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L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

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B. La transmission du dossier au Secrétariat général de la Cour

constitutionnelle

Le Secrétariat général de la Cour constitutionnelle est une sorte de porte d'entrée du
dossier du requérant. Il convient à cet effet d'en définir les missions et son
fonctionnement, nécessaires pour comprendre la suite de la procédure à donner au
règlement de l'exception d'inconstitutionnalité tout comme de toute autre affaire.

Selon le règlement intérieur de la Cour constitutionnelle cité supra en son article 25 :
« le Secrétariat de la Cour constitutionnelle est l'organe technique de travail de la
Cour ». C'est le décret n° 2018-479 du 26 décembre 2018 portant attributions,
organisation et fonctionnement du Secrétariat général de la Cour constitutionnelle en
République du Congo qui éclaire l'objet dudit secrétariat.

Il est l'organe central de l'organisation administrative de la Cour. A ce titre, il est
chargé de : prendre toutes mesures nécessaires à la préparation et à l'organisation
des travaux de la Cour, recevoir tous les recours introduits devant la Cour ; assister le

rapporteur dans la rédaction des projets de décision et dans la confection de son
rapport ; établir les comptes rendus des travaux de la Cour ; éviter et publier les
recueils annuels des décisions et avis de la Cour ; préparer et exécuter le budget de
la Cour ; gérer les archives et la documentation de la Cour118. C'est donc à ces défis119
auxquels doit répondre le Secrétariat de la Cour constitutionnelle. Pour la procédure
de l'exception d'inconstitutionnalité, le Secrétariat doit à la fois recevoir des mains du

117 Ibid, aliné 2.

118 Article premier du décret du 26 décembre 2018 sus cité.

119 La contribution des services juridiques à la prise de décision des Cours constitutionnelles ;

intervention du responsable du service juridique du Conseil constitutionnel français à la conférence des

secrétaires généraux des cours constitutionnelles européennes tenue à Bled, en Slovénie, les 29 et 30

septembre 2005, p. 3.

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requérant le dossier tel que composé par lui ou par ses services comme les avocats
et en annexe l'inventaire des pièces de l'entier dossier que lui a fait parvenir le greffier
de l'instance administrative devant laquelle, l'exception d'inconstitutionnalité a été
posée et constatée. Il s'agit sans doute là d'un mécanisme de contrôle à l'effet de
s'assurer de la régularité de la procédure de saisine.

Il est autant nécessaire de noter que le Secrétariat général de la Cour constitutionnelle
est dirigé et animé par un secrétaire général, nommé par décret en Conseil des
ministres120. Il dirige, sous l'autorité du Président de la Cour tous les services
techniques et administratifs, il peut par délégation du Président de la Cour, signer tous

les actes ou décisions d'ordre administratif121. Il est une pièce maitresse dans la

procédure de règlement de l'exception d'inconstitutionnalité. Il est greffier en chef de
la Cour constitutionnelle122. Il est d'ailleurs de notoriété publique : « qu'il n'y a de
juridiction légalement composée que celle dont le greffe fait partie »123. Le Secrétariat
constitue donc le rouage à travers lequel s'articule l'activité de la Cour. C'est la porte
d'entrée et de sortie de toute juridiction comme de la Cour constitutionnelle. Sous
d'autres cieux, pour ce qui relève du contrôle de constitutionnalité des lois, les
attributions du Secrétaire général sont nommément définies124. On dit de lui qu'il est :

« un

acteur

essentiel

de

la

procédure

constitutionnelle

contentieuse125»,

un

personnage incontournable au sein de l'institution126mais dont la fonction est peu
connue des justiciables et qui ne fait pas l'objet au Congo ou ailleurs d'assez d'études.
Nonobstant le fait que le secrétaire général ne porte pas la qualification de membre de

120 Article 2 du décret du 26 décembre 2018 précité.

121 Ibid, article 3.

122 Ibid, article 4, alinéa 2.

123 F. HELIE, Traité de l'instruction criminelle, Paris, T. I, 2e éd, 1866, p. 3.

124 C'est le cas de ce paraît être notre exemple de référence qui est la France en raison de notre

mimétisme accoutumé à ce pays où, le règlement intérieur sur la procédure suivie devant le Conseil

constitutionnel pour les questions prioritaires de constitutionnalité, modifié par les décisions du Conseil

constitutionnel des 24 juin 20102 , 21 juin 20113 et 22 novembre 20134 dispose en son article premier

que « la décision du Conseil d'Etat ou de la Cour de cassation qui saisit le Conseil constitutionnel d'une

question prioritaire de constitutionnalité est enregistrée

au secrétariat général

du Conseil

constitutionnel. Ce dernier en avise les parties à l'instance ou, le cas échéant, leurs représentant ».

Notons de ce point de vue l'absence au Congo d'un texte particulier qui organise la procédure à

appliquer devant la Cour sur le règlement de l'exception d'inconstitutionnalité. Seule la procédure

commune à toutes les affaires est appliquée selon les différents textes qui régissent la juridiction

constitutionnelle.

125 A. Ciaudo, « Un acteur spécifique du procès constitutionnel : le secrétaire général du Conseil

constitutionnel », in Revue française de droit constitutionnel, 2008/I, n° 73, p. 17.

126 Ibidem.

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la Cour au sens de la loi congolaise127, il lui revient néanmoins la lourde charge de

porter la parole128devant lesdits membres.

Le Secrétariat général de la Cour est tout autant un organe complexe dont il apparait
nécessaire de schématiser la structuration et de donner pour chacun des services qui
l'a compose, les missions et attributions. On distingue donc le Secrétariat central, le
service du protocole, de la direction des affaires juridiques, de la direction des affaires
administratives et financières, de la direction de l'informatique et enfin de la
documentation et de la communication. De toutes ses directions, l'analyse de
quelques-unes nous sera d'une importance capitale dans la compréhension de la
procédure que suit une exception d'inconstitutionnalité devant le juge constitutionnel.

Le dossier du requérant qui saisit la Cour en exception d'inconstitutionnalité est, au
regard des services susmentionnés, reçu par le chef de secrétariat central dont le
décret d'attribution, d'organisation et de fonctionnement du secrétariat général de la
Cour donne mission : « de réceptionner et expédier le courrier ; analyser les
correspondances et autres documents administratifs »129.

Autre service important dans la procédure, est la Direction des affaires juridiques.
Celle-ci est animée par un directeur et est notamment chargée de : recevoir les

requêtes

et

fournir

toute

information

liée

à

la

procédure

devant

la

Cour

constitutionnelle ; préparer les éléments d'information nécessaires pour le compte du
rapporteur ; préparer les réunions des membres de la Cour constitutionnelle ; assister
le rapporteur dans la confection de ses rapports et la rédaction des projets de
décision ; préparer les notifications aux parties et institutions intéressées ; conserver
les originaux des décisions, avis et délibérations de la Cour ; faire les recherches et
études pour la Cour130.

Les autres directions du Secrétariat bien que nécessaires au fonctionnement de la
Cour constitutionnelle, ne joue qu'un rôle subsidiaire dans le dépôt du dossier ou d'une

127 Selon en effet l'article 3 du règlement intérieur de la Cour constitutionnelle : « les membres de la

Cour constitutionnelle portent le titre de « Conseiller à la Cour constitutionnelle » et au terme de l'article

5 du même texte, il est dit que : « La Cour constitutionnelle est composée de neuf (9) membres dont un

Président et un Vice-président ». Clairement, on comprend que le Secrétaire général ne porte pas lui la

dénomination de membre.

128 A. Ciaudo, « Un acteur spécifique du procès constitutionnel : le secrétaire général du Conseil

constitutionnel », op. cit., p. 20.

129 Article 11, alinéa 2, de la loi du 26 décembre 2018.

130 Ibid, Article 14.

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requête en exception d'inconstitutionnalité. Tous ces préalables constituent alors
concrètement la procédure de saisine de la Cour constitutionnelle par voie d'exception.

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