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Le management des digital natives

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par Adrien Lechevalier
ICD - International Business School Toulouse - Master II spécialisé Web Marketing & E Business 2014
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C. Synthèse des études

Pour introduire cette synthèse, on remarque que les digital natives ont conscience de ce qu'ils sont. Ils savent ce qu'ils représentent et reconnaissent leur usage intensif du web. Ils notent la fracture avec le monde de l'entreprise et n'acceptent pas forcément le modèle traditionnel qu'utilisent leurs managers pour tenter de les gérer. Les managers ont conscience de la fracture entre les deux générations et admettent même qu'ils sont plus durs avec les digital natives.

Pour synthétiser les résultats de l'ensemble de nos enquêtes, on note que les connaissances informatiques ne sont pas unanimement détenues par les digital natives. On peut synthétiser cela en disant que les digital natives ont une meilleure compréhension du Web 2.0. Pour les digital immigrants, ils ont une meilleure connaissance de la sécurité informatique semble-t-il (mais c'est aussi peut-être à cause de la trop forte représentativité d'employés ayant de très nombreuses formations sur ce sujet). En utilisant l'étude de Ester HARGITTAI et Y.P. HSIEH113 et en la comparant à nos résultats, nous remarquons que les digital natives français ont la plus haute moyenne des moyennes à 3,57 (soit 0,01 de plus que les digital immigrants) ce qui en fait la génération la plus compétente dans l'ensemble des connaissances de l'informatique et du web par rapport aux digital natives américains et aux digital immigrants français. Lors de l'un de nos entretiens semi-directif, Alice dira que « le digital c'est comme les langues, si tu immigres jeunes dans un nouveau pays, tu vas facilement devenir bilingue. C'est pareil pour nous, on est né dans le digital ça a été bien plus facile d'apprendre ». Même si nous sommes partagés par rapport à nos résultats, nous pouvons par notre étude empirique confirmer que les digital natives ont en général bien une meilleure connaissance du web et de l'informatique. Florence ARENOU, Médecin Chef au Logis des Francs, structure hospitalière, et manager de 40 salariés, et Delphine ROUDOT, Chef de Projet Digital

113 Eszter HARGITTAI et Y.P. HSIEH, Succinct Survey Measures of Web-Use Skills. Social Science Computer Review, 2012, p. 15-16

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à HighCo et manager de 2 salariés semblent penser la même chose, les compétences sont égales, ce sont plutôt les comportements qui sont différents et qui évoluent avec le temps.

Avec la méthode de l'Ennéagramme pour chercher les types de personnalités, on note que les digital natives tendent à se centrer sur l'émotionnel. Cela correspond en partie au plaisir immédiat et à l'importance du court terme. De plus, la confiance et le relationnel permettent de les motiver. Vincent GREGOIRE-DELORY, Maître de Conférences à l'Université catholique de Toulouse, explique ces changements par l'adaptation de nos cerveaux à cette nouvelle ère numérique : « la plasticité du cerveau, le cerveau va s'adapter à ça, un cerveau moins académique. » A l'inverse, une mauvaise ambiance impactera de manière négative leur efficacité. Le digital immigrant est centré sur le mental. Le passé est une notion importante car il a permis de créer leur processus de réflexion.

Pour ce qui est des comportements, on note que la plus grande des différences entre les digital natives et les digital immigrants se situe au niveau du changement dans l'espace et le temps. Les digital natives souhaitent obtenir les choses rapidement, apprécient le moment présent, ont besoin sans cesse d'agir. Malheureusement, cette rapidité les fait survoler l'information car l'instant T est important. Ils préfèrent être tout le temps en mouvement même s'ils seront moins concentrés. Cela leur permet de gagner en réactivité et en efficacité mais sont perdants dans leur vision des stratégies à long terme. Pour Dario POLLACCI, Responsable Service chez Liebherr et manager, avec les moins de 30 ans, il doit être « plus direct et malheureusement leur donner moins de marge de manoeuvre car ils n'ont pas une implication à long terme ». Le deuxième point qu'on peut noter est cette méfiance de l'autorité et le besoin d'un bon relationnel pour s'impliquer. Cela provient peut être du fait que comme le souligne les participants de l'entretien semi-directif, les managers ont plus de 30 ans et portent bien trop d'intérêt à la hiérarchie et à l'organisation quitte à perdre en humanisme.

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