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Le management des digital natives


par Adrien Lechevalier
ICD - International Business School Toulouse - Master II spécialisé Web Marketing & E Business 2014
  

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b. Espace et Temporalité

Quels changements au niveau de l'espace et du temps ont pu s'opérer sur cette génération du fait qu'elle soit ultra-connectée ?

L'espace et le temps sont à redéfinir pour cette génération. La rapidité dans l'obtention de l'information est primordiale. Ce besoin d'immédiateté porte un nom, on dit que les digital natives ont un profil ATAWAD. C'est l'acronyme de Any Time, Any Where, Any Device. Le web les a habitués à avoir accès à ce qu'ils veulent, quand ils le veulent et o ils le veulent. Ce besoin en provenance d'Internet devient un besoin dans le monde réel. L'ubiquité de cette génération est incroyable. Ils sont partout au même moment. C'est ce qui en fait une génération qui voyage bien plus. La mondialisation couplée au numérique a cassé les barrières de la langue et des cultures pour uniformiser l'ensemble. Certains préfèrent même parler de profil ATAWADAC (+ Any Content) dans l'idée de liberté de l'accès aux contenus. Le terme français ATAWAD est parfois celui de mobiquité28, fusion de mobilité et ubiquité. L'Agence Nationale de la Recherche définit ce terme comme étant le « don de la mobilité tout en gardant les avantages de la sédentarité ». La caricature en vient à généraliser cette génération comme étant précipitée, peu portée sur le long terme et habituée à zapper en permanence. Florence HERMELIN parle de « dictature du live »29 qui crée des « addictions à la vie séquencée des autres » par les nombreux réseaux sociaux notamment. « Pour lui (le digital native), le temps mort doit être comblé par une hyperactivité numérique. Ses relations sont basées sur une « joignabilité » constante et instantanée. » 30 Le digiborigène n'est jamais inactif surfant sans cesse avec l'hyperactivité. Cela se remarque par exemple avec l'ensemble des moyens de communication qu'ils utilisent et l'immédiateté de la réactivité en répondant à un message instantané. Claire LOBET-MARIS, sociologue des usages des technologies de l'information et de la communication aux facultés de NAMUR explique qu' « avec les digital natives, on voit émerger un nouveau rapport à la temporalité »31. Un autre

28 Agence Nationale de la Recherche

29 Florence HERMELIN, Inside #1 : Dans la tête des Digital Natives, SixandCo

30 Marie GREFFE, Les « digital natives » : une nouvelle espèce de travailleurs, FAR, 2011, p. 2

31 Claire LOBET-MARIS et Sarah GALLEZ, Les Jeunes et Internet - Se construire un autre chez soi, FUND®2011

surnom des digital natives révèle bien cette réalité : la Now Generation. « C'est très perturbant, car le temps est une norme sociale, un élément de coordination entre les gens. Le temps que leur renvoient les adultes est plus long, plus structuré. Il est fait d'horaires. Il y a des ajustements que les aînés devront consentir » prévoit Claire LOBET-MARIS. Peut-on voir apparaître une fracture avec les digital immigrants ? Selon elle en tout cas, un besoin d'apprentissage et d'adaptation est à réfléchir pour ces non-natifs numériques. Frédéric WINCKLER, président de JWT, agence de communication et de marketing depuis 150 ans écrivait sur son blog lefreddie.wordpress.com que les digital natives vont trop vite. Il fait le portrait de cette génération sur 8 « empreintes digitales », 8 comportements à connaître. Pour lui, Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER met en avant un point important dans son essai Trop vite ! qui porte sur le court-termisme de notre siècle : « Notre goût pour la vitesse nous aveugle »32. Les comportements étudiés par Frédéric WINCLER sont selon lui incroyablement révélateurs d'une génération qui a « développé une véritable intolérance à toute forme d'attente, à la frustration ou au manque. »33

22

32 Jean-Louis SERVAN-SCHERIBER, Trop vite !, 05/2010

33 http://lefreddie.wordpress.com

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