B. Pendant la période du renouveau
démocratique
Le renouveau démocratique est la période qui
correspond selon la doctrine, et au
regard de l'histoire du Congo, à « la
troisième ère de l'histoire du constitutionnalisme
moderne en Afrique »18. Elle est
subséquente à la conférence nationale souveraine qui a
sonné le glas du monopartisme. De ce fait, est constatée :
« la réanimation des préceptes
constitutionnels adoptés au lendemain des
indépendances19» dont l'exception
d'inconstitutionnalité. C'est précisément à la
faveur de l'adoption de la Constitution du 15 mars 1992 en son article 148
que le constituant réaffirme à nouveau que : « Tout
particulier peut saisir le Conseil constitutionnel sur la
constitutionnalité des lois soit directement soit par la
procédure de l'exception d'inconstitutionnalité invoquée
devant une juridiction dans une affaire qui le concerne ; En cas
d'exception d'inconstitutionnalité, la juridiction sursoit
à statuer et impartit au requérant un délai
d'un mois à partir de la notification de la
décision ».
De ce renouveau démocratique, se précise la
nature des actes pouvant être renvoyés devant le juge
constitutionnel que sont les lois. Alors, conformément au dualisme
juridictionnel issue de la loi n°31/59 du 30 juin 1959 relative au
contentieux administratif20, les juges administratifs étaient
compétents de faire constater lorsque
|
les
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parties
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l'invoquent,
|
l'exception
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d'inconstitutionnalité
|
d'une
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loi.
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L'exception
|
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d'inconstitutionnalité devant
|
le
|
juge administratif portait naturellement
|
sur un
|
contentieux de nature différente à celui que
connait le juge judiciaire.
Désireux de préserver les acquis du processus de
démocratisation du pays comme le
souligne Babacar GUEYE par : « la consécration
d'une démocratie constitutionnelle,
l'édification progressive de l'Etat de droit
(...)21», l'exception d'inconstitutionnalité est à
nouveau réintroduite dans le texte constitutionnel du 20 janvier 2002.
L'article 149 de ladite Constitution réaffirme que : « Tout
particulier peut, soit directement, soit par la procédure
de l'exception d'inconstitutionnalité invoquer devant une juridiction
dans
18 S.M. YOMBI, « L'Etat de droit dans le renouveau
démocratique en Afrique noire francophone », in
Revue Réflexions constitutionnelles, 2019, 002,
p. 5. Selon le même auteur, la première ère ou
période
du renouveau du constitutionnalisme africain part de 1960
à 1964. La deuxième ère commence en 1964
et s'achève en 1990.
19 Ibidem, p. 5.
20 A. ILOKI et al., La justice au Congo : bilan global
soixantenaire, Brazzaville, Harmattan Congo, 2023,
p. 22.
21 B. GUEYE, « La démocratie en Afrique :
succès et résistances », in Revue Pouvoirs, 2009,
N°129,
p. 4.
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une affaire qui le concerne, saisir la Cour constitutionnelle
sur la constitutionnalité des
lois ». Il est à constater à la
différence de la Constitution de 1992 la seule dénomination
de l'organe qui incarne la justice constitutionnelle de
« Conseil constitutionnel » à la
« Cour constitutionnelle.
«Véritable laboratoire
constitutionnel22», la République du Congo par un
énième référendum adopte une nouvelle
Constitution qui est l'actuelle en vigueur à savoir : la
Constitution du 25 octobre 2015 cité supra. Celle-ci
consacre à nouveau l'exception
d'inconstitutionnalité en son article 180
susmentionné. Il sied tout de même à faire
constater que le constituant de 2015 à fait
évoluer la compétence d'attribution du juge constitutionnel
en élargissant désormais le contrôle de
constitutionnalité par voie d'exception non seulement aux lois, mais
aussi, aux traités.
A ce stade, il importe de poser une véritable
problématique à notre sujet d'étude qui
sera le fil conducteur de notre recherche.
III. LA PROBLEMATIQUE DU
SUJET
Afin de cerner les contours de notre sujet de recherche, il
nous parait utile de poser deux questions essentielles qui permettent
d'élaguer large autour de la procédure de l'exception
d'inconstitutionnalité devant le juge administratif. D'abord, comment
est invoquée l'exception d'inconstitutionnalité devant le
juge administratif et l'intervention qu'elle suscite du juge
constitutionnel ? Ensuite, quelle est la portée d'une telle
procédure quant à la protection des droits et des
libertés ces citoyens ?
De la sorte, une idée assez outillée en sortirait
du « conflit constitutionnel23», c'est-à-
dire, de la volonté réussie ou non du
constituant congolais à soumettre la loi ou le traité au
respect de la Constitution mais aussi, de ses limites. Il importe de faire de
la « mécanique constitutionnelle24», un moyen
pacifique de préservation de l'ordre normatif et de protection des
droits et des libertés des justiciables et éventuellement, de
tous les citoyens.
22 D.E. EMMANUEL née ADOUKI, « La Constitution
congolaise du 20 janvier 2002, in Revue congolaise
de droit du notariat, n°19, p.3.
23 F. DELPEREE, « L'exception
d'inconstitutionnalité : notion, approche comparée et
bonnes
pratiques », op.cit., p. 3.
24 C. BRAMI, J. HUMMEL (DIR), « Les conflits
constitutionnels, le droit constitutionnel à l'épreuve de
l'histoire et du politique », 2010, p.2. Inédit.
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IV. LES HYPOTHESES DE
RECHERCHE
Pour répondre à notre problématique
ci-dessus posée, le choix de quelques hypothèses de recherche
comme par le moyen descriptif, nous permet de constater le caractère
incident de l'exception d'inconstitutionnalité. C'est-à-dire,
qu'il s'agit « d'un procès incident au sein du
procès ordinaire »25. En effet, au procès initial en
cours devant le juge administratif, se greffe le procès en
inconstitutionnalité soulevé par un demandeur. Nous nous
devons aussi de décrire la procédure particulière de
traitement dudit incident devant le juge administratif et de faire
état de la jurisprudence tant administrative que constitutionnelle y
relative.
Au demeurant, c'est à la lumière des textes
normatifs qui règlementent l'E.D., à savoir la Constitution
et la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour
constitutionnelle que cette tâche sera rendue possible.
Dans une deuxième hypothèse, il convient de
relever l'inefficacité de l'exception d'inconstitutionnalité
dans son objet établit par la Constitution qui est la
préservation de l'ordre juridique national et la protection des
droits et libertés des justiciables.
V. L'INTERET DU SUJET
L'observation faite de la procédure administrative
contentieuse congolaise au sujet de de l'exception
d'inconstitutionnalité, fait naître deux intérêts
principaux à savoir : un intérêt théorique (A)
et un intérêt pratique (B).
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