WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Problématique d'application de droit international de l'environnement dans la lutte contre les violations de droit de l'environnement par les groupes armés à l'est de la RD.Congo


par Carlos MUPILI KABYUMA
Université de Limoges - Master 2 2011
  

précédent sommaire suivant

Section II : LES PRINCIPAUX ACTEURS DES CONFLITS ARMES EN RDC

La guerre en RDC témoigne du réveil d'une guerre qui couvait depuis des années. Au-delà des réactions émotionnelles que suscitent les images, toujours recommencées, des victimes civiles fuyant les zones de combat, les pillages et les viols perpétrés par toutes les forces armées impliquées dans le conflits ou celles du recrutement forcé d'enfants soldats, se posent des questions de fond. Quels sont les acteurs d'un conflit dont la durée et les rebondissements après chaque phase d'accalmie signifient qu'il est l'expression de tensions structurelles ? Enchâssé dans l'entité géopolitique des Grands Lacs, le Kivu est partie prenante, d'un système régional de conflits. La guerre qui s'y déroule constitue une sérieuse entrave à la reconstruction de la RDC, et une menace pour la stabilité de toute la région : aujourd'hui plus que jamais le Kivu est la poudrière de l'Afrique Centrale. Quelles sont les forces externes qui interfèrent dans un conflit nourri de facteurs aggravants qui participent à la fois de la dialectique ethnique, des intérêts économiques contradictoires et d'une situation démographique caractérisée par des densités élevées. Cette section s'articule en sept paragraphes : le premier sur les acteurs intérieurs dont le Congrès National pour la Défense du Peuple(CNDP), les rebelles du mouvement M23,le Front Démocratique de Libération du Rwanda(FDLR),les patriotes Mayi Mayi,l'armée de libération de Seigneur(LRA),les Forces Armées de la République Démocratique du Congo(FARDC),Mission de Nations Unies pour la Stabilisation du Congo(MONUSCO) , les pays voisins(le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi)et les firmes multinationales

§1. Le Congres National pour la Défense du Peuple,CNDP

Ce mouvement politico-militaire est issu au départ de populations rwandophones, désignées sous l'appellation générique de  Banyarwanda  et plus précisément de leur composante tutsie Banyamulenge. Son chef, le général Laurent Nkunda, a justifié sa rébellion par la nécessité de protéger les Tutsis du Congo, dont la sécurité et les intérêts économiques apparaissent menacés depuis que la mise en oeuvre des accords de Pretoria a modifié la configuration géopolitique de la nouvelle République Démocratique du Congo. Il a créé à cet effet l'Anti-Génocide Team (devenu par la suite le Comité militaire pour la défense du peuple, CMDP) au lendemain du massacre des Banyamulenge réfugiés dans le camp burundais de Gatumba27(*). Résultant de la fusion, en août 2005, entre le CMDP et l'ONG Synergie Nationale pour la Paix et la Concorde (SNPC), le CNDP s'est doté de statuts en juillet 2006, entérinant ainsi sa création. Son siège politique était situé dans le territoire de Masisi. Son aile militaire, dénommée « Armée nationale congolaise (ANC) »28(*) est dirigée par le général Bosco Ntaganda - ou était, car une « guerre des chefs » vient de se déclarer en janvier 2009, ce dernier contestant désormais l'autorité de Nkunda qu'il accuse d'être un obstacle à la paix29(*).De profondes affinités rapprochent les Tutsis congolais de ceux du Rwanda. Un certain nombre de cadres militaires du CNDP, dont Laurent Nkunda lui-même, s'étaient engagés au côté du Front Patriotique Rwandais jusqu'à la prise du pouvoir à Kigali en juillet 1994. Fortes enfin du soutien de Kigali, notamment en logistique et en équipements, elles représentaient la composante armée la mieux organisée et la plus déterminée de tous les belligérants. Ses effectifs étaient évalués entre 4000 et 7000 hommes. Depuis ses premières victoires sur les FARDC, les forces armées du CNDP n'ont cessé de monter en puissance ; à l'automne 2008 elles se sont emparées d'une grande quantité d'armes et de munition lors de la prise du camp militaire de Rumangabo, situé au nord de Goma. Dans les zones qu'il contrôlait, estimées au tiers des territoires de Rutshuru et de Masisi, le CNDP s'organisait sur le modèle de l'Etat. Il prélevait divers « impôts » : dîmes sur les productions agricoles, taxes sur le charbon de bois, péages routiers, contributions des commerçants ,et impôt douanier à Bunagana etc. La diaspora tutsie participa en outre à son financement. L'hypothèse d'annexer une partie du Kivu au Rwanda n'est jamais énoncée officiellement, mais côté Congolais on attribue des intentions expansionnistes au Rwanda qui de son côté ne se prive pas d'évoquer la « spoliation » territoriale consécutive au tracé frontalier colonial.

* 27

 Massacres perpétrés dans ce camp de réfugiés proche de la frontière congolaise par des FDLR et leurs alliés Maï Maï dans la nuit du 13 au 14 août 2004.

* 28 A ne pas à confondre avec l'ANC de la première législature après l'indépendance du Congo

* 29

Conclus en 2002 ces accords ont mis un terme à la guerre civile congolaise (1998-2002). Dans le cadre de ces accords, les militaires rwandais et angolais ont quitté l'est du Congo en 2003, sans pour autant que ce retrait règle les problèmes de ces régions frontalières sous tension comme en témoignent les conflits en Ituri et au Kivu.

précédent sommaire suivant