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Analyse de la mise en Ĺ“uvre des téléprocédures à  la direction des grandes entreprises (DGI Burkina Faso)


par Pierre SIMPORE
Institut des Finances Publiques du Burkina  - Diplôme du cycle A 2026
  

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CONCLUSION

Au terme de notre analyse approfondie de la mise en oeuvre des téléprocédures à la Direction des grandes entreprises, plusieurs enseignements majeurs, permettant de répondre à la problématique centrale de cette recherche, se dégagent.

En premier lieu, il apparaît clairement que la digitalisation des procédures fiscales à la DGE constitue une avancée majeure et irréversible dans la modernisation de l'administration publique burkinabè. L'atteinte d'un taux d'adhésion de 100 % à eSINTAX, la généralisation du télépaiement, le lancement des plateformes eDocument et eTimbre ainsi que de la Facture électronique certifiée témoignent d'une ambition transformatrice que peu d'administrations africaines ont su concrétiser à ce rythme. La DGI, malgré un contexte sécuritaire et économique particulièrement difficile, a su maintenir le cap de sa stratégie de digitalisation et apporter des innovations numériques significatives.

En deuxième lieu, l'analyse empirique confirme les deux premières hypothèses de cette recherche. Les téléprocédures ont effectivement amélioré la performance de la mobilisation des recettes fiscales et la transparence des opérations, en renforçant la traçabilité des transactions, en limitant les risques de fraude et en facilitant les contrôles croisés. Elles ont également réduit les coûts pour les grandes entreprises, amélioré leur accès à l'information fiscale et renforcé leur confiance dans l'équité du système. Parallèlement, les principales contraintes à l'utilisation effective restent bien d'ordre technique, organisationnel et humain. Elles portent sur les insuffisances d'infrastructures, la multiplicité des plateformes, les déficits de formation et les résistances au changement.

En troisième lieu, la confirmation de la troisième hypothèse de recherche met en évidence que la satisfaction des contribuables dépend moins de la sophistication technologique des outils que de leur fiabilité, de leur simplicité d'utilisation et de la qualité de l'accompagnement proposé. Un outil numériquement avancé, mais instable ou difficile à prendre en main, sera moins apprécié qu'un outil plus simple mais disponible en permanence et intuitif. Ce résultat devrait particulièrement guider les prochains développements de la DGI.

Les propositions formulées dans cette étude s'articulent autour de cinq axes complémentaires que sont : le renforcement des infrastructures numériques comme condition sine qua non de la fiabilité du service, le développement d'un écosystème complet de formation et d'accompagnement des utilisateurs, la simplification et l'harmonisation des interfaces et des procédures,le renforcement de la sécurité et l'extension progressive des téléprocédures à de nouveaux actes et à de nouvelles catégories de contribuables.

La feuille de route que nous proposons pour la période 2026-2030 identifie des actions concrètes et hiérarchisées, avec des responsabilités clairement assignées et des conditions de réussite explicitement formulées. Sa mise en oeuvre effective dépendra de la mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés que sont les dirigeants de la DGI et du Ministère de l'économie et des finances, les agents, les entreprises ainsi que les partenaires techniques et financiers internationaux.

En définitive, il convient de retenir que la digitalisation des procédures fiscales à la DGE n'est pas seulement une question technologique, mais un enjeu de gouvernance, de confiance et de développement. Sa maîtrise progressive est nécessaire pour bâtir un système fiscal plus juste, plus transparent et plus efficace, à la hauteur des ambitions du Burkina Faso. Dans un contexte où les ressources publiques sont sous pression et où les citoyens attendent des services publics de qualité, la réussite de cette transformation numérique est un impératif stratégique dont les bénéfices, déjà perceptibles, seront encore plus importants dans les années à venir.

Cette recherche comporte toutefois certaines limites qu'il convient de souligner. D'une part, l'étude porte sur la Direction des grandes entreprises, ce qui limite la généralisation des résultats aux autres unités de recouvrement de la DGI, notamment les DCI et les DPI, dont la gestion du foncier constitue un pan important de la fiscalité et dont la digitalisation obéit à certaines logiques différentes et implique des acteurs distincts. D'autre part, l'échantillon restreint qui a été mobilisé pour l'enquête par questionnaire, bien que suffisant pour dégager des tendances qualitatives significatives, ne permet pas une représentativité statistique exhaustive de l'ensemble des agents et contribuables de la DGE. Enfin, l'analyse porte sur une période encore récente d'adoption de certains outils comme eDocument et la FEC, dont les effets à moyen et long terme restent à confirmer.

Ce mémoire ouvre des pistes de recherche futures qui mériteraient d'être explorées. Les plus intéressantes à nos yeux sont l'effectivité et l'efficacité de la digitalisation de la chaîne foncière, l'analyse comparative des effets de la digitalisation fiscale sur les secteurs économiques, l'évaluation des effets de la digitalisation sur le comportement des contribuables, la modélisation économétrique de la relation entre niveau de digitalisation et performance fiscale dans le contexte burkinabè, et dans quelques années, l'étude de l'impact de la FEC sur la réduction de l'économie informelle.

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