le souci de permettre aux entrepreneurs individuels de gérer leurs activités en société, le législateur OHADA a institué la société commerciale unipersonnelle. Ainsi, contrairement à l'hypothèse de l'entreprise individuelle ou les créanciers disposent de tout le patrimoine de l'entrepreneur, dans la société unipersonnelle l'entrepreneur va limiter sa responsabilité, de sorte que seul le patrimoine de la société commerciale unipersonnelle sera à la disposition des créanciers sociaux, à l'exclusion de son patrimoine personnel.

De plus, la société commerciale unipersonnelle va permettre le développement de nombreuses petites et moyennes entreprises et par ricochet, résoudre le problème du chômage en Afrique.

Cependant, le législateur africain en permettant la création de la société commerciale unipersonnelle n'a pas pris soin d'édicter un corps de règles spécifiques à la société unipersonnelle de sorte qu'il faut procéder à des adaptations qui ne sont pas du tout aisées.

Lorsque nous nous situons au niveau de la constitution de la société unipersonnelle, il existe de nombreuses inadaptations comme par exemple, lors de la création ab initio, il existe des inadaptations relatives au consentement à l'objet du contrat de société

Même au niveau des conditions de forme, les difficultés d'adaptation sont multiples. Par ailleurs, l'analyse de la dissolution de société commerciale unipersonnelle, nous a fait comprendre qu'il n'y a aucune coordination entre les règles relatives à la société commerciale unipersonnelle, et les procédures collectives d'apurement du passif.

A l'intérieur de notre analyse, nous avons démontré que l'associé unique quelque soit l'option qu'il a choisi, c'est-à-dire d'être ou non le dirigeant social, jouit de pouvoir illimité. Quand il est le dirigeant social, l'associé unique règne en maître absolu dans la société commerciale, ce qui peut entraîner une confusion « active » de sa part entre les biens de la société et ses biens personnels. Aussi, cet abus de biens sociaux ne sera pas dénoncé puisqu'il n'y a personne pour le faire, aucun autre associé, souvent pas de commissaire aux comptes.

Quand il désigne un tiers en tant qu'organe de gestion, d'administration et de direction de la société unipersonnelle, il s'agit généralement d'une personne qu'il peut manipuler à sa guise. De toutes les manières, l'organe de direction ne peut pas, à l'état actuel de la législation sur le droit des sociétés commerciales s'opposer aux décisions, aux injonctions de l'associé unique. Le seul contrepoids aux décisions de l'associé unique que nous avons trouvé lors de nos réflexions est le commissaire aux comptes, qui doit être obligatoirement nommé dans les sociétés anonymes unipersonnelles.

Pour que cet objectif puisse être atteint, il faut que le législateur OHADA puisse procéder à une importante reforme de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du GIE. Celle-ci va consister en la mise en place des règles relatives à la société unipersonnelle, à travers un titre ou un chapitre de l'acte uniforme réservé à cet effet.

Pour mener à bien cette reforme, des consultations et des séances de travail doivent être organisées avec non seulement des praticiens du droit, mais aussi avec des hommes d'affaires notamment les entrepreneurs individuels. De plus, l'accès au crédit doit être facilité aux sociétés commerciales unipersonnelles dans la mesure où elles rencontrent d'énormes difficultés à obtenir des crédits auprès des banques et établissements financiers.

En tout état de cause, cette oeuvre innovatrice des rédacteurs de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales présente des limites notamment à cause de sa jeunesse et du manque d'application jurisprudentielles. Mais nous avons espoir que dans un avenir très proche, les législateurs Africains reviendront à l'ouvrage afin que la société unipersonnelle qui est porteuse d'espoir puisse l'être véritablement pour éviter aux entrepreneurs les nombreux désagréments qu'ils rencontrent en pratique.

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote