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John Carpenter, une mise en scène du menaçant

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par Julien Le Goff
Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle (ESRA) - D.E.S.R.A. 2005
  

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2.2- De l'inversion qui dissimule une ressemblance à

l'humaine monstruosité, une réflexion sur ce qui

fait l'Humanité.

Chez Carpenter, la menace n'est jamais loi, dissimulée dans l'ombre, prête à

surgir pour s'emparer du héros carpentérien (ainsi, dans Assaut, lorsque Bishop effectue son tour de reconnaissance dans la ville au début du film, il n'entend pas sa radio énoncer des informations inquiétantes, comme un indice de l'explosion de violence à laquelle nous assisterons par la suite. ) Mais en allant plus loin, n'y a t-il pas une frontière des plus mince qui sépare le héros carpentérien de ce qui le menace ? Ainsi, en regardant bien, héros et menaces, une fois soumis à l'analyse, semblent dangereusement se rapprocher, presque se confondre parfois. On a déjà parler de l'étrange ressemblance de Plissken et de Myers, tous deux entre deux mondes, ni tout à fait vivants ni tout à fait morts. Même cas de figure entre Jack Crow et Valek qui finissent par se rejoindre dans leur manière de n'exister qu'à travers leurs quêtes respectives. Carpenter l'admet lui-même (79) : « finalement Jack Crow et Valek ne forment qu'une seule et même personne. Ils sont si fortement impliqués dans une même quête ! Les similitudes entre les bons et méchants donnent un peu de piment au scénario de Vampires. A l'instar de La Horde Sauvage d'ailleurs. Dans ce western les bandits sont les héros et vice-versa. J'en ai assez du manichéisme radoteur des vieux films de vampires. » Dans le même ordre d'idée, Bertrand Rougier (80) constate que « aucun personnage dans Vampires ne peut revendiquer le rôle de good guy. C'est contre la figure héroïque incarnant généralement les valeurs de la collectivité américaine que l'attaque de Carpenter porte le plus ardemment. Pouvant laconiquement être définis comme une fratrie d'assassins dénués d'âme, tous les personnages du film offrent l'image d'une intégrale négativité. (...) Valek n'est pas un dandy hautain mais un animal enragé, aveuglé par sa haine et son ambition. Tony Montoya n'est pas l'inébranlable bras droit de Jack Crow, mais un vulgaire pantin se désarticulant dès que son maître l'abandonne. Les pontifes du clergé ne sont évidemment pas les représentants d'une foi altruiste, mais de vils hypocrites animés par une vanité sacrilège : devenir immortels. Quant à Jack Crow, c'est une brute dénuée de spiritualité, un être viscéralement, voire exclusivement, violent. » Ainsi donc, les deux côtés de la barrière se rejoignent, les extrêmes s'unissent et en viennent à se confondre, en une bouillie de valeur où les repères traditionnels de Bien et de Mal n'ont plus de valeur.

Pour Carpenter la ligne qui sépare les bons et les méchants dans ses films est « comme dans la vie bien ténue. Les flics et les voleurs sont les mêmes » (81). Pas étonnant donc qu'ils s'associent (Bishop / Wilson dans Assaut ; Mélanie Ballard / Désolation Williams dans Ghosts of Mars). Pour rendre sensible cette atténuation, voire cette disparition de la frontière entre les deux mondes, Carpenter convoque l'image du miroir : le miroir, très présent dans Le Prince des Ténèbres, c'est qui renverse mon image tout en la renvoyant quasiment à l'identique. Exactement comme peuvent l'être Crow et Valek, inversés (camps différents, quêtes opposées...) mais identiques dans une même violence, une même brutalité et surtout un même déficit d'existence en dehors de leur traque réciproque. En un sens, ils n'existent qu'en tant qu'ils se combattent...

Carpenter souligne encore la minceur de ce qui sépare ses héros des forces maléfiques en employant justement et volontairement des anti-héros. John Nada par exemple en est l'archétype même. John Carpenter remarque à ce sujet (82) : « John Nada est un individu sans grande motivation, quelqu'un de complètement banal. (...) Du point de vue de la société il n'est rien (nada en espagnol signifie littéralement rien. Vous savez pour les riches les pauvres sont invisibles. Ils n'existent pas. » Carpenter va même plus loin dans sa volonté de brouiller les pistes (et les valeurs) en créant des figures du mal capables d'adopter la forme même de l'Humanité : Michael Myers affiche un visage humain derrière lequel toute humanité est décédée tandis que la chose se montre capable de reproduire tout être humain dans ses moindres détails : voix, déplacements, physique... Dans un mouvement inverse, comme nous l'avons vu Carpenter fait du référent même du spectateur (Mac-Ready dans The Thing) une menace potentielle. Dans cette confusion des places et des statuts où `on ne peut savoir à qui se fier, que reste-t-il à défendre pour l'Humanité ?Peut-être pas son apparence qui peut être copiée et imitée, mais sûrement ses valeurs et ses principes, et en particulier le combat éthique qu'elle peut mener contre elle-même afin de contenir le Mal qui se trouve en chacun de nous.

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