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La formation de la perception de la maison de placement chez les enfants en domesticité entre 9 et 15 ans dans les communautés de Turgeau et de Martissant à  Port-au-Prince : approche matérialiste dialectique.

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par Ricarson DORCE
Université d'état d'Haiti - Licence 2012
  

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CHAPITRE VI

CADRE EMPIRIQUE

C'est le dernier chapitre du travail. Nous ferons, dans les lignes qui suivent, la présentation de quelques données recueillies sur le terrain. Puis, nous procéderons à des analyses.

1- RECHERCHE DE TERRAIN

ETUDE DE CAS

L'individu est un être pluridimensionnel. Il faut le comprendre comme une réalité vivante. L'enfant en service comme tout individu ne doit pas être séparé de son histoire, de la situation de sa communauté ou de sa famille, de ses représentations du monde social qui l'entoure... Nous allons, à partir d'étude de cas, laisser l'enfant en domesticité parler de son histoire et, du même coup, tenter de comprendre en quoi la formation de sa perception de la maison de placement est liée à ses conditions concrètes d'existence.

Nous présenterons ici l'histoire de quatre enfants domestiques (2 filles au bas de Turgeau et 2 garçons à Martissant 23). Cela suffit à faire ressortir une compréhension globale de notre objet d'étude, car la réalité des autres cas rencontrés n'est pas trop différente de celle des autres que nous choisissons de faire connaitre. À noter que, par souci d'anonymat, les prénoms des sujets ont été modifiés.

a) - Cas # 1

Je suis Natacha, née à Jérémie en 2001 dans une famille paysanne de sept enfants : trois (3) garçons et quatre (4) filles. Je suis la troisième de la famille. Ma mère, en proie à des difficultés économiques, a décidé de m'envoyer en 2009 à P-au-P en compagnie d'une amie de sa voisine. Je vis dans cette maison à Turgeau depuis. C'est moi qui prends en charge tous les travaux domestiques, fais le marché, prépare la nourriture, cherche de l'eau, lave les vêtements, baigne les autres enfants de la maison, les emmène à l'école... Moi, je ne suis plus à l'école et j'étais arrivée à la deuxième année fondamentale.

À la maison, je n'ai pas le droit de m'impliquer dans les conversations des autres. Quand les autres enfants regardent la télévision, j'ai toujours des travaux à faire. Souvent, les gens m'offensent gravement et ils ne me donnent jamais raison. Cela me fait honte lorsque même les autres enfants de la maison me traitent de ``restavèk'' et se moquent de mes vêtements troués.

La tristesse, les pleurs et les souffrances m'accompagnent presque chaque jour à cette maison de placement, mais il y a, dans peu de cas, des moments de réjouissance. C'est ainsi la vie !

Je n'aime pas les conditions dans lesquelles je vis (cette maison de placement est comme un enfer pour moi), mais je suis obligée, car mes parents n'ont pas les moyens pour prendre soin de moi et des autres enfants. Nous sommes trois dans la famille placés en domesticité à P-au-P. Mon rêve, c'est d'arriver à aider ma famille, à exercer une profession. Jamais je ne souhaiterai que mes enfants, si j'en aurai, mènent une vie pareille.

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