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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

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Développement durable et théorie de la régulation : des apports mutuels

Certes, le DD et la TR ne se comparent pas sans précaution, étant entendu qu'ils ne se situent pas sur le même plan épistémologique. La TR est une théorie cherchant à expliquer les dynamiques d'accumulation, leurs caractéristiques, leur entrée en crise, leur enchaînement. Le DD, à l'évidence, n'est pas une théorie. Il constitue, en premier lieu, un référentiel analytique mettant l'accent sur un triple registre d'interdépendances : de domaines (économique, social, écologique, institutionnel), de temps, et d'espaces (Boltanski, Chiapello, 1999).

Mais le DD est aussi un référentiel normatif d'action publique et privée, avec pour dessein le plus fondamental, une conjonction entre équité intergénérationnelle et équité intra générationnelle. En cela, il s'apparente à un « projet ». A l'origine une charge critique et alternative importante, mais un projet de plus en plus approprié par les entreprises et les décideurs politiques et faisant alors office de principe général de développement (Rumpala, 2003).

La différence de positionnements épistémologiques n'empêche nullement le rapprochement. Au contraire, la TR est susceptible d'apporter ses schèmes explicatifs pour ordonner les éléments de problématique offerts par le DD et d'appuyer des projets orientés vers la durabilité. Cette première remarque étant faite, il apparaît que les deux ensembles en présence se situent diversement à l'aune d'un même registre de critères. Les différences sont sensibles. Ce que l'un des ensembles met en exergue est, pour une large part, laissé dans l'ombre par l'autre. Dès lors, les deux registres semblent utilement complémentaires et leur conjonction permet de couvrir un champ bien plus large que ne le fait leur seul regard exclusif.

Le tableau suivant résume la situation différenciée du DD et de la TR face à plusieurs critères, estimés pertinents pour l'exercice de comparaison. La suite de la section en détaillera le contenu.

Tableau 2.1 : DD et TR : manques respectifs et complémentarités

Concepts

Problématique du DD

Théorie de la régulation

Conceptualisation du système économique

Globale et mettant l'accent sur la dimension productiviste

Détaillée : régimes d'accumulation et modes

de régulations variables

Rapport aux institutions

Vague ou ad hoc

Précis : 5 formes institutionnelles

Prise en compte de l'environnement

Essentielle dans l'approche

Non explicitée

Rapport au temps

Long terme a-historique

Dimension historique

Analyse des ruptures

Irréversibilités, incertitude, etc.

Grandes et petites crises

Cadre spatial privilégié

Global

Principalement national

Source : Copyright 2011

Le rapport à l'environnement

Il est vrai, pour y parvenir, il conviendrait que la TR se penche davantage sur le rôle de l'environnement naturel dans la dynamique économique. Au milieu des années 90, Alain on faisait le constat que la TR avait durablement ignoré la question écologique. Cette apparente indifférence était d'autant plus surprenante que les auteurs régulationnistes sont fréquemment engagés comme militants de la cause écologiste (Lipietz 1995).

Pour expliquer ce paradoxe, on invoquait deux raisons. D'une part, ces auteurs sont justement des « écologistes politiques » et non des environnementalistes. Pour eux, dans une tradition althussérienne, l'environnement n'est qu'une production artificielle dans laquelle se matérialisent les rapports sociaux. De là, résulte un intérêt plus marqué pour l'urbain et le cadre bâti que pour l'environnement naturel, au sens strict. D'autre part, l'approche régulationniste est traditionnellement axée sur le fordisme et sa remise en cause et, de ce point de vue, « il est difficile de prétendre que le fordisme soit entré en crise par le côté du rapport société-environnement » (Lipietz, 1995, p. 351).

Par contre, d'autres concernent plus particulièrement l'évolution récente de l'entreprise face à l'environnement. Se situant à un niveau plus général, plusieurs travaux sont partis de l'idée que les caractéristiques du rapport économique à l'environnement étaient influencées par l'état et l'évolution de la conjonction « régime d'accumulation / mode de régulation », et ont même, pour certains, discuté l'hypothèse que le rapport social à l'environnement pouvait constituer une « forme institutionnelle » (Becker, Raza, 2000 ; Rousseau, 2002, 2003).

Quel que soit l'intérêt de ces différents apports, il est clair, cependant, qu'ils sont trop peu nombreux et insuffisamment coordonnés pour former une véritable théorie régulationniste de l'environnement. De fait, l'intégration de l'environnement dans le corpus régulationniste demeure un exercice encore largement inachevé. Les travaux sur le DD, insistent, pour leur part, sur la question environnementale, pourraient utilement contribuer à cette possible orientation nouvelle. En effet, s'il est une composante qui parcourt l'ensemble de la littérature sur le DD, qu'il s'agisse d'apports théoriques ou des documents d'origine institutionnelle, c'est bien la question environnementale Côté économie standard, la théorie de la croissance soutenable se fonde sur la théorie des externalités environnementales, issue de l'économie des ressources naturelles (Hotelling, 1931 ; Solow, 1974a, 1974b ; Hartwick, 1977, 1978).

Pour leur part, les partisans de la durabilité forte, en particulier les tenants de l'économie écologique, mettent la spécificité de la logique écologique au coeur de leur analyse et adoptent une position critique vis-à-vis de l'hypothèse de substituabilité des facteurs généralement avancée par le courant standard. Ils reconnaissent ainsi le concept de « capital naturel critique » (Ekins et al. 2003)

Selon lequel un certain nombre de phénomènes naturels sont proprement irremplaçables (régulations climatiques, protection par l'ozone stratosphérique, biodiversité, etc.) et leur dégradation, au-delà d'un certain niveau, est porteuse d'irréversibilités ruineuses pour la nature comme pour l'Homme. Finalement, dans l'ensemble de la littérature non théorique sur le DD, émanant des diverses organisations s'estimant concernées par cette problématique (institutions internationales, administrations d'État, collectivités territoriales, entreprises et leurs représentants, associations...), l'environnement naturel occupe une place centrale, voire exclusive (Ibid.).

Dans ce registre particulier, les contributions portent alors sur les impacts environnementaux des activités économiques, sur les moyens possibles permettant de limiter ces impacts en privilégiant en l'occurrence l'intervention préventive, ainsi que sur la possible conciliation entre efficacité économique et préservation de l'environnement. Sans doute de telles contributions manquent-elles à dégager une véritable « historicisation » du rapport entre activités économiques et environnement. Tout comme pour le DD en général, il n'est pas recherché une périodisation de ce rapport en lien avec les modes de développement prévalant. Pour le moins cependant, les travaux existants pourraient apporter un matériau de choix pour alimenter une telle problématique à laquelle s'attellerait la TR, munie quant à elle de son appareillage conceptuel.

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