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Des transferts sont-ils possibles de la didactique du français (FLE/FLS) à  la didactique de l'amazighe (berbère) dans le contexte sociolinguistique marocain ?

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par Lahcen NACHEF
Université Rennes 2 - Master 2 2006
  

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Mohamed CHAFIK*

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*In "Pour un Maghreb d'abord maghrébin", 2000, Centre Tarik Ibn Zyad pour les études et la recherche, Rabat.

ECLAIRAGES CONCEPTUELS ET SIGLES

Nous avons intitulé notre recherche " Des transferts sont-ils possibles de la didactique du français (FLE/FLS) à la didactique de l'amazighe (berbère) dans le contexte sociolinguistique marocain ?".

Notre dessein est de nous demander, et c'est là notre problématique, dans quelle mesure une didactique intégrée, inévitable du reste dans un contexte de multilinguisme comme celui du Maroc, peut contribuer à enrichir la pratique pédagogique dans un milieu où les apprenants sont en contact avec plusieurs langues à la fois et dès les premières années de leur scolarité. Le vocable transfert est à comprendre ici, d'une part, dans son sens premier comme "action de faire passer d'un lieu dans un autre" (dictionnaire Hachette, édition 2003) sous forme de "transfert de technologie" ou mieux encore de "savoir-faire", et d'autre part dans le sens que lui confèrent les théories de l'apprentissage, à savoir comme "influence d'un apprentissage sur un autre apprentissage plus ou moins voisin. On parle de "transfert proactif" lorsqu'il y a influence d'un apprentissage A sur un apprentissage B postérieur et de "transfert rétroactif" lorsqu'il y a influence d'un apprentissage B sur un apprentissage A antérieur. Qu'il soit proactif ou rétroactif, le transfert est dit "positif" s'il y a aide, facilitation ou consolidation".2(*)

Dans le cas qui nous concerne dans cette réflexion, il s'agit bien d'un transfert proactif du fait que l'apprentissage de l'amazighe est postérieur à celui de la langue française pour les apprenants. De même qu'en didactique, la formation des enseignants comme des inspecteurs ou encore des concepteurs de matériel didactique a d'abord porté sur la didactique du français pour la plupart avant de porter sur celle de l'amazighe (nous le verrons plus loin).

Il s'agira, par ailleurs, d'examiner dans le même temps le "comment" de cette opération de transfert : déterminer les disciplines qui s'y prêtent le plus, les procédés et les approches les plus facilement transférables....

L'appellation l'amazighe (ou le berbère) doit être compris, à notre sens, comme langue vivante à part entière puisqu'elle est parlée par plus de la moitié de la population (Boukous, 1995), elle a son alphabet propre (le tifinaghe) et elle vient d'acquérir le statut de langue nationale (nous y reviendrons). Le synonyme berbère est ici usité, sans connotation particulière, pour rassurer ceux qui n'ont connu que lui jusqu'ici. Nous rappelons que cette langue se compose de trois variantes : le tarifit au nord du pays, le tamazight au centre et le tachelhit au sud. C'est sur cette dernière variante que va porter, dans un premier temps, l'ensemble de nos investigations, en attendant que soit standardisée l'amazighe pour analyser globalement la question de sa didactique que nous envisageons de traiter en profondeur dans un travail ultérieur.

Enfin, le lecteur rencontrera dans ces pages quelques sigles; nous préférons en présenter ici les plus récurrents.

Ø IRCAM : Institut Royal de la Culture Amazighe, fondé par décret royal en 2003, il se charge de la promotion de la langue et de la culture amazighes : entre autres, l'aménagement linguistique de la langue amazighe dans l'optique de sa standardisation.

Ø MCA : Mouvement Culturel Amazighe, constitué de dizaines d'associations à l'intérieur comme à l'extérieur (par la diaspora) du Maroc.

Ø CMA : Congrès Mondial Amazighe, considéré comme la plus haute instance internationale pour la défense et la promotion de la langue et de la culture amazighes dans leur ère géographique la plus étendue (l'Afrique du nord, du Maroc à Siwa en Egypte; les Iles Canaries et l'Afrique subsaharienne des touaregs : le Mali, le Niger, le Burkina...)

Ø CFI : Centre de Formation des Instituteurs, dans toutes les villes principales du pays; aujourd'hui, centre de formation des professeurs du primaire (CFPP ?) car l'appellation instituteur a cédé la place à professeur de l'enseignement primaire, comme en France "professeur des écoles".

Ø CPR : Centre Pédagogique Régional, dans toutes les villes principales du pays, formant les professeurs du premier cycle de l'enseignement secondaire (qui, depuis quelques années, est devenu "enseignement secondaire collégial").

Ø ENS : Ecole Normale Supérieure, surtout dans les grandes villes, formant les professeurs du second cycle secondaire (appelé depuis peu "enseignement secondaire qualifiant")

Ø CNFIE : Centre National de Formation des Inspecteurs de l'Enseignement de Rabat, il accueille dans la même enceinte les inspecteurs du primaire (trois ans de formation) et du secondaire (formés en deux ans).

Ø FSE : Faculté des Sciences de l'Education de Rabat où sont formés des professeurs de second cycle secondaire et des formateurs de formateurs.

Ø AREF : Académie Régionale d'Education et de Formation. Il en existe 16 correspondant aux 16 régions du pays. L'AREF est la première instance éducative de la région, relevant du MEN. Elle commande un certain nombre de délégations, variable selon les régions; 7 délégations préfectorales ou provinciales dépendent de l'AREF qui nous intéresse (AREF de Souss Massa Draa) : Agadir, Inezgane-Aït Melloul, Chtouka-Aït Baha, Ouarzazate, Taroudant, Tata et Tiznit.

* 2 Robert Galisson et Daniel Coste (dirigé par), 1983, Dictionnaire de didactique des langues, collection N°21, édition N°04, Hachette.

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