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Des transferts sont-ils possibles de la didactique du français (FLE/FLS) à  la didactique de l'amazighe (berbère) dans le contexte sociolinguistique marocain ?

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par Lahcen NACHEF
Université Rennes 2 - Master 2 2006
  

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RESULTATS DE L'ENQUETE E INTERPRETATIONS :

Tableau récapitulatif : l'effectif global

Tableau N° 1 :

 

Professeurs

Inspecteurs

Concepteurs IRCAM

TOTAL

Effectif

28

10

07

45

%

62

22

16

100

Le tableau montre les quelques défections suivantes : 2 professeurs sur 30, 5 inspecteurs sur 15 et 3 concepteurs IRCAM sur 10 n'ont pas remis le questionnaire, soit près de 18% du total initialement visé (55). Toutefois, l'examen d'un document de l'AREF de Souss Massa Draa révèle que le nombre total des professeurs du primaire des trois délégations concernées par cette étude et ayant bénéficié de la formation sur l'amazighe ne dépasse pas 336; ce qui nous approche de 10% de cette population, sachant que nous avons choisi les seuls amazighophones parmi eux. Ceux-ci, d'après l'enquête de l'Académie48(*), constitueraient 80% de l'ensemble des professeurs chargés de l'enseignement de l'amazighe. Nous n'avons pas par conséquent à trop nous inquiéter de la représentativité.

Quant aux inspecteurs, ils sont 15 à assurer le suivi du dossier de l'enseignement de l'amazighe au niveau des trois délégations concernées. Nous les avons touchés tous et 10 ont rendu le questionnaire.

Pour ce qui concerne les responsables de l'IRCAM, nous avons touché la majorité des intervenants directs dans la formation et la conception d'outils didactiques, dont les chefs de départements (pédagogie et documentation).

QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX ENSEIGNANTS :

I - IDENTIFICATION

Tableau 2 : informations personnelles

 

Sexe

 

Age

Lieu de naissance

 

H

F

20 à 30

31 à 40

41 à 50

51 et +

1

2

N

15

13

12

3

13

0

18

7

%

54

46

43

11

46

0

64

25

Ce tableau montre que plus de la moitié des enseignants questionnés sont de sexe masculin même si la tendance actuelle au Maroc est celle d'une féminisation progressive du secteur; la proportion des jeunes (entre 20 et 30 ans) est sensiblement égale à celle des professeurs ayant une certaine ancienneté (âgés entre 41 et 50 ans). Or, si l'on ajoute la proportion intermédiaire (entre 31 et 40 ans), on peut présager un bon avenir pour l'enseignement de l'amazighe du fait que les jeunes -nous l'avons constaté lors des sessions de formation- sont plus disposés à suivre des formations et à assimiler plus facilement les cours de linguistique et de didactique amazighes; d'autant que la majorité (64%) sont issus de régions réputées amazighophones. Il faut noter ici que même nés à Casablanca ou à Settat, certains peuvent être d'origine amazighe du fait du déplacement de la population marocaine à travers les siècles (voir notre partie théorique), notamment du sud vers le nord.

Tableau N°3 : informations professionnelles

Ancienneté

Diplôme

Langue d'enseignement

Ecole

Milieu

71-80

81-90

91-00

01-06

bac

DEUG

Licence

Autre

Arabe

Français

Eco

Sec/Scol

Urb

Pré-Urb

2

9

13

1

21

2

4

1

10

18

8

10

5

13

7

32

46

4

75

7

14

4

36

64

29

36

18

46

Ce tableau montre que la majorité des professeurs sont recrutés dans les années 90, période qui a connu l'essor du mouvement amazighe. La plupart sont titulaires du baccalauréat bilingue puisque 64% parmi sont francisants. Le tableau offre par ailleurs des informations intéressantes sur le lieu d'exercice de ces enseignants. Plus de la moitié de ceux qui ont répondu à cet item travaillent dans des secteurs scolaires (note : groupement scolaire situé souvent dans le monde rural ou pré-urbain, constitué d'une école centrale et d'une ou plusieurs écoles satellites pouvant contenir une seule classe où l'enseignement se déroule parfois avec plusieurs niveaux dans la même enceinte, appelées "classes à cours multiples".

Enfin, nous retenons de ce tableau la concentration des professeurs dans les zones pré-urbaines ; serait-ce dû au développement urbanistique que connaît le pays depuis quelques décennies?

Tableau N°4 :

 

Informations professionnelles (suite)

 

Niveaux enseignés

Total élèves

Elèves amazighophones

 

1e année

2e année

1e +2e année

Autre

Maximum

Minimum

Moyenne

Maximum

Minimum

Moyenne

N

15

8

2

1

50

16

36

41

5

17

%

54

29

7

4

 

48

L'observation de l'item " niveaux enseignés " montre que la plupart des enseignants (54% en plus des 7% ayant la 1e et la 2e année) ont en charge la 1e année de l'enseignement primaire. Cela est dû à la désignation, qui se fait chaque début d'année scolaire, de nouvelles écoles accueillant l'enseignement de l'amazighe; leur nombre dans notre Académie est passé de 54 en 2003/2004 à 226 en 2004/2005 pour atteindre 446 en 2005/2006 dont 124 dans les trois délégations concernées par notre enquête49(*). Ces nouvelles écoles commencent naturellement par la première année. Les autres niveaux (2e et 3e années) sont ouverts dans les écoles ayant déjà eu les premières années. Alors que les statistiques au niveau national sont les suivantes (extraites de la note ministérielle N° 89 du 19 sept 2005 organisant la rentrée scolaire 2005/2006) :

· "Enseignement de la langue amazighe : les dernières retouches ont été effectuées en ce qui concerne la carte scolaire des écoles où sera enseignée la langue amazighe dans les niveaux 1e, 2e et 3e année de l'enseignement primaire à partir du mois de septembre conformément au plan arrêté par le ministère en concertation avec l'Institut Royal de la Culture Amazighe. Cette carte prévoit 344 écoles où sera enseignée cette langue en 1e, 2e et 3e année de l'enseignement primaire par près de 1100 professeurs; 962 écoles où sera enseignée cette langue en 1e et 2e année par près de 2800 professeurs; 1200 écoles où sera enseignée cette langue pour la première fois en 1e année de l'enseignement primaire par près de 2660 professeurs.

· L'encadrement des enseignants sera assuré par 236 inspecteurs de l'enseignement primaire, tous amazighophones, qui ont bénéficié d'une formation donnée par les chercheurs de l'IRCAM. Un nouveau contingent composé de 70 inspecteurs amazighophones sera désigné.

· Par ailleurs, les AREF et les délégations du MEN organiseront des formations en faveur des professeurs et des inspecteurs nouvellement désignés en concertation avec l'IRCAM qui mobilisera ses cadres en plus de près de 40 professeurs chercheurs en linguistique issus des universités marocaines. Dans le même sens, le ministère, en collaboration avec l'IRCAM, a organisé une session de formation en pédagogie et en didactique de l'amazighe du 13 au 17 juin 2005 à Rabat au bénéfice de 42 formateurs des CFI (Centre de formation des instituteurs) amazighophones en préparation à l'intégration de modules spécifiques de la didactique de l'amazighe dans la formation initiale dispensée par ces centres. Une autre formation a eu lieu entre le 27 juin et le 1er juillet 2005 au profit de 460 élèves-professeurs appelés, une fois affectés dans leur poste, à enseigner la langue amazighe à partir de la rentrée 2005/2006.

· Enfin, en vue de l'intégration de l'amazighe en tant que matière à part entière dans l'enseignement secondaire, le ministère va ouvrir en université une filière de langue et littérature amazighes dont les lauréats seront admis dans les centres de formation des cadres éducatifs où ils effectueront une formation initiale en pédagogie et didactique de l'amazighe50(*). L'item suivant (tableau N°4) nous renseigne sur l'effectif moyen des élèves en charge qui est de l'ordre de 36 par enseignant; le maximum atteint les 50 élèves pour un même professeur ! Ce qui nous fait douter de la qualité escomptée. Nous retenons également ici que 48% des élèves sont amazighophones, ce qui semble corroborer le chiffre de 50% de la population amazighophone dans tout le pays (voir partie théorique, page 19, note N°17).

* 48 In "Enseignement de la langue amazighe, expérience de l'AREF de Souss Massa Draa", document d'appui aux deux journées d'études organisées les 5 et 6 mai 2006 à Agadir regroupant l'ensemble des Académies et des Délégations du MEN du Maroc.

* 49 Op. cit. pp. 14, 27-28, 33-34 et 39-41.

* 50 In "Enseignement de la langue amazighe dans les AREF : Bilan et perspectives", autre document préparé pour les deux journées d'étude des 5 et 6 mai 2006 à Agadir, pp. 24 et suivantes.

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