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La manifestation de la volonté dans un contrat conclu par voie électronique


par Franck EDJI
Université de Kinshasa - Licence 2025
  

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CONCLUSION

Au terme de cette recherche dont le sujet est intitulé « la manifestation de la volonté dans les contrats conclus par voie électronique» nous pensons que l'évolution du numérique dans les sociétés modernes a profondément transformé les modes d'échange, de communication, et notamment la conclusion des contrats. L'émergence du contrat électronique constitue une innovation majeure qui bouleverse les principes classiques du droit des obligations, notamment en matière de preuve contractuelle. Il faut noter que le contrat conclut par voie électronique n'est pas vu comme un contrat type de contrat du droit des contrats civils et spéciaux mais plutôt un nouveau mode qui s'adapte aux exigences du monde moderne et est considéré comme un sous contrat conclu à distance. À travers cette étude, nous avons mis en lumière les efforts normatifs entrepris pour intégrer le contrat électronique dans le paysage juridique congolais. L'adoption de l'Ordonnance-loi no23/10 du 13 mars 2023 portant Code du numérique, marque un tournant majeur dans la reconnaissance légale de l'écrit et de la signature électroniques. Ces dispositions reconnaissent la valeur probante de l'écrit électronique, à condition qu'il garantisse l'identité de son auteur et l'intégrité de son contenu, au même titre qu'un écrit sur papier.

A ce jour, le droit des obligations s'est adapté car en dépit des conditions classiques de validité du contrat le contrat électronique obéit à ses propres règles qui viennent non pas pour écarter mais pour compléter les conditions prévues à l'article 8 du code civil congolais livre 3. Ces conditions sont prévues à l'article 55 de l'Ordonnance-loi no23/10 du 13 mars 2023 portant code du numérique en vigueur depuis 2023, nous pouvons alors cité la commande, la confirmation de l'acceptation de l'offre et l'accusé de réception comme les droits conditions de validité ou de formation du contrat électronique et c'est ce qui matérialise la manifestation de la volonté dans un contrat conclu par voie électronique.

Toutefois, malgré cette avancée législative, plusieurs limites subsistent. D'une part, les dispositions du Code civil congolais (Livre III) ne sont encore totalement harmonisées avec la réalité numérique. La preuve des actes juridiques, en particulier en matière contractuelle, repose encore sur des textes qui ne prennent pas toujours en compte les spécificités des supports électroniques. Ce décalage entre droit positif et pratiques numériques crée une insécurité juridique, tant pour les opérateurs économiques que pour les justiciables.D'autre part, des défis pratiques entravent l'effectivité de la preuve électronique : la faible vulgarisation du droit numérique, le manque d'infrastructures technologiques fiables, l'absence de prestataires accrédités pour la certification électronique, ainsi que la formation insuffisante des acteurs judiciaires (magistrats, avocats, greffiers) sur les mécanismes techniques et juridiques de l'écrit numérique.

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