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L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

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Paragraphe 2. Le moment et les modalités de l'invocation

L'exception d'inconstitutionnalité doit être invoquée par les parties au procès à une
phase précise de l'instance notamment avant la mise en délibéré (A) et dans leurs
conclusions respectives (B).

60 A la différence, l'intervention forcée contraint par le juge, est une demande incidente dirigée par l'une

des parties contre un tiers.

61 Article 49, alinéa 2, de la loi portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle telle

que modifiée et complétée par la loi organique n°57-20 du 18 novembre 2020 sus citée.

62 R. LEFEBVRE, Pratique du contentieux administratif, Dalloz, Paris, novembre 2011, p.15.

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A. Avant la mise en délibéré

La mise en délibéré est ici prise dans son assertion la plus large à savoir la phase de
l'instance au cours de laquelle la juridiction administrative saisie, même pénale, est
appelée à rendre oralement sa décision. Et « pendant tout le temps que dure le travail
de réflexion et de rédaction de la sentence, le délibéré est secret »63. C'est aussi :

« l'acte consistant pour le juge, à la clôture des débats, à réserver l'examen de l'affaire
avant de rendre sa décision, c'est-à-dire, le plus souvent à renvoyer l'étude pour la

soumettre à une délibération en chambre de conseil »64. L'E.D. doit alors, lorsqu'elle

est soulevée devant le juge administratif, faire l'objet d'un débat à l'effet de faire asseoir
le principe du contradictoire entre les parties.

S'il est reconnu que l'E.D. doit être soulevée avant la mise en délibéré, elle peut aussi
l'être à chaque étape que les parties font valoir leur défense au fond. Une confusion
peut alors naitre selon la nature sémantique du terme « exception ». Car, selon les
termes de l'article 179 du CPCCAF: « Constitue une exception de procédure tout
moyen qui tend à faire déclarer la procédure irrégulière ou à en suspendre le cours

(...) »65.

Or,

selon

le

juge

administratif

congolais à

la

lecture

de

l'article

179 : « l'exception d'inconstitutionnalité d'une loi ne figure pas parmi les exceptions ou
moyens qui doivent être soulevés avant toute défense au fond ou fin de non-
recevoir »66. Elle ne doit donc qu'être soulevée au moment entre lequel le juge arrête
les débats et va rendre son jugement.

La précision est également apportée à l'article 49 de la loi portant organisation et

fonctionnement

de

la

Cour

constitutionnelle

qui

fixe

que :

« L'exception

d'inconstitutionnalité doit, à peine d'irrecevabilité, être invoquée avant la mise en
délibéré, en matière pénale, et en toutes autres matières par les parties au procès
(...)». Il s'agit pour les parties de soulever ladite exception avant que la juridiction
administrative en formation collégiale ne se réunisse pour trancher du litige qui leur est

63 J-C. RICCI, Droit administratif général, Paris, Hachette livre, 2013, p. 542.

64 G. CORNU, Vocabulaire juridique, op.cit., p. 1410.

65 De manière exhaustive, le législateur congolais cite au soutien de l'article 179, les exceptions de

procédure suivantes : « les exceptions de communication de pièces ; les exceptions d'incompétence ;

les exceptions de litispendance ou de connexité ; les exceptions dilatoires ; les exceptions de nullité ».

66 T.A, ADD du 09/10/2019, Affaire X contre l'Etat congolais et la CRF.

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soumis et avant que la décision prise ne produise des effets relatifs au respect de la
chose jugée, de l'exécution du jugement et des effets financiers. Aussi, de faire éviter
des actions dilatoires visant à faire retarder la fin du procès.

De même, il convient de souligner que l'instruction de l'affaire n'est pas prolongée à
souhait par les parties, elle ne tient qu'à une période tenant au respect de la notion
des délais raisonnable des jugements même si cette dernière notion reste abstraire
car, le législateur n'a pas défini à l'avance la durée à laquelle devrait se tenir un procès.
Une procédure ne peut pas s'éternisée combien même elle est tenue de respecter
tous les principes qui régissent un procès équitable67. A cela, s'il n'est pas autorisé au
juge administratif de soulever d'office l'E.D., il lui est quand même reconnu la
compétence de fixer les délais au cours desquels les parties doivent faire valoir leur
moyen de défense. Car à la clôture de l'instruction, il ne sera plus possible pour les
parties d'invoquer l'E.D. ou tout autre moyen de défense sauf dans certaines
circonstances prévues par les textes. C'est le cas de la théorie dite des notes en
délibéré68. Aussi, dans le contentieux de la reconduite à la frontière des étrangers en
situation irrégulière en « France » précisément, le juge doit, ou, selon les cas, peut,
tenir compte d'un mémoire produit après la clôture de l'instruction écrite69.

Pour soulever une exception d'inconstitutionnalité devant le juge administratif qui à cet
égard est « juge de l'action » et « juge de l'exception », les parties doivent la formuler
par écrit dans un document précis. La procédure administrative étant par essence
même, une procédure écrite.

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