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L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

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par Guy DONGMO
Université de Nantes  - Master II Sciences de Gestion 2008
  

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CONCLUSION GENERALE

L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

G. DONGMO ; Mémoire de MII en Sciences de Gestion- Institut d'Administration des Entreprises, Nantes, France Page 141

G. DONGMO ; Mémoire de MII en Sciences de Gestion- Institut d'Administration des Entreprises, Nantes, France Page 142

L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

Au regard des conclusions établies à la fin de chapitres et parties, notre conclusion générale sera davantage tournée vers la description des éléments déterminants de notre travail. En outre, il s'agira aussi d'élargir le champ de l'étude vers des nouvelles perspectives non seulement par rapport à des objectifs personnels, mais aussi pour des chercheurs s'intéressant à des thématiques proches de la notre.

Ainsi, notre recherche a consisté à comprendre le lien entre critères d'évaluation de la performance et les modalités de gestion de la recherche et de l'innovation dans un laboratoire. Il en ressort que la production des connaissances nouvelles pour les Etats est une source de richesse, et disposer d'un potentiel de recherche et d'innovation pour maîtriser les capacités technologiques est un outil primordial de puissance économique. De ce fait dans le contexte de mondialisation actuel, il est clair que la compétitivité qui en résulterait, n'est plus le fait exclusif des Etats, il est davantage entre les institutions et des laboratoires de recherche. Autrement, un Etat disposant des institutions de recherche de meilleure qualité (université, cadre d'excellence) est capable d'attirer les projets des grandes entreprises et même les cerveaux de part le monde. Bien plus la visibilité des activités entreprises par ces centres et institutions avec les supports de vulgarisation, préoccupe de plus en plus les décideurs et surtout les acteurs de la recherche. Ainsi des initiatives régionales, nationales et mêmes internationales apparaissent de tout bord pour classer les universités (au travers de leurs productions scientifiques) en mesurant via certains critères bien polis, la performance de ces entités en matière de recherche et d'innovation. Ces variables utilisées sont choisies comme nous avons pu le constater de façon abusive, fragilisant parfois la mesure de l' « excellence scientifique ». De ce fait, l'évaluation de la performance est de nos jours un des outils clés de l'orientation stratégique des laboratoires. Ils ont nonobstant laissé transparaitre des failles pertinentes. Il est vrai que tout outil de travail est perfectible, mais il faut reconnaitre que l'évaluation est très souvent basée sur la production d'indicateurs quantitatifs dont le choix, la construction et l'analyse sont extrêmement délicats 87(Esterle, 2007).

Il faut admettre que tout est perfectible, cela signifie que disposer d'une batterie d'indicateurs, qui peuvent être normalisés et permettre des comparaisons à l'échelle

87 L.Esterle est directrice se l'observation des sciences et des technologies, chercheurs au CERMES

G. DONGMO ; Mémoire de MII en Sciences de Gestion- Institut d'Administration des Entreprises, Nantes, France Page 143

L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

nationale, voire internationale est nécessaire. Cela permet de situer et de caractériser l'activité de recherche. Toutefois, on sait par ailleurs qu'elles ne peuvent être restreintes à la production de connaissances, encore moins à la seule production d'articles scientifiques. Notons tout de même que les institutions nationales et internationales ne peuvent s'affranchir d'un débat sérieux sur l'usage et l'intérêt des indicateurs pour expliquer la qualité d'un projet. Il est nécessaire enfin de construire des outils (comme nous avons essayé de faire au long de notre travail) fiables et appropriés. Puisque la performance est difficile à cerner au moyen de quelques variables. Autrement dit l'évaluation doit prendre en compte les différences liées aux disciplines88. Finalement, il doit en permanence s'agir d'un processus la construction des critères d'évaluation. Et comme tout processus, il est caractérisé par des essais et des erreurs qui font effectivement que la réflexion progresse au sein des institutions, permettant notamment au laboratoire de vibrer en permanence au diapason de la concurrence mondialisée par leurs innovations continues.

En revanche nous pouvons nous interroger sur l'innovation en permanence. C'est-à-dire : l'innovation répétée et de la rationalisation quels conséquences?

Notre société actuelle est une société (Erkman, 1998) non pas post industrielle, mais plutôt « hyper-industrielle », où les flux de matière et d'énergie accroissent sans cesse. Ainsi, une organisation innovante doit être capable de maintenir un flux persistant et répété d'innovation (Le Masson et al, 2001, p280). Bien que, tous les chercheurs soient au courant du fait que l'innovation permanente entraine l'épuisement progressif des matières premières, le mythe de l'innovation source de progrès perdure. Mais la recherche et l'innovation sont pourtant comme toute chose, il en faut ni trop ni trop peu. [les] vouloir à tout prix peut être aussi nocif que de [les] refuser » (T.Gaudin ; 1998). Nous voyons dès lors que la rationalité de l'homme soi-disant rationnel dans les théories économiques est en réalité limitée (H.Simon). Pour ce qui est du fonctionnement des organisations, M.Crozier et H.Friedberg (1992, P41) estime que la rationalité est également surévaluée. Ce qui n'ébranle pas la foi en la rationalisation. Nous avons

88 On n'utilisera pas les mêmes paramètres pour évaluer la performance en physiques, biologie, chimie en sciences sociale etc. pour recourir aboutir à des résultats significatifs à cause entre autres des différentes représentations qui peuvent être faits du projet.

G. DONGMO ; Mémoire de MII en Sciences de Gestion- Institut d'Administration des Entreprises, Nantes, France Page 144

L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

montré dans notre travail les efforts de rationalisation des projets d'innovation. Rationalisation qu'A.Hatchuel et Weil (1992, P121) définissent comme un objet mythique, figure du progrès des organisations, qui donne pour un temps « les moyens conceptuels et pratiques d'un programme d'action » ; elle vise notamment une efficacité accrue, ce qui incite à la réflexion pour une réduction de certaines crises de l'action collective (ibid., 159). Reconnaissons avec ces auteurs, que toute rationalisation constitue peu ou prou une difficulté majeure pour les phénomènes auxquels elle s'applique. Ainsi l'évaluation de la performance serait régit par cette rationalisation qui consiste à couper tout ce qui n'obéit pas à sa démarche89. Ainsi elle peut conduire à négliger ce qui est vital (Ibid. P30). Alors un processus de rationalisation de l'activité collective ne serait donc cohérent et surtout créateur que s'il a pensé à la fois des nouvelles représentations et de nouveaux rapports sociaux en adéquation avec le contexte historique et plus acceptable pour des acteurs (ibid. p32). Cette rationalisation de conception en Amont (soutenue par Weil, Hatchuel, Lenfle, Midler ...) peut être perçue comme dangereuse voire devenir une « fuite en avant » irresponsable de l'activité intellectuelle. Ainsi E. Morin (1990, P144) présente la rationalisation comme « une construction d'une vision cohérente, totalisante de l'univers, à partir de données partielles, d'une vision partielle ou d'un principe unique ». C'est finalement « une pathologie de la raison (...) qui enferme le réel dans un système d'idées cohérent, mais partiel et unilatéral90 » (E. Morin, 1996, p 23-24). Il faut par conséquent faire un distinguo entre raison et rationalisation, puisque « la vraie » rationalité doit être la lutte contre la rationalisation. Sans vouloir assimiler l'approche de rationalisation d'Hatchuel et Weil à celle de Morin nous pensons par contre que, si l'envie de maîtriser le temps chez les acteurs de l'innovation, devenait un objectif absolu, démesurément envahissant, cela signifierait à notre avis, une restriction du réel, cohérent mais unilatérale. Ce qui est dangereux pour la recherche car, « aussi judicieux que se présente une idée, elle devient atroce si elle règne sans partage » (Serres, 1991, 188, cité par Boldrini, 2001).

89 La phrase d'A. Hatchuel et Weil se rapproche de celle d'E. Morin selon laquelle « la rationalisation est une logique close et démentielle qui croit pouvoir s'appliquer sur le réel et, quand le réel refuse de s'appliquer sur cette logique, on le nie ou bien on lui met les forceps pour qu'il obéisse (Morin, 1990, p. 104).

90 C'est le cas également des critères d'évaluation qui enferment la recherche et l'innovation dans deux indicateurs.

L'évaluation de la performance de la recherche et de l'innovation dans les laboratoires universitaires.

Quels prolongement ou pistes pour la recherche ?

Nous savons qu'il existe des sujets qui restent dans l'ombre, il en est d'autres auxquels, il est indispensable de consacrer des recherches complémentaires.

En examinant dans la troisième partie l'importance de la construction des nouveaux critères d'évaluation de la performance d'un laboratoire, et aussi, l'importance de l'évaluation de l'activité (quand cela se fait) plutôt que le support. Nous croyons fortement que cette étude enrichissante, ne sera davantage enrichie que lorsqu'on aura de façon concrète testé le modèle multicritère en l'adaptant aux représentations que chaque laboratoire où se fait de l'activité de recherche.

En outre, nous avons constaté que les enseignants chercheurs ne sont évalués que sur leur activité de recherche. Et dans cette activité de recherche, on cible une seule à savoir les publications scientifiques. Ce qui est sans doute problématique, nous amenant ainsi à nous poser la question de savoir : Quelle serait l'influence de l'évaluation de la performance des enseignants chercheurs sur la compétitivité des universités françaises ? Ceci nous semble fort explorable pour un travail sur une période plus longue, en thèse si l'occasion nous est donnée de poursuivre en doctorat.

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