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Des transferts sont-ils possibles de la didactique du français (FLE/FLS) à  la didactique de l'amazighe (berbère) dans le contexte sociolinguistique marocain ?

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par Lahcen NACHEF
Université Rennes 2 - Master 2 2006
  

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CONCLUSION

Il ressort de ce qui précède que, en dépit de son statut pas toujours ouvertement avoué de première langue de la majeure partie des Marocains (Boukous 1985), la langue amazighe a connu et continue de connaître l'influence de plusieurs langues concurrentes. L'arabe, décrété langue officielle du pays, ne remplit pas pour autant la fonction de langue véhiculaire à part entière; la majeure partie des citoyens n'en utilisent que la variante dialectale, dont la structure est très marquée par celle de l'amazighe.

L'espagnol, notamment dans le nord et dans l'extrême sud, au Sahara, est également présent dans le parler des Marocains42(*). Le français, enfin, demeure la langue étrangère qui a le plus influencé les échanges tant oraux qu'écrits43(*). De nombreux emprunts sont passés dans l'arabe comme dans l'amazighe. Plus est, la langue amazighe doit, en grande partie et depuis très longtemps sa réhabilitation à la langue française.

Après l'indépendance, ce sont les chercheurs marocains, issus pour la plupart des universités francophones, qui ont pris la relève et qui continuent encore aujourd'hui à travailler dans tous les domaines du savoir concernant la langue et la culture amazighes (voir une partie en bibliographie). L'IRCAM qui se veut aujourd'hui le promoteur par excellence de la langue et de la culture amazighes (discours royal du 17 octobre 2001) compte parmi ses cadres les plus productifs beaucoup de francophones. Une grande proportion des travaux de recherches réalisés dans les universités marocaine sur la question berbère (histoire, langue,...) sont rédigés en français.

Les méthodes adoptées dans l'enseignement de l'amazighe semblent être majoritairement inspirées des nouvelles approches44(*) qui, mêmes si elles partagent leurs sources avec d'autres horizons, nous viennent -par traduction ou adaptation- des aires francophones, la Belgique, le Canada et surtout la France.

Bref, l'amazighe, comme langue qui se construit et se réhabilite doit, dans une large mesure, sa survie et son expansion à la diversité linguistique dans laquelle elle baigne et dont la francophonie constitue l'une des composantes les plus fortes. Il appartient aujourd'hui à tous ceux qui oeuvrent pour la promotion de cette langue de ne point négliger cette réalité plurielle du locuteur marocain. Le contact de toutes ces langues doit constituer une richesse en faveur de chacune des langues ne présence dans un contexte donné au milieu du grand "marché aux langues" pour reprendre cette expression chère au sociolinguiste L.-J. Calvet.45(*)

D E U X I E M E P A R T I E

INTRODUCTION

Signalons dès l'abord que cette étude ne prétend pas répondre de manière exhaustive aux exigences statistiques fondées sur des éléments hautement scientifiques et objectivement vérifiables. Elle s'apparenterait davantage à un travail de recherche -action, sachant que la rigueur de celle-ci n'est pas non plus dénuée d'intérêt.

Avant d'entamer notre enquête sur l'état des lieux de l'enseignement de l'amazighe et sur le degré d'emprunt que font les enseignants (notre hypothèse de départ) aux autres didactiques en place pour enseigner la langue amazighe, nous avons jugé nécessaire de prendre contact avec les principaux intervenants dans cet enseignement.

Ainsi avons-nous eu des entrevues avec les inspecteurs chargés du suivi de l`enseignement de l'amazighe dans leurs zones respectives. Nous avons interrogé les formateurs de l'IRCAM lors des sessions de formation qu'ils animent dans la région et auxquelles nous avons assisté régulièrement. Nous sommes allé observer dans quelques classes des séances d'apprentissage de l'amazighe et avons eu des entretiens à l'issu de ces observations. Nous avons compulsé les notes ministérielles et autres documents administratifs sur le sujet46(*).

Par ailleurs, et pour vérifier la pertinence, même relative, de nos questionnaires, nous les avons soumis à notre encadreur pour validation puis nous en avons fait remplir quelques-uns uns par un échantillon réduit d'enseignants, d'inspecteurs et de chercheurs de l'IRCAM.

* 42 Au Sahara, rappelons qu'un autre parler, le Hassania (proche de l'arabe classique), est d'usage dans plusieurs villes de la région.

* 43 Il est de réputation que le parler du Marocain moyen est truffé d'emprunts à la langue française de sorte que la quasi-totalité des citadins utiliseraient dans une même phrase produite oralement au moins un mot ou une expression française, même si à ce mot ou cette expression on a fait subir parfois des troncations ou des habillages syntaxico-sémantiques ou phonético-prosodiques locaux.

* 44 Approches communicatives, approche par compétences, pédagogie de l'intégration, pédagogie par objectifs, pédagogie du projet... mais aussi organisation de l'unité didactique en séances de communication, de lecture (analytique, globale, semi-globale, cursive, expressive), d'écriture selon les modèles FLE, de jeux de rôles, d'actes de parole, ...

* 45 Louis-Jean Calvet, 2002, Le marché aux langues, essai de politologie linguistique sur la mondialisation, Plon.

* 46 Notamment les notes ministérielles N°108 du 1er sept 2003 dont l'objet est "l'intégration de la langue amazighe dans les cycles scolaires", N° 82 du 1er sept. 2004 sur "les sessions de formation en pédagogie et didactique de la langue amazighe", N°89 du 19 août 2005, organisant la rentrée scolaire 2005/2006, N°90 du 19 août 2005, note cadre sur "l'organisation de l'enseignement de l'amazighe et la formation de ses enseignants".

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