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L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

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CHAPITRE I.

LE BILAN MITIGE

Quarante (40) ans179après l'institution de l'E.D. dans le droit processuel congolais, il
y a lieu de relever le caractère mitigé de son efficacité dans la protection des droits et

des libertés des citoyens

de même que

dans

la préservation des normes

constitutionnelles. Les justiciables à un procès administratif semblent méconnaître la
possibilité d'établir un lien entre le premier juge devant lequel ils s'y trouvent avec le
juge constitutionnel. L'objet de la justice constitutionnelle est somme toute peu connu
des citoyens congolais dans leur ensemble. Pourtant, la justice constitutionnelle dit
Michel Fromont : « a également pour fonction de faire pénétrer les valeurs proclamées
par la Constitution dans le fonctionnement quotidien de l'Etat, qu'il s'agisse de l'action
administrative ou de la fonction juridictionnelle »180. D'évident, qu'on sait à quel degré
l'administration congolaise pratique l'arbitraire sur les administrés dans le domaine du
contentieux de la fonction publique, du contentieux fiscal ou de celui des contrats
administratifs etc., le prétoire du juge constitutionnel ne saurait en réalité se désemplir.

« L'étalage des prérogatives de puissance publique » dont relève le Président
Auguste ILOKI181a naturellement pour conséquences, l'existence des écueils dans
différents lois et traités susceptibles d'être invoquées par les parties opposées dans
un procès.

Le constat d'une plus-value inexistante de l'exception d'inconstitutionnalité dans le
paysage juridictionnel congolais est d'autant plus flagrant qu'il en résulte une pauvreté
jurisprudentielle (Section 1) dont les causes méritent d'être analysées (Section 2).

179 L'exception d'inconstitutionnalité a en effet été adoptée à la faveur de l'adoption de la Constitution

congolaise du 15 mars 1992 dont l'article 148 stipulait que : « Tout particulier peut saisir le Conseil

constitutionnel sur la constitutionnalité des lois soit directement soit par la procédure de l'exception

d'inconstitutionnalité invoquée devant une juridiction dans une affaire qui le concerne ; En cas

d'exception d'inconstitutionnalité, la juridiction sursoit à statuer et impartit au requérant un délai d'un

mois à partir de la notification de la décision ».

180 M. FROMONT, La justice constitutionnelle dans le monde, Paris, Dalloz, 1996, p. 83.

181 A. ILOKI, Le recours pour excès de pouvoir au Congo, Harmattan Congo, Brazzaville, 1ère éd, 2002,

p. 113.

59

Section 1. La pauvreté jurisprudentielle

Le nombre de recours et des décisions rendues à la fois par le juge administratif et le
juge constitutionnel est le baromètre de l'utilité et de l'efficacité du moyen de
l'exception d'inconstitutionnalité dans la protection des droits et des libertés des
citoyens. Il est aussi un fait à nuancer que l'E.D. ne protège que les droits et les libertés
des justiciables plutôt que des citoyens congolais dans leur ensemble dans la mesure
où elle n'est qu'un levier ouvert aux seuls justiciables, c'est-à-dire « des individus en
tant qu'ils peuvent être entendus ou appelés en justice pour y être jugés »182. La
pauvreté jurisprudentielle se caractérise essentiellement par un défaut de décisions
en matière d'E.D. (paragraphe 1) et une protection limitée de l'état de droit et des
libertés des citoyens (paragraphe 2).

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