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Exploitation petroliere: etude comparee des legislations ougandaises et congolaises relatives aux hydrocarburespar Andy DJUMA MUZALIWA Université de Kisangani - DES Droit 2026 |
Section 3. Appréciation critique des cadres juridiques§2. Atouts et limites des régimes juridiquesL'analyse comparée des cadres juridiques des hydrocarbures en Ouganda et en République Démocratique du Congo met en évidence deux approches institutionnelles distinctes. L'Ouganda se caractérise par une régulation institutionnalisée et indépendante, incarnée par la PetroleumAuthority of Uganda (PAU), qui supervise les activités pétrolières et garantit le respect des normes techniques, économiques et environnementales. Ce modèle est renforcé par l'implication du Parlement283(*) dans le contrôle des contrats et des revenus, ainsi que par une politique de contenu local développée via l'Uganda National OilCompany (UNOC). Ces éléments favorisent une gouvernance plus transparente et inclusive, bien que des critiques subsistent concernant l'influence persistante de l'exécutif et les défis liés à la redistribution équitable des revenus et aux risques environnementaux. En République Démocratique du Congo, le cadre juridique modernisé par la Loi n°15/012 de 2015 consacre la souveraineté permanente de l'État sur les ressources pétrolières et gazières, tout en introduisant des mécanismes de transparence tels que la publication des contrats, l'inscription des droits dans un registre officiel et l'adhésion à l'ITIE284(*). Toutefois, l'efficacité de ce dispositif est limitée par la centralisation du pouvoir décisionnel au sein du Ministère des Hydrocarbures et de l'exécutif, la faiblesse institutionnelle de la SONAHYDROC et l'insuffisance des capacités techniques de l'administration publique. Ainsi, tandis que l'Ouganda privilégie un modèle fondé sur la spécialisation institutionnelle et la régulation indépendante, la RD Congo demeure attachée à une gouvernance centralisée, ce qui explique les performances contrastées des deux pays en matière d'attractivité des investissements et de transparence. §2. Contraintes juridiques transfrontalièresL'exploitation des hydrocarbures dans les zones frontalières, notamment au niveau du lac Édouard situé dans le Graben Albertin, constitue un défi juridique majeur pour la République Démocratique du Congo et l'Ouganda. L'absence d'un accord bilatéral spécifique de gestion commune des gisements transfrontaliers limite la coopération et accroît les risques de contestations. Contrairement à certaines expériences internationales fondées sur la unitisation ou le développement conjoint, les deux États ne disposent pas encore d'un cadre normatif complet permettant d'organiser l'exploration, l'exploitation et le partage des bénéfices. À cette lacune s'ajoutent des divergences législatives : l'Ouganda a intégré des mécanismes de coopération régionale et transfrontalière, notamment à travers le projet East AfricanCrudeOil Pipeline (EACOP)285(*), tandis que la législation congolaise demeure relativement générale et peu opérationnelle sur ces aspects. Ces insuffisances accroissent les risques de conflits liés à l'exploitation unilatérale de gisements situés à proximité des frontières, pouvant engendrer des litiges sur la propriété des ressources, la répartition des revenus et les impacts environnementaux286(*). L'absence de mécanismes clairs de partage des bénéfices constitue une faiblesse supplémentaire, dans un contexte où les communautés locales supportent les conséquences sociales et écologiques des activités extractives. La mise en place d'un dispositif équitable de redistribution et de coopération transfrontalière apparaît dès lors indispensable pour prévenir les tensions, renforcer la sécurité juridique et assurer une gestion durable des ressources naturelles. * 283 UGANDA PARLIAMENT, Report of the Committee on Natural Resources on PetroleumGovernance, Kampala, diverses éditions. Sur https://www.parliament.go.ug/committee-reports, Consulté le 12 Juin 2026. * 284 ITIE-RDC, Rapports nationaux de transparence dans les industries extractives, Kinshasa, 2022. * 285 EAST AFRICAN COMMUNITY, Regional Petroleum Cooperation Framework, Arusha, 2024. * 286 WORLD BANK, Extractive Industries Sourcebook, Washington D.C., 2023. |
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