WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION DU CHAPITRE I

L'exception d'inconstitutionnalité invoquée devant le juge administratif doit se
conformer à un certain nombre de conditions qui sont à la fois de forme et de fond.
Pour une bonne collaboration entre le juge administratif et le juge constitutionnel, il
incombe donc au premier appelé juge de fond ou juge a quo, de poser dès l'entame,
les jalons d'une coopération judiciaire efficace et loyale. Cela permettra de parvenir à
une protection renforcée des droits et libertés des citoyens et de faciliter l'instance

devant la Cour constitutionnelle.

35

CHAPITRE II.

LE REGLEMENT DE L'EXCEPTION D'INCONSTITUTIONNALITE

DEVANT LA COUR CONSTITUTIONNELLE

Selon la Constitution congolaise, il revient à la Cour constitutionnelle de traiter des
questions relatives à la constitutionnalité des lois. L'article 175 de la norme suprême
du 25 octobre 2015 précité dispose en effet, en ses deux premiers alinéas, que : « La
Cour constitutionnelle est la haute juridiction de l'Etat en matière constitutionnelle. Elle
est juge la constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux ». Il convient
quand même de clarifier que la compétence de la Haute juridiction constitutionnelle en
la matière est limitée sur des questions définies par la Constitution elle-même. On
parle alors de compétence d'attribution. La Cour : « se refuserait alors de considérer
qu'elle a une compétence générale pour contester toutes les violations de la
Constitution qui pourraient être commises »105. Elle ne peut par exemple obliger à des
juridictions de se conformer à des normes de procédures qui régissent une instance.
La Cour constitutionnelle congolaise a sur ce fait souligné son incompétence sur une

demande

de

cette

nature

consécutive

à

l'une

des

rares

demandes

en

inconstitutionnalité dont elle a été saisie en matière administrative106. Ceci dit,

l'examen et le règlement de l'exception d'inconstitutionnalité est bel et bien une
question qui entre dans le champ de compétence du juge constitutionnel congolais en
application de l'article 180 de la Constitution susmentionné.

On peut alors en reprenant l'expression du Professeur Guillaume DRAGO dire que le
contentieux constitutionnel congolais « présente un nouveau visage107» qui ouvre
davantage le prétoire du juge constitutionnel aux justiciables bien que celui-ci l'ait déjà
été grâce au mécanisme de saisine à priori ouvert aux particuliers. Ce, avant par

105 C. CERDA-GUZMAN, Cours de droit constitutionnel et des institutions de la Vè République, Paris,

Gualino, 5eéd, 2019-2020, p.421.

106 Décision N°005/DCC/SVA/23 du 8 août 2013 sur la demande d'invocation de l'exception

d'inconstitutionnalité devant le tribunal administratif de Brazzaville. Dans cette décision, le requérant

demande à la Cour constitutionnelle d'invoquer, pour son compte, l'exception d'inconstitutionnalité

devant le tribunal administratif de Brazzaville dans l'affaire qui l'oppose à l'Etat congolais. Il argue au

soutien de sa requête que le tribunal administratif de Brazzaville n'a pas respecté le troisième alinéa de

l'article 168 de la Constitution qui dispose que : « les juges ne sont soumis dans l'exercice de leur

fonction qu'à l'autorité de la loi ». En réponse, le juge constitutionnel s'est déclaré incompétent en

considérant que : « vu l'article 175, alinéa 2, précité ; que la saisine par voie d'exception prévue à

l'article 180 alinéa 1erde la Constitution échappe, par conséquent, à la compétence de la Cour

constitutionnelle ».

107 G. DRAGO, « Le nouveau visage du contentieux constitutionnel », in Revue française de droit

constitutionnel, 2010/4, n°84, p. 751.

36

exemple le mécanisme français tant vanté qui n'a ouvert le prétoire du juge

constitutionnel aux particuliers qu'à la faveur des travaux du Comité Balladur108.

Spécifiquement, l'E.D. est une question préjudicielle dont la solution ressort de la

compétence exclusive du juge constitutionnel109. Ce dernier dans l'exercice de son

office est amené à vérifier les conditions de saisine de la Cour constitutionnelle

(Section 1) et veille au déroulement de l'instance (Section 2).

Section 1. La saisine de la Cour constitutionnelle

C'est par voie d'exception devant le juge administratif que le requérant peut invoquer

une exception d'inconstitutionnalité. Afin de s'y prononcer, le juge constitutionnel doit

vérifier, à charge de la juridiction administrative qui a constaté l'exception et du

requérant demandeur : un certain nombre de préalables (Paragraphe 1) lesquels

doivent obéir à la procédure de saisine (Paragraphe 2).

Outre ce moyen de saisine, nous savons que la Cour constitutionnelle peut aussi être

saisie pour différente raisons et autres personnes110.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme