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Adaptation transculturelle de l'Echelle Québécoise


par Hassan Daoudi
Académie universitaire de Wallonie Bruxelles
Traductions: Original: fr Source:

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CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

Introduction

Ce chapitre correspond à l'analyse de la demande d'adaptation, en contexte Marocain, d'un outil d'évaluation déjà existant, adapté à la population scolaire du Québec et utilisé dans d'autres pays francophones comme la Belgique.

En effet, le diagnostic constitue l'un des problèmes majeurs auxquels est confrontée l'éducation nationale pour intégrer les enfants en situation de handicap qui sont en grande majorité scolarisé sans encadrement spécifique. Selon l'enquête nationale (2005), l'ensemble des acteurs de la communauté scolaire reconnaît qu'aujourd'hui, le dépistage et le diagnostic constituent le point faible dans le système d'intégration scolaire pour ces enfants, d'où la nécessité d'élaborer des échelles d'évaluation adaptées à la population scolaire Marocaine.

1 Les bases de la méthodologie

La validation transculturelle d'un instrument d'évaluation est un processus complexe qui nécessite un investissement important en ressources temporelles et financières. Il apparaît difficile de réaliser cet exercice en moins d'une année. Avant de s'aventurer dans ce processus, il est important de s'assurer qu'il n'existe pas d'instrument équivalent en langue française ou un instrument équivalent traduit et validé. Dans le cas contraire, il est primordial que le chercheur fasse une recension exhaustive des instruments pertinents pour son étude afin de sélectionner celui qui a traversé les étapes de validation les plus rigoureuses, dans sa langue d'origine.

Une validation transculturelle effectuée selon les règles de l'art ne peut généralement produire une version plus valide et fidèle que la version originelle. Certes, ce processus permet souvent d'améliorer certains aspects de la version d'origine ou de lui faire franchir certaines étapes de validation non encore complétées, mais il ne peut compenser des manques flagrants de validité de contenu, de construit et de fidélité. De plus, dans la plupart des cas, l'utilité d'un instrument d'évaluation est sa capacité de détecter des différences entre des individus, des groupes particuliers ou suite à des changements induits par un traitement, un

programme ou par des modifications environnementales. On réfère ici à la spécificité et à la sensibilité de l'instrument. Ces qualités d'un instrument doivent également être prises en compte dans la sélection d'un instrument.

La validation transculturelle d'un instrument implique trois grandes étapes : 1) la traduction et la vérification de son équivalence ; 2) la vérification empirique de la validité de la version traduite ; 3) l'adaptation des scores au contexte culturel et le développement de normes. Chacune d'entre elles comporte également des étapes nécessaires à la réalisation d'une version valide, et plusieurs options s'offrent au chercheur avec leurs avantages et inconvénients. Au sein de cette entreprise générale, ce travail de recherche consiste en une première approche qui sera complétée dans des travaux ultérieurs.

1.1 Validité de la recherche

La validité soulève le problème de savoir si le chercheur « observe vraiment ce qu'il pense observer » c'est-à-dire si les données ou mesures obtenues ont une valeur de représentation et si les phénomènes sont bien nommés, en d'autres termes si les variables qui les identifient reçoivent des dénominations correctes (Kirk & Miller, 1986, p.21).

Selon Gauthier (1987, p.2), « le souci de validité est d'abord cette exigence que se donne le chercheur qui veille à ce que ses données correspondent étroitement à ce qu'elles prétendent représenter, d'une manière véritable et authentique » au delà de cette préoccupation, ce dernier auteur voit également la nécessité d'ajouter la notion d'usage puisque, comme le fait remarquer (Stufflebeam cité par Lessard-Hébert et al., 1990), "le souci de validité s'applique moins aux données elles-mêmes qu'à ce qu'on en fait et qu'à ce qu'on leur fait dire ". En effet, la notion de validité concerne aussi le processus de codage, de sélection des données.

Quant à Kirk et Miller (1986, pp. 29-30), ils considèrent la validation des inférences (« validité théorique ») comme la tentative de se prémunir contre trois sortes d'erreurs possibles :

une erreur de type 1 consiste à croire qu'un principe (assertion théorique) est vrai alors qu'il ne l'est pas (rejet erroné d'une « hypothèse nulle ») ;

- une erreur de type 2 est le rejet d'un principe, alors qu'en fait ce principe est vrai ;

- une erreur de type 3 consiste à poser la mauvaise question. Il s'agit là de la plus grande source d'erreurs de validité.

Pour éviter l'erreur de type 3 et s'assurer d'une validité théorique, Kirk et Miller (1986) reconnaissent, comme Webb et al. (cité par Lessard-Hébert et al., 1990), la valeur de la diversité des techniques d'observation utilisées dans un devis de recherche qualitative.

Les mêmes auteurs pensent que la validité des études portant sur les groupes ou les cultures humaines passe par une interaction personnelle à long terme entre le chercheur et les sujets. «Il n'y a pas d'autre procédure pour assurer ce type de validation qu'une interaction personnelle soutenue. Nous ne pouvons pas être certains que nous comprenons tous les aspects culturels particuliers d'une situation, mais le fait d'avoir sur le terrain un chercheur ouvert et intelligent, qui possède un bon cadre théorique et un bon rapport couvrant une longue période de temps, constitue la meilleure vérification de la validité de nos connaissances ».

Ainsi la durée de l'observation est un facteur de validation d'une recherche qualitative sur le terrain et elle est associée à un autre facteur : la proximité (« interaction personnelle ») du chercheur et du milieu. Pour Gauthier (1987, p. 10), la prise en compte de la validité dans une recherche portant sur les pratiques sociales d'un milieu passe par la «proximité du chercheur avec le milieu où évoluent les praticiens de la situation étudiée. Le chercheur en pratiques éducatives ne peut se permettre de garder ses distances vis-à-vis de ses collègues s'il veut être guidé par un souci de validité ».

Dans un souci de validité élargi à l'ensemble des phases de la recherche, Gauthier (1987, p. 9) estime que cette proximité du chercheur et du milieu doit être établie dès la phase de délimitation du problème de recherche : « le rôle majeur du chercheur en milieu pratique éducatives qui se préoccupe de validité c'est d'abord, si cela est possible, de vivre avec le problème qu'il a pour mandat d'éclairer ».

Pour Habermas (1987 cité par Muchielli, 2004), la validité de la recherche peut être atteinte par la validité (interne et externe). La validité interne apporte la crédibilité et peut être

observée au sein de l'échantillonnage, précisant et spécifiant les différentes catégories de personnes participantes. La validité externe peut être observée par les catégories élargies permettant une transférabilité.

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