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La preuve du contrat électronique sous l'ère du numérique en droit congolais


par Franck Edji Songo
Université de Kinshasa - Licence 2025
  

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SUGGESTIONS

Au terme de cette étude, il apparaît clairement que la reconnaissance et la mise en oeuvre de la preuve du contrat électronique en République Démocratique du Congo, bien qu'ayant une base légale, demeurent confrontées à plusieurs défis tant techniques que juridiques. Pour y remédier et renforcer la sécurité juridique dans les transactions électroniques, les suggestions suivantes sont formulées :

1. Renforcement du cadre législatif : Il est nécessaire de compléter les dispositions du Code du numérique par des mesures d'application claires, notamment en matière de procédure probatoire, de signature électronique qualifiée et de certification numérique.

2. Modernisation du Code civil congolais : Il est recommandé d'intégrer expressément la preuve électronique dans le Code civil, livre III, afin d'aligner le droit congolais sur les standards internationaux en matière de droit de la preuve.

3. Formation des acteurs judiciaire : Juges, avocats et officiers du ministère public doivent bénéficier de formations continues sur les aspects techniques et juridiques de la preuve électronique pour une meilleure application des textes en vigueur.

4. Coopération régionale et internationale :La RDC devrait accélérer sa ratification de la Convention de Malabo et renforcer sa coopération avec les autres pays africains pour harmoniser les standards juridiques en matière numérique.

En somme, la transition vers un environnement juridique pleinement adapté à l'ère numérique exige des réformes structurelles et une volonté politique affirmée, afin de sécuriser les échanges électroniques et garantir la protection des droits des parties au contrat.

CONCLUSION

Au terme de cette recherche dont le sujet est intitulé « la preuve du contrat électronique sous l'ère du numérique en droit congolais » nous pensons que l'évolution du numérique dans les sociétés modernes a profondément transformé les modes d'échange, de communication, et notamment la conclusion des contrats. L'émergence du contrat électronique constitue une innovation majeure qui bouleverse les principes classiques du droit des obligations, notamment en matière de preuve contractuelle. Il faut noter que le contrat conclut par voie électronique n'est pas vu comme un contrat type de contrat du droit des contrats civils et spéciaux mais plutôt un nouveau mode qui s'adapte aux exigences du monde moderne et est considéré comme un sous contrat conclu à distance. À travers cette étude, nous avons mis en lumière les efforts normatifs entrepris pour intégrer le contrat électronique dans le paysage juridique congolais. L'adoption de l'Ordonnance-loi no23/10 du 13 mars 2023portant Code du numérique, marque un tournant majeur dans la reconnaissance légale de l'écrit et de la signature électroniques. Ces dispositions reconnaissent la valeur probante de l'écrit électronique, à condition qu'il garantisse l'identité de son auteur et l'intégrité de son contenu, au même titre qu'un écrit sur papier.

Toutefois, malgré cette avancée législative, plusieurs limites subsistent. D'une part, les dispositions du Code civil congolais (Livre III) ne sont pas encore totalement harmonisées avec la réalité numérique. La preuve des actes juridiques, en particulier en matière contractuelle, repose encore sur des textes qui ne prennent pas toujours en compte les spécificités des supports électroniques. Ce décalage entre droit positif et pratiques numériques crée une insécurité juridique, tant pour les opérateurs économiques que pour les justiciables.D'autre part, des défis pratiques entravent l'effectivité de la preuve électronique : la faible vulgarisation du droit numérique, le manque d'infrastructures technologiques fiables, l'absence de prestataires accrédités pour la certification électronique, ainsi que la formation insuffisante des acteurs judiciaires (magistrats, avocats, greffiers) sur les mécanismes techniques et juridiques de l'écrit numérique.

Sur le plan doctrinal, des auteurs comme KABASELE KABASELE Nicolas insistent sur la nécessité d'une réforme cohérente du droit de la preuve en RDC, intégrant pleinement les outils numériques dans le système probatoire classique. D'autres, tels que LUTUMBA WA LUTUMBA Prince octave , plaident pour une réforme du Livre III du Code civil congolais afin d'y intégrer expressément les nouvelles formes d'écrits et de signatures, garantissant ainsi la sécurité des transactions en ligne.

Il est donc impératif que le législateur congolais poursuive les efforts d'adaptation du cadre juridique, en s'inspirant des standards régionaux (comme la Convention de Malabo de l'Union Africaine) et internationaux (comme la Loi type de la CNUDCI sur le commerce électronique). Une telle démarche renforcerait la confiance des citoyens et des opérateurs économiques dans les outils numériques, favoriserait l'investissement en ligne et encouragerait l'administration électronique.

En somme, si la législation actuelle a amorcé l'intégration de l'écrit électronique dans le droit congolais, son efficacité dépendra de la capacité du système juridique et institutionnel à accompagner cette transition numérique, à sécuriser les preuves électroniques et à en assurer la validité, l'authenticité et la fiabilité. Le contrat électronique, loin d'être un simple phénomène technique, est une réalité juridique qui mérite une réflexion approfondie et une adaptation continue du droit congolais.

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