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Une analyse de la filière plants améliorés d'arbres forestiers dans le grand sud du Cameroun


par Dingues Ghislain Tchounji
Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles (Université de Dschang) - Ingénieur Agronome (Option: Economie et Sociologie) 2012
  

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6.4. Contraintes de la filière

A chaque niveau de la filière on rencontre des difficultés qui tendent à entraver le bon fonctionnement de la filière.

6.4.1. Contraintes des groupes

Tout au long de leurs activités, les producteurs de plants (pépiniéristes) font face à de nombreuses difficultés, telles que présentées dans la figure 14.

Figure 14 :  Problèmes de productions des plants identifiés par les groupes

- Rareté des germoplasmes de qualité

Il apparait donc que la rareté des germoplasmes (matériel de base utilisé pour la multiplication : graines, greffons, boutures) est la contrainte la plus ressentie par les groupes. Lorsqu'ils sont disponibles, il faut aussi s'interroger sur la qualité du germoplasme utilisé. La qualité du plant obtenu dépend de la qualité du matériel utilisé. La rareté du matériel de base est due au fait que les fournisseurs de germoplasme de qualité sont peu nombreux et ne sont pas capables de satisfaire la demande des groupes. Ils sont donc contraints à utiliser un matériel végétal de moindre qualité et parfois du « tout-venant ». Vingt un pourcent des groupes achètent les fruits (avocat, safou, kola et manguier) qui présentent de bonnes caractéristiques pour en extrait les graines. Ce résultat est similaire à celui de Kana (2010) qui trouvent que 20 % des pépiniéristes achètent dans les marchés locaux des fruits de certaines espèces comme D. edulis, P. americana, M. indica présentant de bonnes caractéristiques pour en extraire les graines.

- Insuffisance des moyens financiers et manque d'équipement approprié

Les groupes opèrent dans un contexte de pauvreté et ont du mal à mobiliser les ressources financiers nécessaires au bon fonctionnement de leurs activités. Il en découle un manque de matériel de pépinière approprié, tel que les greffoirs, les sachets, les gaines de marcottage, les arrosoirs, les pulvérisateurs. Ce qui conditionne les quantités de plants produits. Car comme l'affirment 95 % des délégués de groupes enquêtés c'est la capacité de production qui est le premier déterminant des quantités produites (figure 15). .

Figure 15 : déterminants des quantités produites

- Non-maîtrise des techniques de multiplication

Quatre vingt huit pourcent des délégués de groupes affirment que leurs groupes ont reçu des formations sur les techniques de multiplication végétative. Cependant, 84 % affirment que tout le groupe n'a pas une parfaite maîtrise de ces techniques. Seuls quelques membres du groupe (très souvent les délégués) prennent part aux formations et viennent en retour former les autres membres, parfois sans avoir eux-mêmes bien maîtrisé les enseignements. C'est pourquoi 17 % des groupes font appel à des prestataires de services spécialisés dans ces techniques. Ceci est récurrent en ce qui concerne le greffage.

- Manque d'espace approprié pour la pépinière

Les groupes n'ont pas accès à suffisamment d'espace, nécessaire pour l'établissement ou l'expansion de leur pépinière afin d'accroitre les quantités et parfois le nombre d'espèces produites. Quelques fois, les terrains dont ils disposent ne sont pas très appropriés à l'activité parce qu'ils sont accidentés, peu accessibles, ou éloignés d'une source permanente d'eau, ce qui a tendance à accroitre le besoin en main d'oeuvre.

- Très fort besoin en main d'oeuvre

La multiplication des plants est un travail de dur labeur et de ce fait, nécessite une importante main d'oeuvre. En outre, certaines tâches, telles que la pose des marcottes ou encore le remplissage des sachets de terre, nécessitent une main d'oeuvre supplémentaire. Pour combler cette difficulté, les pépinières font souvent appel à une main d'oeuvre temporelle et exclusivement jeune.

- Rareté de l'eau

L'eau est indispensable à la production des plants en pépinière. Cependant, dû à la rareté de la terre, les groupes sont souvent très éloignés des sources permanentes d'eau (cours d'eau, marécage). Ils s'approvisionnent en eau grâce au forage du village, ou se dotent d'un puits d'eau prés de la pépinière. Cependant l'acquisition d'un puits n'est pas toujours à la bourse des groupes.

Photo 9 : forage Photo 10 : puits

- Dégâts causés par les bêtes

Très souvent les pépinières sont à proximité des habitations, là où on fait aussi l'élevage. Les animaux domestiques (poules, chèvres) causent donc très souvent des dégâts sur les plants.

- Manque de marché pour les plants

Près de 31% des groupes se plaignent d'un manque de marché, malgré une demande supérieure à l'offre sur le plan global. L'on constate que, pendant que dans certaines zones on observe des carences en plants, dans d'autres il y a abondance. Cela est dû à une mauvaise circulation de l'information. Les utilisateurs de plants améliorés ne sont pas uniformément répartis entre les zones de production et il y a très peu de moyens de communication permettant aux clients d'aller à la rencontre des pépinières qui se trouvent parfois dans des zones enclavées.

- Les pestes et maladies

Très souvent les jeunes plants font l'objet de pestes et maladies. Environ 34% des pépiniéristes affirment ne pas traiter les plants en pépinière, pour faute de moyens financiers pour l'achat des pesticides.

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