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Des transferts sont-ils possibles de la didactique du français (FLE/FLS) à  la didactique de l'amazighe (berbère) dans le contexte sociolinguistique marocain ?

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par Lahcen NACHEF
Université Rennes 2 - Master 2 2006
  

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SUGGESTIONS

1. Sur le plan méthodologique :

il faut d'abord rappeler que ce modeste travail est, pour nous, une première exploration prélude à une recherche plus approfondie où seront examinés les faits d'une façon plus rigoureuse. Les échantillons seront déterminés plus scientifiquement; les questionnaires seront soumis à un échantillon, le plus représentatif possible, de la population ciblée; ils seront libellés de sorte que toute équivoque soit levée; l'hypothèse de départ tiendra compte des réactions qui peuvent ne pas aller forcément dans le sens qu'elle vise initialement; les questions ouvertes seront suffisamment finement catégorisées pour parer à la tendance (constatée dans la présente enquête) à "sauter" toute question demandant un effort de réflexion ; la population visée sera la plus diversifiée possible afin d'obtenir des avis variés et signifiants. Ici, par exemple, en dehors des intervenants immédiats (professeurs, inspecteurs et concepteurs), on fera appel aux chefs d'établissement, aux parents d'élèves et aux élèves eux-mêmes, aux responsables administratifs et pédagogiques relevant des délégations du MEN et des AREF, aux associations de la société civile, aux partis politiques et aux élus locaux et nationaux...

De même qu'on devra procéder à l'analyse détaillée des manuels élaborés par l'IRCAM aussi bien sur le plan des contenus que sur le plan des approches méthodologique adoptées. On dégagera, par la même occasion, les soubassements théoriques qui ont sous-tendu cette élaboration. De plus, on veillera à la comparaison - à tous points de vue- des manuels de l'amazighe et des autres manuels de langue utilisés par les élèves (arabe, anglais, espagnol notamment).

Par ailleurs, nous irons observer dans les classes les pratiques des enseignants et les réactions des apprenants surtout dans les trois premières classes où est enseignée la langue amazighe (1e , 2e , et 3e années). On devra également observer l'évolution d'une classe pendant deux ou trois ans en vue d'évaluer les progrès réalisés et de les comparer aux résultats dans d'autres disciplines, en particulier les langues. Des entretiens seront prévus avec les enseignants et avec les élèves à l'issue de chaque séance; on accompagnera les inspecteurs lors de leur tournée pour recueillir à chaud leurs impressions.

Nous prévoyons aussi d'analyser les fiches pédagogiques (à l'élaboration desquelles nous pouvons prendre part) des professeurs d'amazighe et voir dans quelle mesure ils arrivent à concrétiser les objectifs et les compétences pendant le vis-à-vis pédagogique. Une comparaison de ces fiches avec celles conçues pour l'enseignement/apprentissage des autres langues est également envisagée. Comme est envisagé le fait de tenir compte à l'avenir des trois variantes de l'amazighe sachant qu'un travail sérieux est en cours quant à la standardisation de la langue amazighe.

Ainsi, la vision se précisera et sera aussi globale que significative et permettra d'obtenir des résultats plus probants.

C'est du moins ce que nous projetons d'entreprendre dans l'hypothèse où l'occasion nous en sera offerte.

2. Sur le plan des contenus de l'enquête et de ses résultats :

Nous pensons qu'au niveau quantitatif, le ministère a intérêt à continuer de recruter parmi les professeurs ceux qui ont l'amazighe comme langue maternelle. Nous avons vu d'après les statistiques officielles qu'ils sont légion et que ce sont eux qui peuvent garantir un certain succès à l'entreprise d'intégration de l'amazighe dans le système scolaire marocain, en attendant que soient formés un personnel qualifiant pris dans toutes les catégories des enseignants, arabophones compris. Pour ce faire, des centres de formation, classiques (CFI, CPR, ENS, FSE,...) ou créés, doivent être ouverts aux enseignants et aux étudiants désireux de se former dans ce domaine. Et, parallèlement, des filières de langue et de littératures amazighes mais aussi de didactique doivent être accessibles aux étudiants et aux chercheurs.

Au plan de la formation, les efforts entrepris en linguistique sont à encourager. En didactique, par contre, l'IRCAM doit procéder en premier lieu à la formation de formateurs qui pourront être sélectionnés, dans un premier temps, parmi les amazighophones francisants, plus disponibles, puis par quelques arabisants maîtrisant la langue française.

Le recrutement des enseignants doit se faire parmi les plus jeunes vu leur disposition à suivre plus aisément les formations en amazighe tant linguistique que didactique. Nous en avons été convaincu lors des formations organisées par l'IRCAM dans la région du sud, formation à l'animation desquelles nous avons partiellement pris part nous-même : nous avons constaté qu'autant les seniors avaient du mal à suivre ces formations normalement autant les juniors manifestaient intérêt et enthousiasme.

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