WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B. Le respect du moment et des modalités

L'ouverture du procès administratif est bien entendue liée au respect des conditions
ayant traits à la recevabilité de la requête, à l'action et à celles liées au requérant et/ou
aux intervenants. Toutes ces conditions, comme dit plus haut, doivent être invoquées
avant la mise en délibéré de l'affaire. L'interruption de l'instance par les parties n'est
en ce sens acceptée que : « pendant la période au cours de laquelle se déploient les
argumentations des parties et durant laquelle le juge est susceptible d'ordonner les

mesures utiles à la manifestation de la vérité »86.

Pour ce qui concerne les parties, une interruption d'instance n'est justifiée que dans
l'hypothèse où l'une d'entre-elle pense perdre par l'action du juge ses moyens de
défense ou ses droits tels que ceux-ci lui sont garantis par la Constitution. De ce point
de vue, il est nécessaire de distinguer l'interruption de l'instance à sa suspension. La
première est : « un incident ou un événement qui, empêchant l'instance de se dérouler
normalement en raison d'une cause déterminée par la loi, rend nuls, du seul fait de la
survenance de l'obstacle, les actes et jugements qui interviendraient postérieurement
au fait interruptif, s'il n'y a eu reprise d'instance »87. La seconde définition relative à la
suspension est : « un arrêt temporaire, mais parfois indéfini, de l'instance, résultant
d'un sursis à statuer, d'une radiation de l'affaire ou d'une autre cause déterminée par
la loi après lequel l'instance se poursuit avec un minimum de formalités »88. Si la
frontière entre ces deux notions n'est pas simple à définir, on peut tout de même
constater que : « pour la suspension, après la disparition de la cause de suspension,
l'instance se poursuit comme auparavant et elle continue sa progression, tandis qu'en
cas d'interruption, l'instance ayant été arrêtée, il y a lieu de la reprendre, après que la
partie intéressée a retrouvé ses facultés de se défendre mieux, n'a pu voir ses droits
être violés »89. Selon la loi congolaise, l'exception d'inconstitutionnalité constitue pour
autant une cause d'interruption de l'instance que de sa suspension.

86 Voir les actes du colloque intitulé, L'instruction dans le procès administratif, Faculté de droit de Metz,

île du Saulymars, 2018.

87 G. CORNU, Vocabulaire juridique, op. cit., p. 1222.

88 Ibid, p. 2127.

89 Voir le commentaire sur https://www.labase-lextenso.fr/ouvrage , consulté le 15 juin 2024.

29

Dans la pratique, c'est à l'occasion de l'examen du dossier par le juge objet du litige
qu'un « problème d'inconstitutionnalité peut surgir90» Il revient à ce moment au juge
de vérifier si la disposition contestée par l'un des acteurs au procès est applicable au
litige ou à la procédure. Si la ou les dispositions constituent le fondement des
poursuites. L'incident doit de même revêtir un caractère sérieux91. La loi incriminée
doit de même déterminée l'issue du litige pour que l'incident caractérisée soit retenu
par le juge. Il sied alors de comprendre qu'il peut s'agir de tout ou partie d'une loi, acte
voté par le parlement92, et de façon large, de toute loi organique ou ordinaire. Car,
même lorsqu'une loi ait été votée et promulguée, celle-ci peut toujours renfermée
quelques manquements qui sont attentatoires aux droits et libertés consacrés par la
Constitution. C'est à ce titre qu'un tel mécanisme est considéré comme permettant
« de remonter le temps et d'apurer le champ législatif »93. Est tout de même exclut
dans le champ de ce recours en application de la législation congolaise, des actes
réglementaires pris par l'exécutif.

A l'image du juge français par exemple, le juge administratif congolais vérifie pour
l'exception devant lui invoquée, l'existence de trois conditions cumulatives dont
certains sont sus mentionnées: « la législation contestée est applicable au litige ou à
la procédure, ou constitue le fondement des poursuites ; elle n'a pas déjà été déclarée
conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du (Conseil
constitutionnel), sauf changement de circonstances et enfin, la question n'est pas
dépourvue de caractère sérieux »94. La distinction du juge administratif par rapport au
juge pénal ou civil à la lumière de cette pensée de Jean GICQUEL et de Jean-Eric
GICQUEL qui n'est autre qu'une transposition de loi, peut être faite pour ce qui relève
des « poursuites ». Ce dernier vocable relève davantage de la nature du procès pénal.

A l'issue de la vérification des conditions relatives aux invocateurs, le juge administratif
décide alors de la recevabilité de l'exception d'inconstitutionnalité qui naturellement
produit un certain nombre d'effets.

90 F. DELPEREE, « L'exception d'inconstitutionnalité : notion, approche comparée et bonnes

pratiques », in Revue ASJP ( Algerian Scientific Journal Platform), Volume 5, N° 1, 2017, p. 36.

91 A. Le DIVELLEC et M. De VILLIERS, Dictionnaire du droit constitutionnel, Paris, Sirey,11 em éd,

p. 307.

92J. GICQUEL et J.C. GICQUEL, Droit constitutionnel et institutions politiques, op.,cit, p. 854.

93 Ibid.

94 Ibid.

30

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme