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L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

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Paragraphe 1. Les préalables

L'examen des conditions préalables à l'ouverture d'une instance ne sont pas le propre

du juge administratif. Selon notre étude, le juge constitutionnel procède lui aussi à

l'examen

des

pièces

qui

constituent

le

dossier

qui

le

saisi

en

exception

108 Il s'agit d'un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des
institutions crée en 2007 par l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, pour proposer une
réforme des institutions de la Cinquième République. Et l'une de ses plus grande de ses réformes est
l'adoption de la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) à travers la modification de l'article 61
dont le nouveau 61-1 dispose que : « Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une
juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la
Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil
d'Etat ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé ».

109 T. HOLO, « Emergence de la justice constitutionnelle », in Revue pouvoirs, n° 129, 2009, p. 107.
110 La Cour peut aussi être saisie : pour avis de conformité, avant la promulgation des lois organiques,
soit par le Président de la République, soit par le Premier ministre, chef du gouvernement (article 30 de
la loi portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle précitée) ; Par le Président du
Sénat ou par le Président de l'Assemblée nationale, pour avis de conformité, avant la mise en
application du règlement intérieur de chaque chambre du Parlement (article 31) ; Les lois ordinaires,
avant leur promulgation, peuvent être déférées à la Cour constitutionnelle, pour avis de conformité, par
le Président de la République, le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat, le Premier
ministre, Chef du gouvernement ou par un tiers des membres de chaque chambre du Parlement (article
32).

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d'inconstitutionnalité et des délais y relatifs (A) et les conditions de transmission à lui
du dossier (B).

A. La constitution du dossier et la question des délais

La saisine du juge constitutionnel par voie d'exception est une procédure qui incombe
principalement au requérant. Excepté l'inventaire des pièces de l'entier dossier que
fait parvenir, en l'état, le greffier au secrétariat général de la Cour constitutionnelle

dans un délai de huit (8) jours111. Cette démarche conditionne l'ouverture de « la

procédure devant le tribunal constitutionnel »112. Il ne s'agit donc pas que de la simple
requête que doit introduire le demandeur devant le juge constitutionnel mais, d'un
ensemble de pièces qui sous-tend le procès initial sursoit devant le juge administratif
et qui ouvre le procès incident devant la Haute juridiction constitutionnelle.

A ce stade, il est aussi important d'invoquer le cas particulier de désistement d'une ou
des parties au renvoi de l'exception d'inconstitutionnalité devant le juge constitutionnel
et de sa saisine. Dans pareil circonstance, « le juge constitutionnel pas encore saisi
selon les termes de la loi, admet le désistement de l'exception d'inconstitutionnalité et
de l'affaire à l'occasion de laquelle cette exception a pu être posée. Dans un premier
cas, elle donne simplement acte de son désistement à l'auteur de l'exception. Dans
un second cas, elle considère que le désistement fait disparaître l'instance en cours,
rend sans objet la question et considère en conséquence qu'il n'y a pas lieu de la
renvoyer à la Cour constitutionnelle »113. Outre le désistement, le juge constitutionnel
comme le juge administratif, ne peut non plus se saisir d'office d'une exception
d'inconstitutionnalité. En revanche, en France en cours d'instance, de sa propre
initiative, le Conseil constitutionnel peut soulever au règlement de la QPC posée
devant lui de nouveaux griefs qualifiés de grief d'office. Mais dans pareil circonstance,
il en informe toutes les parties en les invitant à y répondre114.

111 Article 50, alinéa 1, de la loi du 7 août 2018 précitée.

112 K. HANS, « La garantie juridictionnelle de la Constitution (La justice constitutionnelle) », RDP, 1928,

p. 245. Cité par M.N SAMBA-VOUKA, « La saisine des juridictions constitutionnelles dans le nouveau

constitutionnalisme en Afrique : les cas du Bénin et du Congo », in Annales de l'université Marien

NGOUABI, Section Sciences Juridiques et Politiques, n° 16 (1), 2015-2017, p. 54.

113 M. NGAVOUNI ASSAGNA, Le juge constitutionnel et les juridictions ordinaires, Mémoire précité, p.

74. Cette position est également celle adoptée par le juge de la Cour de cassation française (Cass. Civ.

2e; 9mars 2011, n° 10-24430 ; Cass. Crim, 1ermars 2011, n° 10-87245).

114 QPC 360°, Portail de la Question Prioritaire de Constitutionnalité, La question prioritaire de

constitutionnalité en questions, 2023, p. 49.

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En substance, la constitution du dossier doit obéir aux dispositions de l'article 50 de la
loi portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle. C'est une
procédure liée à un certain formalisme qui oblige le requérant à faire mention dans sa
requête de l'assistance ou non d'un ministère d'avocat. A ce titre le règlement intérieur
de la Cour constitutionnelle du 9 janvier 2019 en son article 43 explique que : « Les
avocats sont admis à présenter par écrit et à développer, oralement, les mémoires de
leurs clients, devant la Cour constitutionnelle, au cours d'une audience publique ».
L'alinéa 2 renchérit que : « à cet effet, ils ont l'obligation de notifier leur constitution au
Président avant l'audience ». Aucune disposition n'interdit d'ailleurs pour quelque
procédure que ce soit à un requérant de constituer son dossier sans faire recours aux
services d'un avocat. Notons que selon la loi portant organisation du pouvoir judiciaire
en République du Congo citée supra, le ministère d'avocat devant les tribunaux

ordinaires est facultatif sauf devant la Cour suprême. Dans la pratique, les procédures
devant la Cour constitutionnelle étant atypique, d'où l'on dénombre un nombre assez

important

de

décisions

de

rejet

et

d'incompétence

déclarée

de

la

Cour

constitutionnelle, les parties font le plus souvent recours à un ministère d'avocat. Selon
la législation française, notons qu'il n'est pas nécessaire de soutenir une QPC devant
le Conseil constitutionnel par les services d'un avocat et présenter ses observations
écrites. En revanche, seuls les avocats peuvent plaider lors de l'audience et présenter
ainsi des observations orales. Il peut indifféremment s'agir d'avocats inscrit au barreau

ou d'avocats au Conseil d'Etat et de la Cour de cassation115.

Pour l'exception d'inconstitutionnalité, le dossier de la partie qui la soulève doit
contenir : une requête dont les conditions de recevabilité par le juge constitutionnel
feront l'objet de prochaines analyses et une expédition du jugement ou de l'arrêt délivré
par le premier juge en l'occurrence, le juge administratif qui constate l'exception

d'inconstitutionnalité.

Concernant les délais de saisine du juge constitutionnel, la loi précise qu'à partir du
moment où le premier juge, en l'occurrence le juge administratif, estime fonder
l'exception d'inconstitutionnalité, celui-ci impartit au requérant le délai d'un (1) mois à
partir de la signification de la décision pour saisir la Cour constitutionnelle116. A
l'expiration dudit délai, tout pourvoi intenté par une partie sera déclaré forclos et

115 Ibid, p. 52.

116 Article 50 cité supra de la loi du 7 août 2018.

39

rendrait l'exception d'inconstitutionnalité sans intérêt et le procès initial reprendrait son

cours devant l'instance administrative.

Lorsque l'expédition du jugement constatant l'exception d'inconstitutionnalité est
signée par le président de la juridiction administrative et le greffier audiencier, la loi
oblige en sus au greffier de respecter un délai de huit (8) jours au bout duquel, il doit
faire parvenir l'inventaire des pièces du dossier au secrétariat général de la Cour

constitutionnelle117.

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