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Typologie des systèmes d'élevage laitier au Maroc en vue d'une analyse de leurs performances

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par Mohamed Taher Sraà»ri
Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux, Belgique - Doctorat en Sciences agronomiques et Ingénierie biologique 2004
  

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IV-4-3 Résultats et discussion

IV-4-3-a Performances de production des fermes étudiées et évaluation de la qualité du lait

Sur les cinq exploitations étudiées, seule la première est dirigée quotidiennement par le propriétaire des lieux qui est lauréat de la faculté des sciences de Rabat. Les autres éleveurs sont des fonctionnaires, des commerçants, ou carrément salariés d'une entreprise étatique dans le domaine de l'agriculture (SODEA). Seules les fermes avec de grandes superficies (> 100 ha) ont des techniciens d'élevage (cas de l'exploitation n°3 et de la SODEA), les autres étant gérées par des salariés sans formation supérieure. Ceci peut nuire à la qualité de la prise de décision pour la gestion quotidienne des étables. Les superficies totales et précisément celles des fourrages concrétisent l'aspect de conduite «hors sol» des élevages périurbains des différentes unités étudiées. Ainsi on remarque que la charge animale atteint une moyenne de 0,33 ha de fourrage par vache, avec un cas extrême de 0,14 ha par vache : cas de la ferme étatique de la SODEA (tableau 40).

Tableau 40. Caractéristiques structurelles des élevages suburbains étudiés pour leurs paramètres de qualité du lait.

 

Exp. 1

Exp. 2

Exp. 3

Exp. 4

Exp. 5

Moyenne

 
 
 
 
 
 
 

SAU (ha)

14

29

260

386

11

140,2

SF (ha)

11

23

75

8

9

24,8

Effectif en vaches

16

38

57

59

16

37,2

ha fourrage/vache

0,69

0,61

1,32

0,14

0,58

0,33

La stabulation dans la majorité des exploitations est semi entravée à l'exception de la SODEA où elle est de type entravé. La traite se fait deux fois par jour sauf pour la SODEA avec trois traites quotidiennes.

La pluviosité importante qu'a connue la région de Rabat - Salé lors de l'année de l'étude (2002/2003), a permis aux différentes fermes de bénéficier des repousses d'herbe, ce qui a amené certaines exploitations à réduire les apports en concentrés.

Les cultures fourragères emblavées au niveau des exploitations étudiées correspondent à six espèces différentes : l'orge (déprimage), le mas, le bersim, la luzerne, le triticale et l'avoine (figure 27). L'utilisation de la paille comme autre source d'aliments grossiers a été constatée dans la totalité des exploitations, mais avec des quantités différentes et à des niveaux de distribution très variables.

Mois

Sep

Oct

Nov

Déc

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Jui

Juil

Aoû

Exploitation 1

Paille

Orge (déprimage)

Chaumes céréales

Pâturage d'avoine

Concentrés
 

Exploitation 2

Paille

Bersim en vert

Orge (déprimage)

Triticale ensilage

Pâturage / chaumes

Concentrés
 

Exploitation 3

Paille

Luzerne en vert

Concentrés

 

Exploitation 4

Paille

Herbe en vert

Ensilage avoine

Foin vesce-avoine

Concentrés

 

Exploitation 5

Paille

Luzerne

Mas en vert

Repousses d'herbe

Concentrés

 

Figure 27. Calendrier fourrager des fermes laitières suburbaines étudiées pour leurs paramètres de qualité du lait.

Les concentrés les plus utilisés dans les différentes fermes sont l'orge, la pulpe sèche de betterave, le tourteau de soja et de tournesol, la luzerne déshydratée, son de blé, le screening (résidus de meunerie) ainsi que l'aliment composé de l'ACEB (Association Chellah des Eleveurs de Bovins) dit Aliment de l'Unité d'Alimentation du Bétail (UAB).

En analysant le tableau 41, on constate l'importance de l'utilisation des concentrés dans ces élevages et aussi la variabilité de leur distribution, qui est due aux différences des stratégies alimentaires adoptées. La quantité moyenne d'UFL issues des concentrés par vache et par an de tous les élevages étudiés est de 3 082, valeur légèrement supérieure à celle trouvée par SRAÏRI et LYOUBI [2003] lors de l'établissement d'une typologie de fonctionnement d'étables suburbaines, qui était de 2 924 UFL.

Le rapport exprimant la valorisation métabolique des concentrés est de 0,72 UFL par kg de lait. Il illustre un gaspillage des concentrés dans la couverture des besoins d'entretien et/ou des erreurs de rationnement [INRA, 1988], puisque largement supérieur au besoin énergétique correspondant à 1 kg de lait, lorsque les besoins d'entretien sont satisfaits par les aliments grossiers (0,43 UFL).

La moyenne des différents paramètres rapportés dans le tableau 39 montre une dépendance flagrante de ces exploitations vis-à-vis des concentrés provenant de l'extérieur de la ferme, afin de combler l'insuffisance des fourrages. Ceci réaffirme le type d'élevage «hors sol» qui caractérise ces exploitations suburbaines. Les variations de ces paramètres entre les différentes fermes sont expliquées par les stratégies de production adoptées pour chaque exploitation ainsi que les objectifs poursuivis par chaque éleveur. Certains semblent privilégier une production maximale de lait avec la diminution des dépenses en concentrés en tablant sur la production endogène de fourrages (exploitations 1 et 2) tandis que d'autres visent un rendement laitier peu important et en se reportant sur le veau comme produit terminal (fermes 3 et 5). Finalement, l'étable étatique (ferme 4) est plus particulièrement portée sur un rendement maximal sans considération pour les dépenses en concentrés. La production laitière totale annuelle par étable est en moyenne de 171 320 litres mais avec un écart type de 87 114 litres. La production la plus faible est de 61 164 litres affichée par l'exploitation n°5 et la plus importante est celle de la SODEA avec 389 057 litres. Le rendement laitier moyen par vache par an pour toutes les exploitations est de 4 338 kg. Cette valeur est supérieure à celle déterminée lors de l'établissement de la typologie d'élevage en zone suburbaine : 3 218 kg en moyenne pour les vaches de 48 exploitations avec des stratégies d'élevage très diverses [SRAÏRI et LYOUBI, 2003]. Ceci confirme le choix, dans ce suivi, d'étables à vocation plus intensive en matière de production laitière que la moyenne régionale. Toutefois cette performance moyenne reste très en deçà des potentialités des vaches (toutes de race Holstein) et témoigne des erreurs de conduite, notamment en matière de rationnement.

Tableau 41. Caractérisation de l'alimentation et des performances laitières et de reproduction des vaches en étables suburbaines.

 

Exp. 1

Exp. 2

Exp. 3

Exp. 4

Exp. 5

Moyenne

 
 
 
 
 
 
 

UFLcc/kg lait

0,59

0,51

0,96

0,74

0,82

0,72

UFLcc/v/an

2 968

2 467

2 701

4 280

3 011

3 082

ME (kg lait/v/an)

4 667

4 509

2 813

6 592

3 823

4 338

IVV* (j)

417

404

408

387

397

402,6

IVV : Intervalle vêlage - vêlage.

La reproduction du cheptel bovin, appréhendée à partir de l'intervalle moyen entre vêlage, était sensiblement bien maîtrisée. Cet intervalle était de l'ordre de 402 j ; valeur très proche de ce qu'ont trouvé BENAICH et al. [1999], lors d'une étude sur des étables laitières de la même région de Rabat - Salé. Les étables étudiées par ces auteurs étaient, comme les nôtres, toutes soumises à un suivi régulier par des inséminateurs.

Les charges liées à l'alimentation sont élevées dans la majorité des exploitations, représentant en moyenne près de 64,4 #177; 7,43 % des charges totales. Par conséquent, pour produire un kg de lait il faut en moyenne 2,86 DH, ce qui ne laisse pas une marge importante de gain au litre du lait en comparaison avec son prix de vente. Pour certaines exploitations (SODEA), les charges de production laitière (3,97 DH/kg) dépassent le prix de vente du lait (3 DH/kg), et seules les ventes de bovins (veaux et vaches de réforme) permettent de rétablir l'équilibre (Tableau 42).

L'étude des niveaux de mortalité des bovins révèle que dans l'unité étatique pas moins de 13 vaches et 7 jeunes animaux sont morts au cours de cette campagne agricole 2002/2003. Ceci représente 22 % de l'effectif total des vaches et 16 % des jeunes. Ces taux de mortalité sont bien plus élevés que ce qui est relevé dans les autres fermes (entre 0 et 3 %) et surtout par rapport aux normes d'élevage [METGE, 1990]. Les causes directes, telles qu'apparaissant dans les documents tenus par cette exploitation (rapport d'autopsies), sont réparties entre des diarrhées aiguës, les renversements de la matrice... Le statut étatique de cette exploitation et le style intensif d'élevage basé sur les concentrés expliquent aussi l'ampleur des mortalités dénombrées, du moment que les bovins n'appartiennent pas à ceux qui en assurent les soins.

Tableau 42. Paramètres économiques de la production laitière dans les étables suburbaines

Paramètre

Moyenne

Minimum

Maximum

 
 
 
 

PML (DH/l)

3,16 #177; 0,13

3,0

3,5

PRK (DH/l)

2,86 #177; 0,82

1,05

3,97

VA/T (%)

38,5 #177; 10,6

21,4

55,2

CAT (%)

64,4 #177; 7,43

54

78

MBV (DH/v)

8 316 #177; 2 146

4 401

13 109

BV : bénéfice par vache présente ; CAT : charges alimentaire par rapport aux charges totales ; PML : prix moyen de vente du litre de lait ; PRK : prix de revient du kg de lait ; VA/T : rapport entre les ventes des animaux et les ventes totales ;.

Le bénéfice d'exploitation par vache est affecté par les charges importantes liées à l'alimentation, elles mêmes issues des superficies fourragères minimes dans ces exploitations. Il est aussi très fortement lié aux ventes d'animaux le long de l'année. Le bénéfice moyen par vache a été de 8 316 #177; 2 146 DH par vache contre 6 212 DH par vache l'année précédente. Ce résultat est expliqué par les ventes massives d'animaux dans certaines exploitations, suite à une conjoncture de marché favorable. En effet, avec une meilleure pluviosité, les prix des bovins s'accroissent en réponse à la spéculation sur le bétail : la profusion d'herbe encourage plusieurs opérateurs à investir sur de jeunes bovins [COULEAU, 1968].

Lors de l'étude des paramètres de qualité, seuls les laits des trois premières fermes ont affiché des taux butyreux moyens supérieurs (P < 0,05) aux normes en deçà desquelles les usines laitières sont supposées appliquer des pénalités (35 g/kg).

Dans la quatrième étable (ferme étatique de la SODEA), la faiblesse du taux butyreux moyen peut être expliqué par l'effet dilution du lait [LABARRE, 1994], dû à un rendement laitier moyen par vache important (6 592 kg par vache). Ce facteur « dilution » est bien sûr aggravé par un bilan énergétique dominé principalement par les concentrés. Dans l'exploitation n° 5, le taux butyreux moyen ne dépasse pas 32,2 g/kg et cette valeur ne peut être imputée qu'aux erreurs de rationnement (aliment composé UAB riche en concentrés de type « amidon », céréales), puisqu'il n'y a pas à ce niveau d'effet dilution (le rendement laitier par vache n'est que de 3 823 kg).

L'évolution annuelle des taux butyreux et protéique des laits collectés dans les cinq étables est illustrée dans la figure 28. Elle montre l'ampleur des variations du taux butyreux en comparaison au taux protéique, nettement plus stable. En effet, le taux butyreux est cité par divers auteurs comme très fortement influencé par les facteurs impliqués en élevage laitier : animaux, rations, climat... [MARTIN et al., 2003 ; LABARRE, 1994].

Figure 28. Variations des taux butyreux et protéiques annuels moyens en fonction des exploitations étudiées

Le taux protéique moyen par exploitation a été conforme à la norme de 30 g/kg (P <  0,05). En accord avec les résultats d'autres études, des apports massifs en concentrés dans les rations de vaches laitières constituent un facteur stabilisant du taux protéique [COULON et RÉMOND, 1991].

Les températures des différents échantillons mesurées à la ferme, montrent que les laits des fermes n°3 et 4 (ferme étatique) ont des moyennes qui ne dépassent pas les 9°C. Ceci résulte en des pH moyens de 6,83 et 6,80, relativement supérieurs aux pH des laits des autres exploitations (1, 2, 5) qui varient entre 6,67 et 6,69. Ce résultat est expliqué par la présence dans ces deux exploitations (les n°3 et 4) des conditions de réfrigération du lait après la traite. Le lien est fait aussi avec le comptage cellulaire par ml de lait (FMAT). On remarque ainsi que les deux exploitations disposant de moyens de réfrigération (la 3 et la 4) ont les taux de FMAT les plus bas par rapport au reste. Toutefois, tous les laits collectés (les 60 échantillons), sans aucune exception, peuvent être qualifiés de très mauvaise qualité hygiénique puisqu'ils dépassent les 106 UFC/ml [PLUSQUELLEC, 1991]. Il peut être conclu de ces chiffres que même des conditions avantageuses d'entreposage du lait dans les fermes (réfrigération), jusqu'à son écoulement, ne peuvent en aucun cas voiler les pratiques générales d'hygiène fort décevantes qui caractérisent l'ensemble des étables, même les plus intensives dans la production laitière. Par ailleurs, pareils comptages cellulaires moyens ne peuvent que témoigner d'un insuffisante maîtrise de l'hygiène, que ce soit lors de la traite principalement, mais aussi dans l'environnement global des bâtiments d'élevage et des aires de repos [MICHEL et al., 2001].

La détection des inhibiteurs de croissance de la flore microbienne du lait par la méthode du Delvotest® a révélé une moyenne pour toutes les fermes de 3 résultats positifs sur 12 contrôles (tableau 43), avec une supériorité de traitement dans l'unité de la SODEA : 5 sur 12. Ce résultat exprime l'ampleur de l'utilisation des antibiotiques dans cette ferme. Dans les autres élevages, la contamination affectait 2 à 4 prélèvements sur 12. On peut en déduire qu'il n'y a pas d'élimination ou d'isolement du lait des vaches traitées avec des antibiotiques. Les laits contaminés sont mélangés avec les laits sains et avec d'autres laits d'autres fermes pendant la collecte au niveau du camion de l'usine ou par le colporteur. Ceci engendrerait par la suite des problèmes lors de la transformation (inhibition de fermentations lactiques) ou même à la consommation.

Tableau 43. Caractéristiques générales de la qualité du lait dans les fermes suburbaines.

 

Exp. 1

Exp. 2

Exp. 3

Exp. 4

Exp. 5

Moyenne

 
 
 
 
 
 
 

Taux butyreux, g/kg

40,7

41,5

41,5

29,7

32,2

37,1

Taux protéique, g/kg

32,6

31,8

32,7

30,8

31,6

31,9

pH

6,67

6,83

6,69

6,80

6,69

6,74

Température, °C

25,2

8,8

17,6

7,7

29,1

17,7

Acidité Dornic

16,4

16,3

16,5

16,3

16,7

16,5

Antibiotiques

2/12

2/12

4/12

5/12

3/12

3/12

Densité à 20°C

1,0290

1,0281

1,0285

1,0286

1,0280

1,0284

FMAT, UFC/ml

2,5x107

1,5x107

5,4x106

4,8x106

1,3x107

1,2 x 107

IV-4-3-b Pratiques d'élevage et qualité du lait : établissement d'une typologie de laits au Maroc

Une analyse en composantes principales sur les caractéristiques de qualité du lait a été effectuée. Les trois premiers axes factoriels de l'ACP rapportent 74,0 % de la variabilité totale.

La projection des variables caractérisant la qualité des échantillons de lait collectés sur le plan principal (axes 1 et 2) issu de l'ACP est rapportée dans la figure 29.

L'interprétation statistique de la signification des axes est la suivante :

L'axe 1 explique 34,6 % de la variation totale. Il est lié aux variables « taux protéique », « taux butyreux » et « densité » qui sont des variables de matières utiles. Les laits projetés sur le sens positif de cet axe, ont des valeurs du taux butyreux et protéique et de la densité inférieures à leurs moyennes, tandis que des laits projetés sur le sens négatif ont des valeurs supérieures à la moyenne pour ces taux et pour la densité. On peut considérer qu'il s'agit de l'axe "matières utiles dans le lait".

L'axe 2 représente 22,9 % de la variation totale. Il est lié à la variable pH, qui traduit les conditions de conservation du lait à la ferme. Les laits projetés positifs sur cet axe ont un pH au départ de la ferme élevé, tandis que les laits projetés négatifs ont un pH départ inférieur à la moyenne.

Quant à l'axe 3, il constitue 17,5 % de la variation totale. Cet axe étant lié à la variable Log FMAT, il traduit les conditions générales d'hygiène à la ferme. Les laits projetés positifs sur cet axe ont des valeurs de FMAT supérieures à la moyenne et ceux projetés négativement auront des valeurs inférieures à la moyenne.

Ainsi, les trois principaux groupes de variables traduisant la qualité du lait dans un pays chaud et à chaîne du froid vacillante, à savoir les matières utiles (graisses et protéines), la conservation par la réfrigération et l'hygiène générale des étables [MEYER et DENIS, 1999] se trouvent très bien représentées dans cette analyse multidimensionnelle.

Axe 2

TB

D20

pH

p

TB

TP

Axe 1

TB

TB : Taux Butyreux, TP : Taux Protéique, D20 : Densité à 20°C, pH : pH

Figure 29. Projection des variables de qualité du lait sur le plan principal de l'ACP

A l'issue de la classification hiérarchique ascendante, une partition en quatre classes distinctes de lait a été adoptée (58,5 % de la variation totale). A cinq classes, la précision n'augmentait pas sensiblement (62,4 %) et surtout la cinquième classe ne correspondait qu'à la scission du groupe 3 en deux groupes peu intéressants pour la synthèse des données sur la qualité du lait.

La première classe qui contient 21 des 60 laits collectés le long de l'année, a pour caractéristiques principales : un faible taux protéique (29,7 g/kg), et un taux butyreux réduit (32,4 g/kg), associés aux comptages de FMAT (Log FMAT = 6,39) les plus faibles.

Ce sont des laits à une hygiène relativement meilleure et qui correspondent à un rendement moyen par vache, supérieur à la moyenne enregistrée. Ceci explique la faiblesse des taux protéique et butyreux par l'effet de dilution. Les laits de cette classes proviennent des étables intensives (10 des 12 laits de la ferme étatique SODEA) ou des étables qui ont un pic de production spontané (5 laits de l'étable n°5). En effet, ce sont des laits qui correspondent à une production moyenne quotidienne par vache de 17,7 kg, supérieure aux 15,5 kg enregistrés comme moyenne générale. Le pH au départ est de 6,71 et la température de 15,6°C. L'exploitation n°1 n'a aucun lait qui appartient à cette classe vu que le comptage de la flore totale y est le plus élevé en raison de l'absence de réfrigération et des conditions de la traite manuelle qui ne respecte pas les normes d'hygiène.

Le tableau 44 montre la répartition des laits de cette classe entre fermes. Ainsi on remarque que 10 des 12 échantillons annuels de lait prélevés de la 4ème ferme (étatique) et 5 échantillons de la ferme n°5 appartiennent à cette première classe. L'exploitation n°1 n'a aucun lait qui appartient à cette classe vu que le comptage de la flore totale y est le plus élevé. Ceci est expliqué par l'absence de réfrigération dans cette exploitation et par la traite manuelle qui y est pratiquée et qui ne respecte pas les normes d'hygiène.

Tableau 44. Répartition des échantillons de lait collectés par classe selon leur qualité physico-chimique

 

Exp.1

Exp.2

Exp.3

Exp.4

Exp.5

Total

 
 
 
 
 
 
 

Classe 1

0

2

4

10

5

21

Classe 2

2

3

8

0

1

14

Classe 3

2

3

0

0

5

10

Classe 4

8

4

0

2

1

15

Total

12

12

12

12

12

60

La deuxième classe contient 14 échantillons de lait. Il sont caractérises par des taux butyreux et protéique les plus élevés (respectivement 45,9 et 33,7 g/kg), associés à un comptage moyen de FMAT relativement faible (Log FMAT = 6,88 < 7,00).

Les laits de cette classe proviennent des périodes où les productions laitières moyennes par vache sont les plus faibles (PL/vache traite = 12,5 kg), accompagnés d'une utilisation massive de concentrés avec un rapport de consommations de concentrés par kg de lait produit (UFL des concentrés/kg de lait = 0,87) le plus élevé par rapport aux autres périodes.

Cette classe contient 8 laits de l'exploitation n° 3, vu que ses laits sont caractérisés par des taux protéiques et butyreux plus élevé par rapport à la moyenne (respectivement 33,3 et 43,2 g/kg de lait) et un rendement laitier par vache d'à peine 10,4 litres (absence totale d'effet dilution dans cette ferme). Les laits de l'exploitation n° 4 (SODEA) ne figurent pas dans cette classe malgré l'utilisation importante de concentrés. Ceci est justifié par le rationnement strict, et donc l'absence de gaspillage de concentrés.

La troisième classe contient 10 des 60 laits collectés. Elle est caractérisée par des laits au pH moyen le plus faible (6,67), associés à une température moyenne au départ de la ferme la plus élevée (28,4°C) et les taux butyreux et protéique les plus faibles (32,1 g/kg et 31,6 g/kg respectivement). Leur contamination microbienne est la plus élevée par rapport aux autres laits (Log FMAT = 7,37). Ce sont donc les échantillons de lait de plus mauvaise qualité, tant sur le plan hygiénique que physico-chimique. Les conditions d'appartenance à cette classe sont remplies par 5 laits de l'exploitation n° 5, vu que les taux protéique et butyreux y sont faibles à cause de l'alimentation pauvre en fourrage et une gestion alimentaire non adéquate. La contamination importante de ces laits en micro-organismes se fait lors de la traite, puisque il n'y a pas de pratiques d'hygiène adéquates des mamelons avant la traite et la litière est dans un état souillé. Les températures élevées sont expliquées par l'absence de réfrigération.

Les laits des exploitations n° 3 et 4 ne figurent pas dans cette classe puisque ces deux fermes disposent de moyens de réfrigération adéquats. Ceci explique bien les températures inférieures par rapport aux laits des autres fermes et les contaminations moins importantes en flore mésophile aérobie totale.

La quatrième classe compte 15 des 60 laits collectés. Elle est caractérisée principalement par des laits qui correspondent aux meilleures valorisations de concentrés (UFLcc/kg de lait = 0,68 par rapport à une moyenne de 0,76). Le pH moyen est de 6,74 et la température moyenne de 18,59°C. Ces deux paramètres semblent les plus proches des moyennes générales des laits de collecte à la ferme. Mais le comptage cellulaire (FMAT) est plus élevé par rapport aux autres classes, car le Log FMAT est toujours supérieur à 7,00. En moyenne, il est de 7,24 ce qui correspond à une moyenne d'UFC par ml de lait supérieure à 107.

Cette classe est dominée par les laits de la ferme n°1, puisque 8 laits sur les 12 collectés le long de l'année ont toujours une meilleure valorisation du concentré utilisé par rapport aux autres laits. Mais ils sont aussi caractérisés par des comptages de flore plus élevés par rapport autres fermes puisque la litière est dans un état critique, la traite est manuelle, les pratiques d'hygiène lors de la traite sont désastreuses (les pots de traite ne sont pas assez nettoyés pour garantir une hygiène propice) et finalement il n'y a pas de réfrigération pour la conservation du lait.

La ferme n° 2 contribue avec 4 laits des 12 collectés le long de l'année. Ceci est dû principalement aux conditions alarmantes de la litière et du paddock emboué en hiver après les pluies, qui mettent les vaches dans un état hygiénique très sale. Ceci se répercute négativement sur le comptage des germes qui sont très élevés dans ces laits. Les autres laits proviennent des fermes n° 4 et 5.

Le tableau 45 résume les différentes caractéristiques des types de laits distingués par les analyses multidimensionnelles.

Tableau 45. Caractéristiques des différentes classes de qualité du lait en étables suburbaines.

 
 

Classe 1

Classe 2

Classe 3

Classe 4

 
 
 
 
 
 

Moyenne (écart - type)

n

21

14

10

15

pH

6,71 (0,17)

6,82 (0,12)

6,67 (0,08)

6,74 (0,12)

Temp. (°C)

15,6 (10,6)

12,3 (8,0)

28,4 (2,9)

18,6 (8,6)

UFLcc/kg lait

0,76 (0,19)

0,78 (0,42)

0,70 (0,23)

0,68 (0,02)

TB (g/kg)

32,4 (6,2)

45,9 (5,6)

32,1 (5,0)

37,7 (5,3)

TP (g/kg)

29,7 (3,0)

33,7 (2,3)

31,6 (3,1)

32,7 (2,1)

Log FMAT

6,39 (0,29)

6,88 (0,45)

7,37 (0,14)

7,24 (0,27)

TB : Taux Butyreux, TP : Taux Protéique, Temp. : Température.

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