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La monétisation des contenus musicaux dans l'espace numérique: la téléphonie mobile

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par Paméla MICHEL
Paris IV Sorbonne - Master 2 Administration et gestion de la musique 2009
  

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2. Les enjeux de la coopération entre maisons de disque et opérateurs télécoms

2.1 L'interopérabilité

L'essor des technologies de l'information et de la communication dans notre société a provoqué une grande transformation de nos habitudes de consommation. Par le processus de dématérialisation, la musique s'est imposée comme le contenu média et culturel le plus téléchargé et donc le plus partagé. Nous avons pu constater que l'évolution du secteur de la musique enregistrée a suivi celle du secteur des technologies électroniques avec l'invention de lecteurs multimédias de plus en plus performants.

La convergence affichée de ces deux secteurs autour de la musique a donc installé des relations entre les acteurs qui sont faites, pour s'inscrire dans la durée afin d'assurer la pérennité des produits et services conçus. Nous verrons dans cette partie quels sont les enjeux de l'interopérabilité.

2.1.1 Gestion et Sécurité du contenu : les DRM

DRM vient de l'anglais «digital right management» et sa traduction française signifie : gestion numérique des droits. C'est en 2003 avec l'iTunes Music Store qu'Apple a initié une nouvelle pratique en construisant des fichiers munis de DRM. Par la suite, les maisons de disque ont commencé à placer des verrous sur leurs fichiers musicaux car Internet était devenu un nouveau canal de distribution. Aussi, on peut signaler que l'engouement de la population pour le téléchargement peer to peer illégal a incité l'industrie du disque à associer à leur format mp3 des DRM, marquant ainsi la fin du format mp3 dans son mode le plus favorable au concept d'interopérabilité.

Dans la construction des DRM, les producteurs ont cherché à doter leur fichier d'un degré élevé de protection afin d'empêcher la copie et la diffusion sur les réseaux peer to peer. De leur côté, les distributeurs ont essayé de ne pas limiter l'usage que le consommateur pouvait en faire. Néanmoins, les fichiers vendus sur Internet sont souvent équipés de DRM qui définissent le nombre de copies autorisées et le degré de portabilité du fichier.

2.1.1.1 L'utilisation des DRM

Les DRM contiennent un large ensemble de dispositifs qui contrôle «l'accès et l'usage de contenus, de services ou d'appareils numériques, à tous les niveaux de la chaîne de valeur et à toutes les étapes possibles d' usage final ou intermédiaire99(*)».

Les DRM contiennent aussi plusieurs éléments qui ont pour fonction de définir :

- L'identification des oeuvres, des artistes, des ayants- droit.

- L'authentification des utilisateurs.

- L'expression au travers de codes informatiques de licences, de droits et de

restrictions d'usage.

- Le contrôle, le suivi, la mesure des accès et des usages, etc.

Le but des DRM consiste dans le contrôle stricte de l'usage du contenu. Aussi, sa capacité de gestion empêche toute utilisation opposée à la consommation pour lequel il est originellement prévu. Mais aujourd'hui, son association à un fichier contraint les utilisateurs et ne contribue pas à faciliter l'usage de service payant en matière de musique. En effet, pourquoi un consommateur irait-il acheter une musique dont le format est verrouillé et ne permet donc pas la compatibilité entre contenant et contenu ou bien encore entre deux contenants. Par exemple, un fichier sous DRM peut se lire avec une marque de lecteur précise et pas avec une autre (Apple/ Sony). Ou bien encore, nous avons pu rencontrer le problème de connexion et d'échange de fichier entre un lecteur audio et un ordinateur.

Pour ce faire, l'industrie de la musique et les constructeurs ont aujourd'hui pris conscience qu'il était dans leur intérêt de construire des fichiers sans verrous numériques car ceux ci détournent les consommateurs vers des offres illégales plus faciles d'utilisation.

Les DRM posent alors plusieurs types de problèmes dans leur utilisation :

- Chaque constructeur a mis en oeuvre ses propres solutions. Il n'y a aucune standardisation du DRM ce qui a pour avantage de brouiller les pistes pour d'éventuels piratages mais d'un autre côté cela complique l'interopérabilité entre les équipements. «Security by obscurity100(*)»

Par exemple : En raison de cette incompatibilité, les fichiers achetés sur Itunes Store ne pouvaient pas être écoutés sur d'autres lecteurs, autre que celui d'Apple avec l'Ipod.

- Les DRM ne sont pas compatibles entre le matériel et le logiciel (hardware et software).

- L'infrastructure du cryptage doit donner une pleine confiance quant à la qualité de sa sécurité.

- Il y a à optimiser le rapport entre l'efficacité technique de la solution et les coûts associés.

- Les DRM ne sont pas acceptés par les consommateurs qui ont alors pris pour habitude de se tourner vers des contenus issus du téléchargement illégal.

«Le manque de compatibilité et la multiplication des codecs et formats DRM sont également dues en partie au refus des services de musique en ligne de céder leurs licences à des acteurs tiers. En fait, il se peut que l'industrie musicale soit favorable à un accès aisé au téléchargement et n'aime pas l'idée de normes divergentes. Mais indirectement, ce débat sur les normes pourrait avoir été suscité par l'industrie musicale en raison de son refus de soutenir la norme MP3 largement répandue (mais non protégée). 74»

* 99KAPLAN Daniel, EYCHENNE Fabien, FRANCOU Renaud, KLEIN Arnaud : Débat public : Musique et numérique : créer de la valeur par l'innovation. Synthèse du rapport. Avril 2006 - Mars 2007.

* 100Holger Grossmann, Metadata Department, FraunhoferInstitute for Digital Media Technologies

IDMT, Germany : «Interoperability of Digital Music From pure mp3 to DRM, and back?» 18.09.2008 CCEL «Creative Content Online», Paris.

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