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L'exception d'inconstitutionnalite devant le juge admnistratif congolais


par Cédric OBEMBO NIAMA
Université Marien Ngouabi - Master professionnel 2024
  

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B. L'élargissement aux arrêtés et aux circulaires impératives

A l'exemple du décret, l'arrêté et la circulaire impérative sous certaines conditions sont
les autres actes administratifs unilatéraux exécutoires qui peuvent faire grief aux
administrés et par conséquent faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir devant le
juge administratif et/ou d'un recours en annulation devant la chambre administrative
de la Cour suprême. Au Congo, en effet, le recours en annulation des actes
administratifs est de la compétence exclusive de la chambre administrative de la Cour
suprême.

Dans le cadre des propositions de nos réformes, il est donc de bonne à loi que les
arrêtés et les circulaires intègrent le champ matériel de compétence de la Cour
constitutionnelle au moyen d'une procédure en exception d'inconstitutionnalité.
Clarifions expressément avec le Professeur Placide MOUDOUDOU que : « Dans le
contentieux de l'excès de pouvoir spécialement, les plaideurs fondent généralement
leurs requêtes sur des moyens qui correspondent aux cas d'ouverture classique du

263 G. MOYEN, « L'évolution récente de la distinction entre la loi et le règlement en droit congolais RJIC,

Mars 2001 », in notes sur la décision n°001/DCC/SVE/05 du 02 août 2005 sur : « L'exception

d'inconstitutionnalité des décrets de nominations des juges », op,cit., p. 27.

264 C. KEUTCHA TCHAPNGA, « Le juge constitutionnel, juge administratif au Bénin et au Gabon ? »

op.cit., p. 555.

265 Ibidem, p. 564.

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recours pour excès de pouvoir : incompétence, violation de la loi, détournement de
pouvoir, vice de forme et de procédure »266.

Il est d'autant plus nécessaire d'élargir la procédure d'E.D. aux actes règlementaires
sus invoqués pour couvrir des violations subtiles mais flagrantes des droits et des
libertés des citoyens causées de leur fait. En effet, « si les ministres ne disposent pas,
en droit, du pouvoir réglementaire, il n'en est pas ainsi en pratique : ils édictent souvent
des arrêtés et circulaires réglementaires dépassant la nécessité du fonctionnement
des services publics placés sous leur autorité »267. Mais, les violations des lois, des
vices de forme et de procédure, de détournement de pouvoir par la prise des arrêtés
ne sont pas que le propre des ministres. Car, ils ne sont pas les seules autorités
habilitées à prendre ce type d'actes. On distingue outres les arrêtés et circulaires
ministériels ou interministériels pris par les ministres, des arrêtés et circulaires
préfectoraux pris par les préfets et, les arrêtés et circulaires municipaux pris par les
différents maires. Tous ces types d'arrêtés et de circulaires peuvent éventuellement
violer les droits et libertés des citoyens garantis par la Constitution.

Apportons tout de même une distinction pour ce qui concerne les circulaires parce que,
toutes les circulaires ne peuvent faire l'objet d'un recours devant les juridictions
administratives. Seules éventuellement, les circulaires impératives peuvent être
attaquées soit en recours pour excès de pouvoir, soit en recours en annulation. Le
requérant ignorant cette distinction, il revient au juge d'en apporter la clarification. La
chambre administrative de la Cour suprême dans son arrêt du 13 août 2020, n°

12/GCS-20 « en annulation et aux fins de sursis à exécution de la note circulaire

n°00261/MFPRETSS/MAC/CAB du 12 décembre 2018 de monsieur le vice-premier
Ministre chargé de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat, du Travail et de la
Sécurité Sociale et du Ministre des Hydrocarbure » rappelait en réponse au pourvoi
introduit devant elle que : « (...) les circulaires non impératives ne peuvent pas faire
l'objet d'un recours en annulation » et que la circulaire attaquée était « interprétative »,
« les circulaires qui ne sont ni impérative, ni coercitives, ne sont pas opposables et
dès lors sont insusceptibles de recours en annulation ».

266 P. MOUDOUDOU, Droit administratif congolais, op.cit., p. 108.

267 Ibidem, p. 27.

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En tout cas, le constituant congolais « gagnerait en cohérence268» s'il ouvre
davantage le prétoire du juge constitutionnel au contrôle de l'ensemble des actes

administratifs susmentionnés comme c'est le cas au Gabon et au Bénin269.

Procédure supplémentaire de saisine a posteriori du juge constitutionnel pour faire
davantage respecter les droits et les libertés des justiciables mais aussi la hiérarchie

des

normes,

l'exception

d'inconstitutionnalité

appelle

sans

doute

à

une

institutionnalisation renforcée et spécifique devant le juge constitutionnel dont nous
nous proposons d'établir l'acte.

Paragraphe 2. L'adoption d'un règlement intérieur sur la procédure
suivie devant la Cour constitutionnelle pour
l'exception d'inconstitutionnalité

A procédure exceptionnelle, nous proposons une démarche exceptionnelle pour
rendre efficace et utile l'exception d'inconstitutionnalité selon l'idéal qui a concouru à
son adoption qui est : le renforcement de la protection des droits et libertés des
justiciables face aux abus de l'administration et de ses autorités. Il convient à ce
moment d'expliquer l'intérêt d'une telle réforme (A) et son éventuel contenu (B).

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