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Regard des acteurs de terrain sur les conduites addictives des jeunes (représentations sociales, pensée sociale et logique d'accompagnement )

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par Julie Boussoco
Université de Provence Aix en Provence - Master II psychologie sociale de la santé 2012
  

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1.2. Éléments sur la représentation des jeunes

Pour ce qui est de la représentation des jeunes, nous relevons deux sous-thèmes :

· La souffrance (77%) « j'en ai quand même vu au moins quatre ou cinq qui ne sont pas bien, ce n'est pas juste la crise d'adolescence où ils se cherchent, non, ils sont pas bien » (n°7) ; « des jeunes en difficulté » (n°10)

· La volonté d'accompagnement (44%) « ces situations addictives, qui finalement peutêtre, conviennent très bien à certains » (n°1) ; « On va pas faire pour eux, on va pas faire à leur place, mais.... On est dans une mise en route où l'autre... Faut qu'il soit dans le désir » (n°8)

Ainsi la souffrance et la volonté d'accompagnement semblent être un point d'intérêt dans la catégorisation des jeunes.

1.3. Éléments de représentation du contexte associé à l'addiction

Ce thème regroupe différents sous-thèmes qui donnent une représentation du contexte associé à l'addiction. On y retrouve l'adolescence (83%), l'environnement/sous-culture (72%), la société (56%), les normes sociétales (88%), l'interaction (94%) et les facteurs individuels (100%).

4 Concernant le contexte de l'adolescence, nous distinguons :

· Le risque/ordalie (44%) « ça peut aller très loin j'ai dit justement, jusqu'au ben ben à tenté de de s'automutiler, de se de se détruire de se détruire, pour voir jusqu'où ça va aller» (n°17)

· Le rapprochement des pairs/l'éloignement des parents (61%) « par exemple, il y a une pub, où ils disent, dis moi qu'on sera jamais comme nos parents... » (n°22b)

· L'expérimentation (56%) « à ce moment là de la vie, et qui parmi peut-être les différentes expériences, expérimentations de ...un peu...quitter l'enfance, aller s'expérimenter en tant que adultes, etc, bon euh, l'expérience de certains produits, enfin de certaines consommations peut exister chez certains jeunes » (n°16)

· L'imitation des grands (22%) « des fois, ils se comportent comme des jeunes qu'ils voient dans les téléréalités, » (n°5)

· L'interdit/provocation (39%) « alors, voilà, ils sont jeunes, ils vont prendre des trucs un peu plus illicites, pour transgresser, machin » (n°22b)

· L'étape/la souffrance à surmonter (27%) « ce n'est pas surprenant qu'a un moment de l'adolescence, qu'au moment de fermer les yeux, de se... que ça travaille, que ça ça .. Et justement c'est déjà pas facile mais important d'avoir ces moments de doutes, de questionnements même de peurs, de tout ça. Je crois qu'il faut les affronter. » (n°7)

· La capacité de rebondir (22%) « le jeune il peut, en lui et autour de lui potentiellement solliciter plus de ressources, » (n°20)

Les conduites addictives semblent donc être associées à cette période de passage de l'adolescence, tant pour la prise de risque, la transgression, que pour tester son identité en s'éloignant de ses parents et se rapprochant des pairs. De plus l'attitude face à ces conduites semble positive « C'est qui est bien normal pour des ados » (n°13) ; « ce mouvement d'expérimentation, c'est aussi quelque chose de positif à ce moment là, » (n°16). Et les adolescents sont vus comme étant capables de rebondir.

4 Relativement aux sous-cultures et à l'environnement, nous repérons :

· L'accessibilité du produit (56%) « Le produit est trop facilement accessible » (n°23)

La communication positive sur les drogues (27%) « Parce que quand on vous promet le paradis, on a envie de, d'y aller quoi, voilà » (n°1)

Les sous-cultures comme :

- La sous-culture de la cité (27%) « quand quand je parle du contrat d'apprentissage à certains jeunes ben y me regardent en rigolant " 300 euros par mois mais non mais ça va pas, moi c'est ce que je gagne en une soirée quoi", ben oui » (n°17)

- La sous-culture « jeune déviant » (11%) « Bien souvent quand on est à la marge, ils ont du mal à s'inscrire dans, dans le monde des adultes » (n°8), « ça fait un petit peu peur d'aller vers l'étranger, euh vers l'employeur qui est un mec un peu bizarre, et qu'est ce qu'il veut, il a pas les mêmes codes que moi. » (n°18),

- La sous-culture familiale/régionale (44%) « par exemple on a des jeunes qui arrivent des DOM-TOM, euh culturellement leurs rapports avec l'alcool et avec le rhum euh il est assez particulier » (n°10)

- Les normes du groupe (72%) « Et il faut rentrer un peu dans la norme du groupe et si la norme du groupe c'est prendre des risques, si la norme du groupe c'est de boire, si la norme du groupe c'est de consommer des produits alors, au moins, on va être amenés à le fairei (n°21)

Ainsi, les conduites addictives seraient liées à l'environnement proche tel que l'accessibilité au produit et la confrontation à la communication positive sur l'usage ; mais aussi en lien avec les normes de la sous culture à laquelle le jeune appartient.

4 A propos de la société, nous notons :

La crise/l'individualisme (39%) « c'est bon la religion ça n'existe peu ou très peu, enfin j'dirais moi, pour moi tant mieux mais tout les verrous ou limites, la morale pure, sans même parler de religion,... ben voilà, c'était des choses qui à mon avis étaient plus confortables. Bien ou pas j'en sais rien mais plus confortables. Ils avaient plus ce sens de, du bien et du mal entre guillemets. On est dans une société individualiste » » (n°7) « , là on est en pleine crise, y subissent tous les problèmes sociaux de la société, que la société leur renvoie, » (n°10)

La société de consommation (16%) « Donc les jeunes y sont comme les adultes hein, y sont consommateurs » (n°5)

L'évolution selon les époques (27%) « des modes de consommations qui ont aussi évolué dans le temps. » (n°10)

Ainsi, la société aurait son rôle dans les conduites addictives, de par la situation de crise, l'individualisme et l'incitation à la consommation. Ceci est notamment relevé par l'évolution des usages.

4 Sur le thème des normes sociétales, nous notons :

· La médicalisation (22%) « c'est plus facile en fait de donner des médicaments à consommer que d'approfondir les trucs, quand on approfondit les causes du problème ça prend beaucoup de temps et on consacre pas du temps » (n°9)

· La marginalisation/la stigmatisation (61%) « dans la mentalité de la société en général, on considère qu'un C.A.P si on l'obtient pas c'est qu'on est vraiment, on est à la limite de la débilité. Tandis qu'un bac, c'est mieux. Voilà. Donc les élèves qui préparent des C.A.P, souvent si en plus y réussissent pas quand y préparent leur C.A.P en deux ans c'est que vraiment, c'est foutu pour eux quoi. Y feront jamais rien de leur vie quoi. » (n°9)

· La légalité/la répression en question (50%) « comme si on ne pouvait y répondre qu'en mettant tous ces gens a l'écart en les considérant comme des délinquants, c'est pas des délinquants, c'est toi et moi, je veux dire c'est des gens même des chefs d'entreprise, des gars réinsérés, ils ont une consommation de produit donc euh, voilà, c'est pas une question de délinquance c'est une question de société maltraîtante et de comment on y répond à ça, quoi. Il faut voir la consommation d'anxiolytiques et d'anti-dépresseurs » (n°13) « disons que c'est tellement courant, ça fait partie, c'est comme manger une glace » (n°7)

· La subjectivité des normes (39%) « on est toujours sur et convaincu que ce que l'on sait individuellement c'est la panacée, c'est universel » (n°23)

Ainsi, le regard de la société sur les conduites addictives serait stigmatisant, définissant tantôt l'addiction comme maladie (médicalisation) tantôt comme délinquance lors d'usages illicites. Cependant la laxivité de la répression et la banalisation des conduites sont matière à questionnements. La subjectivité des normes est aussi introduite.

4 Pour ce qui est de l'interaction entre le jeune et les autres groupes, institutions nous relevons :

· La rupture (27%) « jeunes en difficulté en rupture sociale, familiale, professionnelle » (n°10)

· Les adultes (33%) « il faut tout un village pour élever un enfant. » (n°1)

· La famille, tant dans le cadre que dans la communication (50%) « s'il arrive pas à communiquer en famille, si y se sent pas en sécurité, s'il est pas trop bien parce que chez lui c'est pas génial etc, ben y va se regrouper avec des jeunes avec qui y va avoir des affinités on va dire, qui risquent de le comprendre et de l'aider » (n°9)

· L'école/le boulot (83%) « au niveau de leur avenir donc si y sont très inquiets par rapport à ça, surtout si par exemple souvent y a les parents qui mettent un peu la barre haute hein c'est-à-dire y a encore le mythe de l'orientation en scientifique où c'est les plus

intelligents » (n°9)

· Les pairs et les relations amoureuses (39%) « Des relations affectives, des relations de communications avec ses pairs compliquées » (n°8)

Ainsi, les ruptures dans l'interaction humaine ou scolaire, ou encore la difficulté d'insertion professionnelle seraient en lien avec les conduites addictives.

4 En ce qui concerne le contexte individuel, nous avons mis en évidence :

· L'histoire de vie (56%) « il se passe quelque chose de grave, on a perdu le grand père, et donc on se pose des questions existentielles. Y'a le divorce, y'a ceci cela. Là le gamin, c'est sur le pauvre que ça va être très compliqué pour lui » (n°23)

· Le soucis de soi (16%) « Après je ne fais pas de mal à mon corps, euh, tu vois, » (n°3)

· La personnalité (33%) « manque de personnalité, manque de confiance en soi, » (n°18)

· Les biais (22%) « Où je me sens pas responsable ni de moi même ni des autres, c'est le Mektoub , Inchallah tu sais, rho c'est écrit c'est comme ça » (n°23)

· Le manque de connaissances (11%) « quelqu'un qu'a compris, qu'est averti, normalement est plus méfiant et tombe moins dans l'addiction que quelqu'un... qui est plus...euh... moins moins averti et surtout qui... à qui on a pas beaucoup expliqué ou qu'a rien compris à ce qu'on lui avait expliqué. » (n°17)

· La physiologie (16%) « Chaque personne n'accepte pas la drogue de la même façon » (n°12)

· Le projet de vie (83%) « C'est un jeune, il savait pas quoi faire de sa vie et tous, la plus part, ils sont comme ça » (n°5)

Ainsi, les variables personnelles seraient en lien avec les conduites addictives ; que ce soit dans la souffrance causée par l'histoire de vie, dans une absence du souci de soi, par des biais, un manque de connaissance ou de projet de vie absent ; ou encore par la personnalité ou la physiologie.

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